RDC : L’EXTRÊME PAUVRETÉ OBLIGE NESTLE A FERMER SON USINE ET SON SIÈGE SOCIAL A KINSHASA

 

Ce dimanche, la multinationale suisse de l’alimentation Nestlé a annoncé la fermeture de son usine de cubes Maggi à Kinshasa. La décision de la multinationale est due aux pertes enregistrées, depuis son investissement de 2009, dans un pays où la pauvreté touche plus des trois quarts de la population malgré plusieurs années de croissance importante, grâce aux produits miniers, mais dont les bénéfices n’ont pas été redistribués. L’instabilité politique et juridique n’incite pas non plus aux investissements.

Par Christ pharel

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En octobre dernier, le groupe hollandais Heineken avait annoncé un plan de restructuration de sa filiale en République démocratique du Congo (RDC), Bralima, « conséquence du contexte économique difficile dans lequel l’entreprise évolue depuis quelques années ». Et de citer « une augmentation des droits d’accises de plus de 50%, l’augmentation des tarifs d’eau et d’électricité de plus de 20% et l’augmentation du cost of doing business en général ».

En 2016, deux des quatre usines Bralima congolaises avaient déjà été fermées, dans les provinces du Kongo-central et de l’Equateur. Heineken avait alors évoqué la détérioration de la situation économique et sociale en RDC: « Le taux de croissance du PIB est revu à la baisse, le franc congolais continue de se déprécier, l’inflation est galopante, le pouvoir d’achat de nos consommateurs se détériore, la pression fiscale reste toujours forte et les ventes du secteur brassicoles continuent à baisser ».

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La succursale congolaise du géant suisse a été créée en 2009. L’usine, créée en 2012 après un investissement de 15 millions de francs suisses (12,4 millions d’euros), fabriquait des cubes Maggi et conditionnait du lait Nido en sachets, tandis que le reste de la gamme Nestlé distribué en RDC (Nescafé, Nesquik, produits infantiles…) était issu de l’importation. « Nous opérons des changements dans notre mode de fonctionnement, mais nous ne nous retirons pas : les consommateurs trouveront la même gamme de produits. Nous resterons actifs sur le marché congolais et contribuerons à la croissance du pays », affirment les services de communication de l’entreprise dans un mail laconique envoyé à Jeune Afrique, sans répondre à nos questions sur les causes exactes de la fermeture de l’usine et sur les compensations offertes aux près de 180 employés et aux 500 contractuels.

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Négociations en cours

« Nous sommes conscients que c’est une période difficile pour nos employés et nous nous engageons à leur offrir des indemnités plus importantes que ce que prescrit le droit du travail congolais », précise la communication de Nestlé. 

L’entreprise annonçait alors un programme d’investissements de près de 1 milliard d’euros sur trois ans sur le continent – plus frileuse en 2015, après avoir enregistré des chiffres de vente décevants, Nestlé peine à dessiner une stratégie à l’échelle de l’Afrique subsaharienne. Avec un chiffre d’affaires de 1 811 millions de francs suisses (1 692 millions d’euros) pour la zone en 2016, elle a enregistré un recul de 81 millions de francs suisses (76 millions d’euros) entre 2015 et 2016.