RDC-POLITIQUE : KABILA EN QUÊTE DE POUVOIR N’A PLUS PEUR DE DIEU ( ?)

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Des jours après que la marche catholique de Dimanche 31 Décembre dernier ait été brutalement réprimée dans le sang à Kinshasa, les chrétiens catholiques ont encore du mal à comprendre comment on en est arrivés là. Certains affirment que Kabila tient tellement à son pouvoir (dont le mandat s’achevait pourtant en Décembre 2016 soit il y a un an), que ce dernier n’a même plus peur de Dieu.

Par Habib Hassan

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L'Église catholique de la République démocratique du Congo a poursuivi cette fin de semaine ses attaques contre le régime du président Kabila en dénonçant les « brutalités policières » au cours d'une messe à Kinshasa, moins d’une semaine après la marche des catholiques sévèrement réprimée. Officiellement, l'office de ce Jeudi 04 Janvier célébrait la mémoire des « martyrs » du 4 janvier 1959 victimes de l'administration coloniale belge qui avait interdit et réprimé leur manifestation, véritable épisode fondateur de la marche vers l'indépendance du 30 juin 1960.

Très sévère envers le président Joseph Kabila, le cardinal de Kinshasa Laurent Monsengwo a estimé que ces « martyrs de l'indépendance rappellent les morts d'aujourd'hui qui ont subi les brutalités policières ». En ce jour férié, le cardinal s'exprimait dans une cathédrale Notre-Dame du Congo pleine à craquer, avec au premier rang deux des principaux opposants, Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe. Dans l'assistance figuraient également des activistes du mouvement citoyens « Congolais Debout » et des proches des victimes de dimanche dernier. « Cela doit nous renforcer dans notre conviction que c'est le début de la fin de la dictature dans notre pays. D'autres actions doivent absolument suivre très rapidement », a déclaré après la messe M.Kamerhe, ancien président de l'Assemblée nationale passé à l'opposition.

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Mais on peut effectivement se demander quel est le problème actuel de la RDC, alors que tout semblait être fait pour qu’une élection présidentielle se tienne l’année qui vient de s’achever ? On se souvient que le puissant épiscopat congolais avait parrainé fin décembre 2016 un accord majorité-opposition prévoyant des élections en décembre 2017 pour organiser la succession du président Kabila, dont le dernier mandat a pourtant pris fin le 20 décembre 2016. Au vu des faits, le président Kabila s’accroche au pouvoir malgré toutes les assurances données aux institutions internationales et aux forces politiques locales de procéder à une élection présidentielle qui permettrait de désigner son successeur.

Et c’est dans cette optique que les forces de sécurité ont dispersé dimanche 31 décembre dernier une marche organisée par une "coordination laïque" proche de l'église catholique exigeant le respect de cet accord. Alors que le bilan de la répression des marches de dimanche est au cœur d'une polémique, la police congolaise affirmant qu' « aucun mort » n'a été enregistré parmi les manifestants, il est de plus en plus clair que le président Kabila a roulé dans la farine les hommes d’église et ses opposants politiques.

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Certains parmi ces hommes politiques d’opposition avouent leur incompréhension et même leur émoi face à une « personne qui se moque des accords passés avec des hommes de Dieu, et n’hésite pas à envoyer l’armée tuer ceux qui veulent lui rappeler ses engagements », avant d’ajouter que « Kabila aime tellement son pouvoir qu’il n’a plus peur de Dieu !» Selon les organisateurs de cette marche, une douzaine de personnes ont été tuées et au moins cinq, selon l'ONU.

La confusion règne donc, le pouvoir en place qui compte jusque là sur l’allégeance des forces de sécurité et l’armée maintiendra donc Kabila à la présidence, bien que son mandat soit échu depuis plus d’un an. Si on ajoute que le régime contrôle d’une main de fer la circulation de l’information, n’hésitant par exemple pas à couper internet ou même les communications et à fermer certaines stations de radio dans le pays à la première tension, on peut parier que la situation n’est pas près de se décanter en RDC.