Bénin : Boni Yayi aurait dirigé son pays sans salaire pendant une décennie.

Mme Adidjath MATHYS, ancienne ministre des finances et de l’économie a déclaré que le chef de l’État n'a rien gagné. Elle est allée jusqu’à dire que Bony Yayi n'a même pas perçu les fonds de souveraineté auxquels un Président de la République a droit lors de ses déplacements à l’étranger.

Saliou OLOULOTAN

Représentant Afrik-Inform au Bénin

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Cette information qui a alimenté les débats au niveau de la classe politique béninoise a refait surface en ces derniers jours d’exercice de pouvoir du Chef de l’État avec le compte rendu du conseil des ministres présenté à la télévision nationale ORTB le dimanche 27 Mars 2016 par le Secrétaire Général du Gouvernement Allassane TIGRI.

Selon le point fait par le Secrétaire Général du Gouvernement, le président Boni YAYI, pendant la décennie passée à la présidence au Bénin « n’a pas bénéficié de salaire, encore moins d’indemnités de logement, de téléphone, de carburant, d’électricité, de frais de mission, de prise en charge sanitaire ou de véhicule de fonction ». A en croire le Secrétaire Général du Gouvernement, c’est seulement en 2015 que le chef de l’État a accepté avoir un véhicule de marque Peugeot comme moyen roulant au titre de sa fonction présidentielle, sinon depuis lors, il utilisait ses propres véhicules.

Dans le même point, l’état financier du compte bancaire du Chef de l’État sortant a été passé en revue. A en croire le Secrétaire Général du Gouvernement, « ce compte fut crédité en 2006 d’environ 230 millions de Francs CFA représentant ses indemnités de retraite à lui accordées par la BOAD conformément aux textes de l’institution. En 2010, ce même compte fut également crédité d’un montant de 50 millions représentant ses indemnités de retraite à lui accordées par la CEDEAO. La position actuelle du compte est de 10 millions de francs CFA ».

QU’EST-CE QUI JUSTIFIE CETTE SITUATION ?

Au Bénin, l’article 48 alinéa 2 de la Constitution du 11 Décembre 1990 dispose que "la loi fixe  la liste civile du Président de la République". Cette disposition indique que la rémunération (salaire de base, primes et accessoires) accordée au Président de la République doit être déterminée par une loi. Malgré cette disposition, ni le législateur ni les membres du gouvernement avant l’élection du président Boni YAYI n’ont cru devoir prendre l’initiative d’une proposition ou d’un projet de loi. Cette situation a crée un vide juridique quant à la détermination à la détermination du salaire et des accessoires du Président de la République. La seule tentative pour pallier ce vide juridique fut la prise du décret n° 92-311 du 23 novembre 1992 qui a déterminé le traitement de base du Président de la République et des autres personnalités de l’État. Les traitements de base du Président de la République et des présC on situation belleidents des autres institutions de l’État, à l’exclusion du président de l’Assemblée Nationale, sont déterminés sur la base de l’indice correspondant au grade le plus élevé de la Fonction Publique, affecté des coefficients 4,5 pour le président de la République, 2 pour le Président de la Cour Constitutionnelle, et 1,5 pour les présidents des autres instituions de l’État. 

C’est ce traitement qui correspondait à un salaire brut mensuel de un million deux cent quarante et un mille six cent soixante deux (1.241.662) francs CFA qui a été appliqué à l’ancien Président Mathieu KEREKOU.

La question de la rémunération des personnalités politiques, notamment des membres du gouvernement, a fait l’objet de vives controverses à l’accession au pouvoir du Président Boni YAYI.

En effet, les nouveaux membres du gouvernement de Boni YAYI ont sérieusement critiqué et remis en cause la rémunération qui leur est faite et qu’ils jugent fortement en deçà des obligations et contraintes qui leur sont imposées, surtout que le salaire global est frappé d’imposition. Cette situation a amené Boni YAYI à procéder à une légère augmentation du salaire des membres du gouvernement dans le sens de leur assurer une saine émulation. Cela a créé d’autres difficultés, étant donné que la rémunération des membres du gouvernement est supérieure à celle du président de la République dans le décret susvisé. Pour contourner cette situation, le ministre de l’économie et des finances avait fait part au Président de la République de la nécessité de faire voter par l’assemblée nationale la loi portant liste civile du président de la république en application de l’article 48 alinéa 2 de la Constitution du 11 Décembre 1990. Dans ce cadre, le chef de l’État avait soumis la réflexion à une commission d’expert et a suggéré qu’en attendant les résultats des travaux de celle-ci, il soit sursis à toute rémunération au président de la république. La commission a par la suite soumis au chef de l’Etat les résultats de ses travaux. La finalisation du projet de loi a été confié à un comité composé de certains ministres et du secrétaire général du gouvernement.

QUELLE CONCLUSION PEUT-ON TIRER DE CE COMPTE RENDU DU CONSEIL DES MINISTRES ?

De l’analyse de ce compte rendu du conseil des ministres on retient que :

Le salaire du président de la république du Bénin n’est pas encore fixé dans les règles de l’art de même que ses primes et indemnités.

Le président Boni YAYI a travaillé pour le Bénin pendant 10 ans à ses propres frais, raison pour laquelle le solde sur son compte personnel est actuellement 10 millions de francs CFA.

La République du Bénin doit 120 mois de salaires, primes et indemnités à Boni YAYI, dette qui lui sera remboursée au moment opportun.

LA DETTE DU BENIN ENVERS BONI YAYI, UNE PILLULE DIFFICILE A AVALER

L’annonce de cette dette a suscité beaucoup interrogations au sein de la population béninoise. Beaucoup se demandent :

Comment Boni YAYI a pu fonctionner sans salaire et sans prime pendant 10 années d’exercice de pouvoir sans aucun moyen de l’État ?

Peut-il gérer un pays gratuitement pendant 10 ans alors qu’après la fonction présidentielle, il se doit de vivre et entretenir sa famille ?

Combien coûtera les 120 mois de salaire, primes et indemnités de Boni YAYI au peuple béninois ?

Pourquoi n’avait-il pas accéléré le dossier pour qu’une lois soit voté dans ce sens ?

Ce sont autant de questions que se pose le commun des mortels au Bénin.

A votre avis, BONI YAYI mérite-il vraiment de se faire rembourser?

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