Culture

Ce 21 Juin, le monde fête la musique. L’Afrique dans l’univers musical joue magistralement sa partition. En Afrique, le slogan est tout trouvé : Je passe à Trace donc je suis. Heureusement, la basse camerounaise est citée en référence dans le monde entier. Tout n’’est donc pas perdu. Par méconnaissance et négligence de la contribution économique et sociale de l’industrie musicale, l’Afrique ne dispose pas toujours de véritables politiques publiques fiables. Les médiocres, « boucantiers » sont érigés en référentiels au détriment des artistes dont le talent et l’engagement forcent admiration et respect. Pour eux, ça sort, comme ça sort.

CRISE DES VALEURS

Ils sont nombreux les africains qui sont nostalgiques de l’époque de Channel O, MCN et autres. Des clips diffusés sur cette chaine faisaient  rêver plus d’un. Par la suite, il y’a eu TRACE. Dont l’essentiel des clips faisaient la promotion de la musique Européenne et Américaine. Ces chaines très convoitées restaient encore un luxe  pour beaucoup d’artistes. Puis vint TRACE AFRICA, cette chaine apparaissait alors comme la terre promise de la musique Africaine. L’artiste ne se sentant accompli que quand son clip est diffusé sur ladite chaine. Malheureusement, la typologie d’artiste qui a pignon sur rue là bas laisse désirer. Un matraquage répétitif des chansons que les jeunes adeptes de cette chaine finissent par adopter. Dans leurs subconscients, la musique pour eux est c’est celle là. Le sens commun  qui n’a pas toujours raison estimant que l’artiste, le vrai est celui qu’on voit à TRACE.

Blick bassy dont la chanson est aujourd’hui exploitée aujourd’hui par APPLE  est quasi inexistant sur  TRACE. Des exemples comme ceux là, sont légions. Est beau tout ce qui plait universellement sans concept. La musique on ne le dira jamais assez, est l’art de combiner les sons de manière agréable à l’oreille. TRACE s’est érigé au fil des temps dans un genre musical troublant, en faisant la promotion du bruit, à la limite de l’obscène. Des légendes comme Richard Bona, Youssou Ndour, Lokua Kanza, Manu Dibango, Salif Keita, Bonkana Maiga, etc… y sont très peu présent. Si oui pas avec la même tonitruance que les articles qui n’ont ni fond, ni forme musicale. La promotion de la médiocrité in fine.

SHOW BUSINESS

Les artistes en Afrique à l’exception de quelques uns n’affichent pas de comportements économiques. Ils n’arrivent pas encore à prendre conscience qu’ils sont une denrée, voire un produit économiquement vendable et même exportable. Conséquence, ils bradent leur travail et se livrent à une sorte de prostitution qui consiste à aller jouer dans des endroits peu recommandables. L’exemple du Camerounais Stanley Enow avec sa marque Motherland est à saluer. Du fait des nombreux produits dérivés qu’il a su produire en capitalisant le succès de sa chanson Hein père. Du fait de son poids en termes d’emploi, de son apport à la balance commerciale et de sa contribution à la construction de l’identité et de la cohésion de divers pays, l’industrie musicale a été intégrée dans les politiques publiques de nombreux pays africains de l’Organisation de Coopération et de Développement Economique et d’Asie. Malheureusement plusieurs pays africains ne disposent pas d’une stratégie et d’une politique de la culture articulée à celle de l’emploi, de la formation professionnelle, du commerce, de l’éducation et de l’économie. L’aménagement d’espace économique favorable contribue à la création des emplois et des revenus. Défi qui requiert une politique culturelle incluant la prise en compte d’une industrie musicale appelé à prendre une importance grandissante dans l’économie de la culture. Ne pas le faire c’est se condamner à assister en spectateur au « Banquet de la culture » à rester un marché de consommation et à se retrouver dans l’incapacité de contribuer à la diversité de l’offre culturelle mondiale.

OBSTACLES À LA COMPÉTITIVITÉ DE LA MUSIQUE AFRICAINE

Le fonctionnement de la filière musicale est marqué par l’absence ou l’insuffisance de producteurs professionnels. Peu de sociétés spécialisées dans le conseil et l’accompagnement financier des créations artistiques. D’où l’urgence de professionnaliser le management artistique à travers la formation et le coaching des artistes. Les biens culturels ne peuvent pas être considérés comme de vulgaires marchandises. Aussi, leur commercialisation doit obéir à des techniques de commercialisation bien léchées. Du moins dans les composantes produits, prix, distribution et promotion. A ce niveau, l’Etat doit prendre ses responsabilités et accompagner l’industrie culturelle.  A cela, s’ajoute l’utilisation des marchandises intermédiaires et des facteurs de production rarement fabriqués localement. L’importation d’intrants à un prix souvent inadapté au pouvoir d’achat alourdit les couts de productions et pénalise la filière musicale. Des pays comme le Nigeria ont réussi à contourner le problème en produisant localement des produits de qualité à la portée de toutes les bourses à 300 frs le CD par exemple.