ACCORDS DE PARTENARIATS ECONOMIQUES : LA DIFFICILE TRAVERSEE DU MARIGOT A L’OCEAN

 Les Accords de Partenariats Économiques favorisent l’extraversion des économies africaines. La signature de ces accords définit le cadre juridique en encadrant l’extraversion desdites économies. Inéluctablement, c’est dans la production qu’on est compétitif. Les économies africaines doivent produire et transformer localement. La colonisation s’est transformée en coopération. Avec les APE, le principe c’est d’ouvrir, la protection c’est l’exception.

Par Guy Hervé FONGANG

contact@afrik-inform.com

La difficile traversée

Aujourd’hui avec la ratification des accords de partenariats économiques, l’Afrique doit partir du marigot pour l’océan. Le darwinisme économique ici est sans appel. D’un marché restreint à un autre hautement plus compétitif. Au commencement, les pays de l’Amérique latine n’appréciaient pas l’ouverture totale de l’Afrique au marché européen. L’Afrique 2à 3 fois moins large bénéficiaient t des contingents plus larges que les pays d’Amérique latine. Raison pour laquelle ils réclamèrent le même traitement  pour tous les pays membres de l’Organisation Mondiale du Commerce. D’où la plainte contre l’Europe à l’OMC. Et l’Europe a été condamnée, avec obligation d’y apporter une solution. A la troisième condamnation, l’UE fut  obligé d’apporter une solution à ce problème en appliquant soit la solution bilatérale réglementé par l’OMC, soit d’appliquer  le Système de Préférence Généralisé. Mettant tout les pays membres au même pied d’égalité. Tout avantage commercial accordé par un pays membre à un autre, doit être immédiatement accordé à la totalité des membres de L’OMC.  Disant qu’il faut ouvrir au maximum le marché. C’est dans ces  conditions que nait les APE. Un fait devenu aujourd’hui irréversible L’Afrique doit sous cet angle  passer d’une économie rentière à une économie de transformation. L’exportation des ressources profitant à l’occident.

L’exigence de compétitivité

L’augmentation du volume des échanges entre l’UE et les pays ACP, profite à ceux qui auront la capacité de production nécessaire, aussi bien en qualité qu’en quantité. L’Afrique ne pèse pas dans la balance. D’où la faiblesse de compétitivité de la part des économies africaines. Le  challenge est de passer des usines archaïques et gérés à la petite semaine, à  des produits pouvant faire concurrence à ceux en provenance d’Europe. Les économies des pays pauvres sont essentiellement adossés à certains produits (cacao, café, banane, coton et bois etc), les négociateurs des pays Acp ont obtenu que des "listes de protection" soient dressées par pays. Elles comporteront des produits jugés essentiels pour la survie des économies des pays pauvres, afin que ceux-ci ne soient pas soumis aux obligations prescrites par les Ape. Pour ces produits-là, les droits de douanes seront maintenus dans le sens Ue-pays Acp. Pour que l’industrie locale, en ce qui concerne uniquement ces produits-là, soit protégée contre le déferlement des produits similaires provenant de l’Union européenne. Le chocolat camerounais en ouvrant  sera en compétition avec le chocolat européen plus compétitif. Outre, les  brisures  de  riz,  le  b,  le  lait,  le  ms  faiblement  taxés,  entrent  en abondance  au  Sénégal  et  en  Mauritanie,  et  sont  acheminés  jusque  dans  les  zones  rurales reculées. Plus de la moitié de la consommation de produits vivriers provient de limportation. Le Sénégal et la Mauritanie sont également des pays ACP, comme le Mali, depuis 1963. En Indonésie, la production locale de soja qui composait les plats quotidiens de lalimentation de  base,  le  tofu  et  le  tempeh,  a  été  anéantie  par  l’importation  massive  de  soja  américain, génétiquement transformé à 80%. La hausse du soja OGM américain a dabord frappé les populations les plus pauvres, qui consacrent 70% de leurs revenus à leurs dépenses de nourriture. L’Indonésie n’est pas un pays ACP. Mais est liée aux USA par des réciprocités ‘conformes aux règles de lOMC’. La souveraineté alimentaire doit pouvoir garantir la sécurité alimentaire. Cela suppose que les Etats disposent des leviers de politique budgétaire et fiscale pour ajuster les volumes de  mise  sur  le  marc et  infléchir  le  cours  des  denrées  de  première  nécessité.  Laction publique,  nécessaire  en aval  doit cependant  sexercer  d’abord en  amont : accès  à leau  et à leau potable ; accès à la terre et stabilité du droit foncier ; construction  des infrastructures etc…