CAMEROUN: La manif organisée pour Monique KOUMATE par les réseaux sociaux a été fortement réprimée par la police.

 

Des manifestants ont aspiré du gaz lacrymogène lors de ces exactions de la police à Douala, quelques interpellations sans grand incidence ou conséquence. Mais le message est passé ; d’abord à travers les réseaux sociaux, ensuite dans les médias classiques que sont la presse, la télévision et la radio.

Par Rodrigue TCHOKOUAHA

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D’ailleurs cette manifestation contre la négligence des malades à l’hôpital Laquintinie de Douala est venue des réseaux sociaux, c’est à partir delà qu’a été organisé ce rassemblement spontané. En un laps de temps à partir de 15 heures, près de 400 personnes se sont retrouvées devant les portails de cet hôpital. Objectif, faire passer aux autorités et à la face du monde le message selon lequel « trop c’est trop, les prises en charge doivent être immédiates à l’hôpital Laquintinie, que les patients aient les moyens ou pas », selon les déclarations d’un manifestant.

Il s’agissait en effet d’un mouvement spontané qui s’est organisé à partir des réseaux sociaux. Et curieusement, des leaders de politiques (SDF, CPP, MANIDEM, MRC et autres) s’y sont retrouvés comme par enchantement et opportunisme, pour faire passer aussi leur message contre le ras-le-bol général que vit le pays. Même des leaders de la société civile, des communicateurs attitrés et surtout de nombreux journalistes. Sur le plan de la couverture médiatique de ce malheureux évènement, l’on peut dire que l’objectif a été attient dans la mesure où les journalistes ne sont restés insensibles ou indifférents. C'est d’ailleurs presque toute la fine fleur de la presse à Douala qui s’est sentie concernée et qui s’y est retrouvée, et l’évènement a été amplement relayé dans les médias.

Rappel des faits

Le déclic, ce sont ces images largement diffusées et longuement relayées dans les réseaux sociaux et qui ont fait le tour du monde, des images de cette dame enceinte et mourante que sa sœur est en train d’opérer à l’aide d’une lame sur la cour de l’hôpital, entourée d’une foule ahuri et aux abois, et devant une indifférence tintée d’étonnement des infirmiers et des médecins de l’hôpital. La dame venait de décéder suite à une mauvaise opération dans un centre de santé à PK13, puis à l’hôpitalde district de Nylon dans l’arrondissement de Douala 3e où elle a été préalablement transportée ; ensuite elle est emmenée à l’hôpital Laquintinie, pendant que le fœtus était encore en vie. Il était alors question d’extirper les deux bébés encore en vie selon les déclarations du morguier. Malheureusement, l’opération aventureuse de sa sœur s’est mal tournée et les nourrissons ont passé de vie à trépas. La scène se dérouledans la matinée du samedi 12 mars, dans l’après-midi les images font déjà le tour du monde via l’internet. Dimanche 13 mars à 12 heures, le sujet ouvre les débats sur les plateaux de télévision, et immédiatement à 15 heures, le rassemblement a lieu tel que les diffuseurs des messages sur les réseaux sociaux l’ont annoncé. Les manifestations ont lieu deux heures durant avant l’arrivée des camions lance eau. Mais déjà avant, des policiers étaient postés à l’entrée de l’hôpital, pour empêcher que les manifestants ne puissent évoluer vers l’intérieur de l’hôpital.

Les responsabilités

En attendant les résultats des enquêtes, trois degrés de responsabilité peuvent être retenues, en mon sens. Premiers niveau : il est établi que la femme enceinte décédée est partie d’un centre de santé du quartier ou elle a été mal opérée et elle en est morte. Deuxième degré de responsabilité : quand elle arrive à l’hôpital Laquintinie, le fœtus est encore en vie selon les dires du  morguier et la nièce de la défunte et il était urgent qu’elle soit opérer pour extraire les jumeaux. Les services de l’hôpital ne la prennent pas en charge mais ils préfèrent l’envoyer directement à la morgue. C’est alors que la sœur de la défunte, ahurie et motivée par le désir de sauver les enfants, s’improvise chirurgienne de l’instant et c’est là où le pire intervient : c’est le troisième niveau de responsabilité. La dame en question a d’ailleurs été interpellée le même jour, le Directeur et quelques éléments de l’hôpital ont été entendus, et les résultats des enquêtes sont encore attendus. Mais d’ores et déjà, le ministre de la santé publique André Mama Fouda a donné un point de presse à Yaoundé où il a pris le parti pour l’hôpital Laquintinie, disant que le fœtus n’était plus vivant à l’arrivée et qu’il n’y avait pas de problème de caution ni de négligence de la part du personnel sanitaire de l’hôpital Laquintine ; des allégations qui sont réfutées en bloc par la famille de la défunte. Cette famille qui souffre le martyr et la douleur en ce moment, avec tous ceux qui ont pris faits et cause pour Monique Koumaté.

Affaire à suivre…

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