SUPPORTER N °1 DU FOOTBALL
VOTRE SITE DE PARI EN LIGNE
TECNO CAMON 11, LE SMARTPHONE QUI VOUS CONVIENT
TECNO CAMON 11, LE SMARTPHONE QUI VOUS CONVIENT
TECNO CAMON 11, LE SMARTPHONE QUI VOUS CONVIENT

ÉDITO : PAUL BIYA : L’IVRESSE DU POUVOIR, LE MANDAT DE TROP QUI FÂCHE. AFRIK-INFORM

Information
15 novembre 2018

ÉDITO : PAUL BIYA : L’IVRESSE DU POUVOIR, LE MANDAT DE TROP QUI FÂCHE. AFRIK-INFORM

 

En dehors d’Abdou Diouf, de Rawlings ou de Kérékou l’ivresse du pouvoir  s’impose comme  norme dans la gouvernance du continent. Le président sortant, 85 ans après trente-six ans au pouvoir, a été reconduit pour un mandat de sept ans avec 71,28 % des suffrages. Arrivé au pouvoir en 1982, presque en même temps que François Mitterrand en France. Mais lui est toujours aux commandes de son pays trois décennies plus tard. Après  avoir succédé, dans un « coup d’Etat médical » à peine déguisé, à Ahmadou Ahidjo.  

Par Guy Hervé FONGANG

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Le Mandat qui dérange

Paul Biya reste encore aux affaires  après le départ de  Robert Mugabe, du Zimbabwe, de Fidel Castro et Hosni Moubarak, ou la mort de Kim Jong-il. Le 4 novembre 1982, le président  Ahmadou  Ahidjo, âgé de 58 ans, annonce contre toute attente sa démission pour des raisons de santé. Le premier ministre Paul Biya, 49 ans, est prescrit par la Constitution pour lui succéder

Après avoir changé, en 2008, la Constitution pour pouvoir se représenter, il a brigué hier un nouveau mandat de sept ans lors d’un scrutin à un tour. Et nul ne doute vraiment du résultat. À  85 ans, la succession de Paul Biya reste encore un sujet tabou aussi bien parmi ses militants qu’au sein du gouvernement. En attendant que la nature impose un successeur. Les Sénégalais ont su empêcher Abdoulaye Wade de faire le « mandat de trop » et ont permis l’alternance démocratique, les Camerounais doivent subir ce ou ces « mandats de trop » d’un chef de l’Etat « à vie » dont la légalité et la légitimité sont de plus en plus en remis en cause après la derniere élection présidentielle.

A lire...EDITO : L’OPPOSITION CAMEROUNAISE SUR LE CHEMIN DE DAMAS. AFRIK-INFORM

Le Cameroun recule, et est plongé dans une profonde léthargie. Ce qui est en totale inadéquation avec  son gros potentiel économique. «Il n’y a pas eu de croissance ces cinq dernières années si on la rapporte au nombre d’habitants», a déploré le Fonds monétaire international début septembre, invoquant notamment un «sous-investissement dans les infrastructures essentielles» et «une mauvaise gestion des finances publiques».les populations vivent dans un misérabilisme déconcertant  (40% de la population vit avec moins de 2 dollars par jour), avec en moyenne, un Conseil des ministres par an.

Une cohésion sociale ébranlée

Après la déclaration symbolique d’indépendance du mouvement sécessionniste ambazonien au Cameroun, le 1er octobre, et la répression qui a accompagné les manifestations qui se sont déroulées dans différentes localités des régions anglophones, la question qui se pose au peuple camerounais est celle de savoir jusqu’où il est prêt à aller pour sauvegarder « la paix », idée centrale dans la mythologie politique camerounaise ?

A lire...ÉDITO : MERKAMTO POLITIQUE CAMEROUNAIS. AFRIK-INFORM

Pour l’heure, le consensus est que le « dialogue » serait la solution au « problème anglophone ». Que cette option fasse l’unanimité révèle l’ampleur de l’impasse dans laquelle se trouve le pays. Le 6 octobre, Fame Ndongo, secrétaire à la communication du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, parti au pouvoir), déclarait au micro de RFI que « le dialogue a eu lieu ». Il confirmait en outre que « la forme de l’Etat est non négociable », et il réduisait les acteurs de la revendication anglophone à une « minorité d’extrémistes ». Seulement,  les médiations internationales accouchent de compromis qui n’arrangent jamais les pouvoirs en place pire encore après un scrutin présidentiel tel que celui qu’a vécu le Cameroun.  À la veille d’une échéance électorale forcément périlleuse, et fragilisé.

La vie après le pouvoir

 En dehors de Mandela, en Afrique les anciens présidents sont, soit morts en rêvant au pouvoir éternel, soit en exil, soit derrière les barreaux quand ils ne se regardent pas en chiens de faïence. Joseph Désiré Mobutu a quitté son pays comme un voleur la queue entre les jambes. Ahidjo est mort en exil autant que Bokassa et Idi Amin Dada. Hussein Habré attend son procès au Sénégal, Charles Taylor ronge son frein à la Hayes, Laurent Gbagbo replace son pays au bord du précipice quand plusieurs autres, comme des araignées, se sont agrippés au pouvoir jusqu’à ce que mort s’ensuive. Sombre tableau à compléter par tous ceux qui trouvent dans la modification constitutionnelle permanente, la meilleure stratégie d’être président à vie : longue liste d’insatiables du pouvoir  qui s’étoffe d’années en années alors que les populations africaines sont toujours parmi les plus pauvres au monde.

En dehors d’Abdou Diouf, de Rawlings ou de Kérékou qu’on ne voit par ailleurs jamais avec leurs prédécesseurs, les Africains et l’Afrique doivent, cinquante après un exercice du pouvoir par leurs fils, se poser la question de savoir pourquoi l’ivresse d’un pouvoir personnel et de son caractère meurtrier, s’impose comme la norme dans la gouvernance de leur continent. Pourquoi laisser le pouvoir à un autre devient une souffrance atroce et insupportable ? l’Afrique est dans une situation où la crédibilité des armes remplace, avec raison, celle d’hommes corrompus par l’ivresse du pouvoir et passés maîtres dans le coup d’Etat constitutionnel.

Ahmadou Ahidjo a dominé politiquement la classe et le champ politiques camerounais de 1960 à 1982, autant son successeur, Paul Biya, domine le champ politique camerounais depuis 1982. Cela se matérialise notamment par le fait que c’est lui qui contrôle la production du discours électif officiel depuis 1982 et en constitue le principal bénéficiaire. La domination du champ politique africain en général et camerounais en particulier, depuis l’avènement du principe électif comme modalité d’accès au pouvoir, peut s’approcher comme la capacité à mettre en place et à contrôler de bout en bout une technologie nationale et internationale de production, de diffusion et de légitimation du discours électif officiel

0
0
0
s2sdefault