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JAPON - AFRIQUE : 50 MILLIARDS DE DOLLARS POUR LE DÉVELOPPEMENT DE L’AFRIQUE. AFRIK-INFORM

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02 septembre 2019

JAPON - AFRIQUE : 50 MILLIARDS DE DOLLARS POUR LE DÉVELOPPEMENT DE L’AFRIQUE. AFRIK-INFORM

 

Du 28 au 30 aout dernier, le Japon organisait la 7ème édition du TICAD qui est la Conférence Internationale du Japon sur le Développement de l’Afrique. 50 milliards de dollars de nouveaux financements pour l’Afrique ont été rendus publics. C’était l’occasion pour le pays hôte, qui accuse un retard dans son déploiement sur le continent, ainsi que les chefs d’Etats et entrepreneurs africains, de prendre de nouvelles orientations de relations économiques.

Par Gaston KOUOH

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Le Japon est la deuxième puissance mondiale, le quatrième donateur le plus important au monde, avec 14,2 milliards de dollars (12,7 milliards d’euros) d’aides au développement accordés en 2018.  Mais seulement le 7ème au classement des relations commerciales avec l’Afrique. Or les réformes menées par le Premier ministre Shinzo Abe prônent une meilleure intégration du Japon dans le commerce international, afin que le pays puisse aller chercher à l’extérieur des partenariats stratégiques forts et des revenus conséquents. Il convenait donc pour les officiels d’Etats et les hommes d’affaires du Japon et d’Afrique de conclure une nouvelle approche de leurs relations économiques à tous les niveaux, surtout des investissements et de la présence qui sont trop discrets pour être efficaces.

Fidèle à sa culture, le Japon a choisi de se différencier par la sobriété de son approche des investissements menés par les institutions de financement et d’assurance japonaises.  En se concentrant fondamentalement selon Shinzo Abe  sur la qualité et le coût abordable des infrastructures sur l’ensemble de leur cycle de vie pour espérer un développement économique durable de l’Afrique. Loin des chantiers pharaoniques de la Chine en Afrique et du poids de la dette jugé excessif que cela inclut dont il va falloir limiter au maximum le niveau.

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Parmi les priorités  annoncées, l’intensification de la coopération avec l’Afrique dans les domaines des ressources humaines, de l’éducation et de la médecine. Avec par exemple au Kenya le soutien à la mise en place de la couverture santé universelle et le développement d’une zone économique spéciale. Egalement d’ici trois ans la formation dans 30 pays africains d’experts en gestion de risques financiers et de la dette publique.

Face à l’hyper présence chinoise qui a accordé 60 Milliards de nouveaux financements à l’Afrique l’an dernier, le double de ce que le Japon avait accordé en 2016, le constat était d’abord celui de l’écart qui se creuse avec les concurrents directs et avec les africains eux-mêmes. Et qui risque d’augmenter encore plus avec le projet phare chinois des Nouvelles Routes de la Soie. Les hommes d’affaires africains et aussi des experts comme Hyppolite FOFACK, le chef économiste de l’Afrexim Bank n’ont pas manqué de dire haut et fort ces vérités sur la frilosité du Japon à l’égard de l’Afrique. Le milliardaire nigérian Tony Elumelu est lui allé plus loin en mettant au défi le gouvernement japonais de consacrer seulement 5% des 50 milliards consacrés à l’Afrique pour faire parvenir directement le capital aux vrais entrepreneurs capables de générer de la croissance. Et impacter alors 500.000 vies dans les 54 pays d’Afrique.

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La présence économique japonaise en Afrique, 250 entreprises en 2010 à 796 à l’heure actuelle, reste néanmoins faible. D’où l’engagement du Japon de l’augmenter et la renforcer. Notamment celle de son secteur privé qui est encore en phase d’apprentissage sur le continent. Par exemple avec la signature avec le gouvernement ivoirien de l’implantation d’une usine de montage Toyota. Ou encore avec l’entrée du Géant Mitsubishi Corporation dans le domaine de l’énergie hors-réseau en tant que leader pour une levée de fonds de 50 millions de dollars pour les filiales de la holding britannique BBOXX en Afrique de l’est et de l’ouest. Ou la Banque Centrale Populaire du Maroc qui s’est engagée à accompagner les investisseurs japonais et asiatiques de Sumitomo Mitsui Bank Corporation (SMBC) dans leurs projets d’investissements au Maroc, à l’île Maurice et en Afrique subsaharienne.

Il reste à matérialiser ces promesses de financements sur le terrain des besoins et des réalisations de toutes les parties. Notamment ceux des pays africains qui doivent trouver d’autres sources de financements pour s’offrir un éventail d’hypothèses de solutions plus larges.

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