LA VOIX DU PEUPLE, LA VOIX DE DIEU.

 

L’Afrique a besoin d’institution forte, mais plus que jamais d’un peuple conscient et fort. La nuit du vendredi 15 au Samedi 16 Juillet 2016, en mondo vision, nous avons assisté à un coup d’état en Turquie. Recep Tayyip Erdogan, a eu la frayeur de sa vie. Comme en 2014 au Burkina Faso, ou Comme en 2009, à Madagascar, le peuple est descendu dans la rue pour exprimer sa désapprobation face à cette imposture. Vox populi, vox dei.

Par Guy Hervé Fongang

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Le peuple turc a fait preuve de bravoure à la face du monde. Comme un seul homme saisissant l’appel du président, ils sont descendus dans la rue pour défendre leur président. L’ordre constitutionnel. À partir de CNN Turquie via une application de visioconférence sur Smartphone le président Recep Tayyip Erdogan a appelé ses compatriotes durant cette surréaliste intervention télévisée à descendre dans les rues pour résister à la tentative de coup d'Etat. Ce qui fut fait. La légalité est le revers de la légitimité. C’est le principal ’enseignement qu’il faut en tirer. Le continent de Cheik Anta Diop rappelait encore à juste titre le président Américain OBAMA a besoin d’institution forte, mais aussi d’un peuple conscient et fort. Hélas, A la solde des puissances étrangères ou des pseudos opposants, nos dirigeants africains parce qu’en général illégitime auraient du mal à solliciter et à obtenir le soutien du peuple. La mobilisation du peuple turc est inédite. Avec l’avènement de la démocratie, la plus part des partis d’opposition en Afrique espèrent trouver la légitimité en occident. Le diktat de l’occident est tel que la quasi majorité du peuple est sacrifié sur l’autel des intérêts d’un groupe d’individus égocentrique. Le peuple a et aura toujours le dernier mot. La quête de la légitimité du peuple est dont le seul gage crédible et durable d’une gouvernance sans gêne. Les chefs d’États africains l’ayant obtenu ne s’accrochent pas au pouvoir par peur de représailles post gouvernances. Car il y’a une vie après le pouvoir.

La hantise de l’occident

Lorsque Sékou Touré décida en 1958 de sortir la guinée de l’empire colonial français, et opta alors pour l’indépendance du pays, l’élite coloniale française à Paris s'était  indignée, demandant à son administration alors en place en Guinée de détruire, dans tout le pays, ce qui représentait, à leurs yeux, les avantages de la colonisation française. Trois mille Français quittèrent le pays, en prenant tous leurs biens et détruisant tout ce qui ne pouvait être déplacé : les écoles, les crèches, les bâtiments de l’administration publique furent détruits, les voitures, les livres, les médicaments, les instruments de l’institut de recherche, les tracteurs ont été écrasés et sabotés ; les nourritures entreposées furent brûlées ou empoisonnée. L’unique but étant d’envoyer un message clair à tous les autres colonies sur les conséquences du rejet du colon. La peur s’empara des Élites Africaines, mais les temps ont changé entre temps. Les peuples africains fiers veulent affirmer leurs libertés et autonomies. A la limite suivre l’exemple de Sékou Touré, dont le slogan était “Nous préférons la liberté dans la pauvreté à l’opulence dans l’esclavage”.

L’appel du peuple.

Après s’être autoproclamé, le 17 septembre 2014, le président du Burkina, à la suite d’un coup d’État, Gilbert Diendéré n’a eu d’autre choix que de déposer les armes le 23 septembre. Le peuple du Burkina s’est révélé aux yeux du monde en mettant en échec un coup d’État du Régiment de sécurité présidentiel, qui a tenté de porter au pouvoir l’ancien numéro 2 de Blaise Compaoré, Gilbert Diendéré.

 

En 2009, le peuple dans les rues de Madagascar réclamait le départ du président Ravalomanana pourtant réélu fin 2006. Lui reprochant, entre autres, de mêler intérêts publics et privés. Bien qu’étant patron d’un des plus grands groupes agroalimentaire du pays.

Sous le nom de Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) le capitaine Moussa Dadis Camara et ses hommes s’emparent du pouvoir le 22 décembre 2008. Au prétexte de combattre les trafiquants de drogue qui se servent du pays, Dans un sursaut démocratique, l’opposition et la société civile manifestent au grand stade de Conakry. La garde prétorienne débarque, bastonne, viole les femmes, et tire sur la foule. Le chef de la garde prétorienne, Toumba Diakité, y est directement impliqué. Cette répression sanglante des manifestants va sonner le glas de l’ère Moussa Dadis Camara. Sous la pression de la rue, il livre Toumba Diakité à la commission d’enquête internationale. Pour se venger, il tente d’assassiner le président en tirant sur lui à bout portant. Evacué au Maroc pour des soins, l’empêchement du capitaine Moussa Dadis Camara permet au président du Burkina, d’ouvrir la voie à une transition démocratique avec son remplaçant, le général Sekouba Konaté. Laquelle aboutit à l’élection du président Alpha Condé.