SÉNÉGAL - HYDROCARBURES : LA DÉCOUVERTE DU GAZ NATUREL DÉSTABILISE LE PAYS

Depuis quelques temps le Sénégal est annoncé parmi les puissances gazières à l'échelle mondiale. Même si la quantité réelle des réserves reste encore à confirmer et varie extrêmement d’une source à une autre, l'exploitation proprement dite, devra attendre encore quelques années. Une polémique autour de l’exploitation de cette nouvelle ressource prend de d’ampleur depuis quelques jours et pousse des milliers personnes à assiéger les rues de Dakar, réclamant déjà de la transparence dans la gestion de cette manne.

Par Dalvarice Ngoudjou

Journaliste / Géostratège

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En effet, selon des acteurs de la filière, les côtes sénégalaises regorgeraient de 5,6 milliards de mètres cubes de réserve, ce qui placerait le pays au septième rang mondial. Mais d’autres sources tels que les promoteurs de COSMOS ENERGY, une compagnie en charge de l'exploration, qui estiment entre 700 milliards à 1400 milliards de mètres cubes les réserves prouvées, avec à la clé, entre le 23 ème et le 30 ème rang mondial. (Et là, on peut se demander ce qui ne tourne pas rond) Mais, dans un cas comme dans l'autre, le Sénégal devient producteur mondial de gaz. Une nouvelle qui devrait réjouir l'ensemble du pays, qui compte en tirer d'importantes ressources financières, pour son développement.

Cependant, la gestion de ce dossier risque de diviser la société sénégalaise de plus en plus polarisé, donnant une dimension presque conflictuelle au dossier. Des membres de l'opposition sénégalaise, appuyée par la « société civile », pointent une gestion opaque du dossier, avec des manifestations populaires presque quotidiennes. En ligne de mire, le frère du président de la république, Aliou Sall, travaillant pour le compte de la société Timis Corp, une société en charge des recherches, détenant 30% des permis d’exploitation. En substance, l'opposition soupçonne ce dernier, avec Timis Corp, de tirer directement profit de cette exploration au détriment du peuple sénégalais.

Ce vendredi 14 octobre, une manifestation de l'opposition a dégénéré dans les rues de Dakar, les forces de l'ordre et sécurité ayant dispersé avec violence et à coup de gaz lacrymogène les manifestants. Visiblement déterminée, l'opposition promet de nouvelles manifestations dans les jours à venir. Mais la bataille du gaz devrait se déporter vers les tribunaux, ce lundi avec la plainte pour diffamation, déposée par Aliou Sall et Frank Timis, le patron de la compagnie. On peut simplement retenir que ce feuilleton sur le pétrole et le gaz n’est pas près de connaitre son épilogue, les sénégalais se montrant de plus en plus exigeants en matière de transparence dans l’attribution des contrats pétroliers et gaziers.