Elections présidentielles en Afrique : Les maladies infantiles de l’opposition 

 Cette année, l’Afrique va connaitre le renouvèlement de bon nombre de ses dirigeants. Le Gabon est entré officiellement en campagne il ya quelques heures. Secoués par d’interminables querelles, les partis d’opposition africains se présentent presque systématiquement en rangs dispersés. Au grand bonheur des pouvoirs en place. Conséquence : Une incapacité quasi pathologique des oppositions africaines à s’unir. La fusion des quatre principaux partis d’opposition  ayant conduit à l’élection de Buhari au Nigeria devrait faire tache d’huile. Idem pour l’élection de Macky Sall au Senegal.

Par Guy Hervé  FONGANG 

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Exemples d’outre MER. 

Aux États-Unis, en France, les candidats de l’opposition mettent en avant leurs projets de société. Dans leurs sites, ils annoncent des réformes à travers des axes de développement. Les citoyens ont de ce fait, le temps d’éplucher, analyser et comparer les différentes propositions. L’inexistence de débats de fonds sur les problèmes fondamentaux  plombe les projets de société des partis d’opposition. En France par exemple, où les élections auront lieux en 2017, Nicolas Sarkozy, Jean Luc Mélenchon et bien d’autres proposent déjà leurs programmes. Le « contrat de redressement à la France », avec des chiffres (100 milliards d’euros de suppression de dépenses publiques en début de quinquennat, un « contre-choc fiscal » de 25 milliards) pour le premier. Sept axes de développement (6e République, partage des richesses, planification écologique, sortir des traités européens, paix et indépendance, progrès humains aux frontières de l’humanité). Les projets sont disponibles sur les sites des candidats.

Aux Etats-Unis, Hillary Clinton, Donald Trump et tous les autres se battent sur la base des programmes qu’ils proposent à leurs compatriotes. La première par exemple décline les axes de son programme à chacune de ses sorties. Ce même programme est disponible sur son site internet. On peut y accéder et lire les principaux axes, notamment l’immigration, le commerce, la politique économique et fiscale, la politique étrangère etc.

La soif du pouvoir, le clair obscur des programmes et l’égocentrisme des candidats. 

Au Nigéria un des axes de campagnes contre le président  Buhari concernait la validité de ses diplômes. Il a donc dû se justifier publiquement en donnant ses numéros d’étudiant et en mentionnant les noms de ses camarades de promotion, notamment celui de Shehu Musa Yar’Adua, le grand frère de l’ancien président Umaru Yar’Adua.

Au Gabon, malgré les interpellations des militants, le questionnement de la jeunesse lors des débats télévisés et sur les réseaux sociaux, l’opposition a pour dénominateur commun la nationalité du président  Ali Bongo remise en cause.  En attendant,  Ali Bongo  propose  son « Programme pour l’Egalité des Chances », dont le slogan est « Changeons Ensemble ».  Au Togo, l’opposition  ne s’était pas montrée plus inspirée en mars 2010 lors de l’élection présidentielle à un seul tour. Six candidats ont affronté Faure Gnassingbé  les deux principaux partis d’opposition se sont entredéchirés après plusieurs mois de compagnonnage. Au Gabon en septembre 2010 l’élection présidentielle était également à un seul tour. Les opposants y sont allés en rang dispersés. Tout puissant ministre de l’Intérieur sous feu Omar Bongo Ondimba qui a régné sur le pays pendant 40 ans, André Mba Obame a rompu avec le PDG (parti démocratique du Gabon, créé par Omar Bongo Ondimba). Il aurait pu faire alliance avec feu Pierre Mamboundou, l’«opposant historique» et leader de l’Union du peuple gabonais (UPG). Un tel binôme aurait sans doute compliqué singulièrement la tâche d’Ali Bongo, décidé à succéder à son père. Mba Obame a préféré jouer sa propre partition. 

A l’observation, il n’ya aucune fatalité, bien structurés les partis d’opposition peuvent tirés leur épingles du jeu politique. Les exemples de Macky Sall avec l'appui du Mouvement du 23 juin au Sénégal. John Atta Mills, le chef de l’opposition au Ghana, Ernest Koroma  en Sierra Leone, en 2007, etc… le démontre à suffisance.