Culture

Bafoussam croise le chemin de Kareyce Fotso : Concert vérité, Public dompté, Pari gagné !

Le Samedi 2 Avril, Bafoussam réputé réfractaire aux spectacles a réussi à faire taire les oiseaux de mauvais augures. Un spectacle de haute facture était annoncé. Le public n’a pas résisté à l’appel de Fotso qui leur a offert une véritable caresse. La maison de parti était l’unique endroit ou il fallait se retrouver samedi soir. Plus qu’un concert événement, c’était en réalité un concert vérité. Une fatale introspection que l’artiste a longtemps redoutée. Au-delà d’un coup d’essai, ce fut un show qui restera indélébile dans la mémoire collective de l’Ouest. Son retour sur la terre natale à inscrire dans les anales musicales.

par Guy Hervé Fongang

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Annoncé pour 19h, le public ayant répondu présent est prié de regagner l’extérieur parce que les musiciens font encore la balance. Le maigre public qui arrive timidement commence alors à s’inquiéter. Pire, le ciel de Bafoussam s’assombrit. Il menace de pleuvoir. Quelques minutes après il y’a coupures d’électricité dans la ville. Panique totale. C’est l’apocalypse qui pointe à l’horizon. On touche le fond. Les organisateurs s’affolent. Exactement le type d’incident qui plombe un spectacle surtout si vous êtes à Bafoussam. Quelques minutes après l’électricité revient dans la ville. Plus de peur que de mal. Les ancêtres sont avec la Princesse. Un ouf de soulagement est alors perceptible. Les visages se dérident. Les populations prennent d’assaut le stand des brasseries de fortune installé dans la cours de la maison du parti de Bafoussam. Consommant un peu de Mut zig, en attendant de boire la Musique, la vraie jusqu’à la lie.

21h12mn, début de l’open show par Massa Jean Big Mop qui introduit Massa Mboutouko. Un humoriste du coin histoire de mettre un peu de chaleur dans la salle déjà très froide. S’en suivra un 2eme artiste du terroir, puis un autre humoriste Hervé Deuwat. Des artistes qui même si les noms ne diront pas grand chose à certains, sont célébrés à l’Ouest. Le public est tout hilare. L’approche stratégique a été donc efficace. La cible a été touchée en plein cœur. La Maison du parti est quasi pleine. Un exploit quand on sait que de mémoire, des artistes à la notoriété nationale et internationale établies n’ont pas pu réunir plus de 50 personnes dans la même salle. Premier pari réussi. Kareyce a brisé le signe indien. Le spot de circonstance conçue à Ghomala’ a eu son effet. Dans celui-ci, Kareyce implorait les populations de l’ouest à venir au spectacle.


21h45mn ; Kareyce fait son entrée triomphale. Le standing ovation est au rendez vous. A 22h16mn quand elle entonne Mayolé, le public est en extase. Les cœurs et les corps vibrent à l’unisson. La salle est domptée. Le show est beau. Pas de problème d’échos. Le son est impeccable. La décoration aussi deuxième Pari réussi.
Il est 22h30mn quand dans un calme étonnant et paralysant, Kareyce fait son Mea culpa. La date de Bafoussam a failli être annulée. N’étant pas sur que le public répondrait aussi massivement à l’appel. Elle demande pardon d’avoir douté. Elle n’en revient pas. C’est trop beau pour être vrai. L’Ouest comme un seul homme a répondu présent. L’expression de fierté qui illumine son visage ressemble à celui d’un enfant qui reçoit son premier cadeau de noël. Elle est aux anges, le public aussi. C’est le Nirvana. André Manga arrivé au Cameroun depuis un mois est appelé en renfort sur scène. L’ancien chef d’orchestre de Manu Dibango s’associe à Kareyce pour dire merci au public. Reconnaissance éternelle. Le public est comblé. La salle est en émoi. Ce premier passage de Kareyce est féerique, les chorégraphies angéliques. Le show magique. Le mercure monte. Thierry Olemba viendra faire exploser l’applaudimètre. Mr Chatue Dg de Canal 2 international et madame ne peuvent plus résister à la tentation. Collette Chatue y ajoute son grain de sel. Elle se lève, joue le jeu de Thierry Olemba, l’homme orchestre. La foule est alors en extase.

22h48mn, Kareyce revient confirmé tout le bien qu’on pensait d’elle. Le live est inédit. De l’assiko au Bikutsi en passant par le Sameling jusqu’au Benskin tout est exécuté avec maestria. Elle est définitivement une artiste intégrée. Le Cameroun en est fier.
Au moment de chanter le titre culte Paolag, elle verse des larmes. L’émotion est trop forte. Tête baissée, elle perd la voix, le public croise les doigts. Elle s’arrête un instant. Le temps suspend son envol. Le public est sous le choc. Black out ! André Manga remonte sur scène accompagné de quelques membres du staff pour remonter le moral à Kareyce qui reprend le show quelques minutes après. Une hystérie collective s’empare de la salle. En chœur tout le monde reprend Pao’lag. Les chansons s’enchainent, la foule se déchaine, Kareyce enflamme la scène. De Mariage forcé, à Mayolé, à Messa, Mokte, jusqu'à Kwegne, et Lomdieu ,etc ... tout y passe. Kareyce offre à voir et à entendre.

À 24h20 mn Kareyce laisse le public avec Yeke yeke. Cette perle restera définitivement une merveille.

Le spectacle fut de qualité, le public dompté, le pari gagné. Un show exceptionnel qu’on aurait voulu éternel. En live, nous avons vécus un cours scénique magistral, rendez-vous le 08 avril à Yaoundé pour l'apothéose de la mini tournée baptisée ''sur le chemin de Kareyce"...