CAMEROUN, 2eme PONT SUR LE WOURI: TOUTE LA VÉRITÉ SUR LE RETARD QU'ACCUSE LE PROJET

Au commencement était l’émergence du Cameroun

 Révélées par le chef de l’Etat camerounais, lui-même, au cours de la cérémonie de pose de la première pierre de cette infrastructure qu’il a présidée le 14 novembre 2013 à Douala, le 2eme pont sur le  Wouri  aura à son terme 800 mètres de long, 2 km de voies de raccordement, une largeur de 25 mètres, cinq voies routières et 2 voies ferroviaires. «Le pont actuel n’était plus à même de supporter le trafic en constante augmentation. Il était urgent d’en construire un autre pour fluidifier les échanges entre les rives du fleuve Wouri et ceci pour une émergence du Cameroun à l’horizon 2035», a précisé le Président Biya.

Dalvarice Ngoudjou

Journaliste / Géostratege/

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 Le chef de l’Etat camerounais avait également indiqué que couplé aux travaux de construction des pénétrantes Est et Ouest de la ville de Douala, le second pont sur le Wouri «va permettre de rendre la traversée de notre métropole économique plus rapide et d’assurer la compétitivité de nos entreprises».

Tout en émettant le vœu que l’esthétique de cet «ouvrage d’art fasse sa réputation au-delà de nos frontières», le président Biya a précisé que l’ancien pont, âgé de plus de 40 ans, «sera dédié aux piétons et aux deux roues», une fois le second livré en septembre 2016.

Financé par l’AFD à hauteur de 110 milliards de francs Cfa, cet ouvrage réclamé par les opérateurs économique depuis au moins 20 ans, est construit par l’entreprise Sogea Satom, qui s’est mise en groupement avec d’autres entreprises. Il s’agit de Lavigne Chevron, Eiffage, Greisch et Soletanche Bachi.

Une attribution de marché problématique ?

 Comme c’est financé par l’Agence française développement (AFD), le second pont sur le Wouri a fait l’objet d’une bataille entre entreprises (curieusement uniquement) françaises, notamment Sogea-Satom et Razel.

En effet, au début de cette année, alors que le ministre des Travaux publics, Patrice Amba Salla, avait jeté son dévolu sur Razel, le secrétaire général de la présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh, avec le soutien des responsables locaux de l’AFD soupçonnant des manœuvres de corruption dans la procédure d’attribution du marché, avaient pris faits et causes plutôt pour Sogea-Satom. Après une annulation pure et simple de l’appel d’offres, le marché sera finalement attribué à Sogea-Satom.

Un pont d’une importance capitale

Ce pont est en effet, sensé fluidifier la circulation entre les 2 rives du rives du fleuve Wouri, desservir les bassins de production des vastes plantations des régions du sud ouest, du moungo, les plantations de Djombe- Penja et surtout l’évacuation des produites pétroliers de la SONARA. Au plan de l’intégration économique régionale, il est sensé relié la transfrontalière ENUGU (Nigerai) –BAMENDA au corridor Yaoundé- N’djamena (Tchad) ainsi qu’aux autres corridors qui mènent jusqu’à Bangui (RCA).

 

Un retard considérable dans l’exécution des travaux

Plus de deux ans après le lancement des travaux par le chef de l'Etat Paul Biya, l'ouvrage connaît actuellement un taux de réalisation d’environ  49%, alors qu'on devrait «se trouver autour de 74%

La construction du deuxième pont sur le fleuve Wouri à Douala, capitale économique du Cameroun, enregistre« un énorme retard », selon le constat fait par le ministre des Travaux publics (Mintp), Emmanuel Nganou Djoumessi

Les défis se sont multipliés pour le groupement d'entreprises retenus pour sa réalisation sous la houlette du groupement d'entreprises françaises Sogea-Satom. Il s'agit notamment de la barge qui, en janvier 2015, a provoqué un incident, puis des retards dans les opérations de déguerpissement et parfois des remous parmi les travailleurs du projet qui revendiquaient des améliorations de leurs conditions de travail et de leur salaire.

Pour essayer  de ne pas faire perdre la face à ces travaux qui devraient s'achever en septembre 2016 et redorer le blason mitigé du président Biya, le gouvernement a pris la décision de mettre en place un tableau de bord qui servira d'instrument de pilotage et identifiera les actions par ordre chronologique.

La sécurité des employés douteuse

Selon les explications de Didier Lepage, chef de projet, un bateau de plus de 100 mètres de long, affecté au transport des débris de dragage du chenal du fleuve Wouri, avait heurté l’estacade. Il s’agit, à proprement parler, du pont provisoire lancé pour que les engins à l’ouvrage n’aient pas à circuler sur le premier pont. L’embarcation, prise dans un courant jugé fort ce jour-là, aurait donc dérivé jusqu’à la collision. Le chantier, pour ce qui est de la partie viaduc, avait été arrêté, ou plus exactement «mis en sécurité». L’arrêt a duré environ six semaines. Et ce n’est pas le seul incident enregistré. La sécurité de l’ouvrage en construction est d’autant plus préoccupante que dans la nuit du 7 au 8 mars dernier, une barge chargée de billes de bois a dérivé et failli de nouveau heurter l’estacade. La préoccupation majeure se situe aujourd’hui au niveau de la prévention de ce type d’accident. C’est dire qu’il faut impérativement traiter la question de la sécurité autour de l’emprise du projet par des dispositifs de protection de l’estacade. Cela n’est pas la seule affaire du maître d’œuvre.

Des expropriations à tout vent

Autre préoccupation, celle des expropriations. Côté Deido, des riverains seront déguerpis et leurs habitations démolies. En outre, des travaux complémentaires sont envisagés afin de solutionner les problèmes liés à la gestion de la circulation dans la zone portuaire. Au ministère des Travaux publics (MINTP), on parle d’un projet d’optimisation des travaux de construction du second pont. Il s’agit, côté Bonaberi, de la modification du giratoire Bonassama. Côté Deido, de la modification du giratoire SCDP (élargissement et création d’un passage dénivelé) ; de la construction d’un passage inférieur et d’un giratoire pour l’accès au parking de la cimenterie, à la Base Elf, au giratoire de la SCDP ; du réaménagement de la voie ferrée au carrefour SCDP, le passage en deux fois deux voies entre le giratoire SCDP et l’entrée de la Base Elf.

Les ouvriers parfois en grève pourquoi ?

Les ouvriers engagés par Sogea-Satom, l’entreprise du BTP qui construit ce 2ème pont sur le fleuve Wouri à Douala, ont observé leur 1er mouvement de grève le 18 septembre 2014, pour protester, globalement, contre les mauvaises conditions de travail et certains autres faits vécus sur le chantier, apprend-on d’un employer sur le chantier.

Entre autres plaintes, les employés dénoncent la suppression des heures supplémentaires, la non prise en compte des qualifications professionnelles dans la gestion du personnel, l’absence des primes de risque et de rendement… Une réunion de crise organisée à cette occasion par le préfet du département du Wouri, Nasseri Paul Béa, a permis de rasséréner les esprits, les responsables de Sogea-Satom ayant demandé un délai de 15 jours pour résoudre les problèmes à l’origine du courroux des employés. Un mouvement de grogne serait encore en préparation selon un employé qui a requis l’anonymat

Veut-on torpiller ce projet…?

 Au vue de tout ce qui précède, peut on affirmer sans risques de se tromper que tout se déroule sereinement sur ce chantier du renouveau, qui draine beaucoup de milliards (110) et qui en réalité ne solutionnera presque pas le problème de l’embouteillage à la pénétrante ouest de la ville de Douala ?Le Cameroun pourra t-il vraiment être émergent en 2035 avec ce type d’infrastructure très couteuse, dont la conception et la réalisation sont douteuses ?Ou alors existe t-il une main noire tapis dans l’ombre et dont l’objectif est de  voué  à l’échec ou du moins à freiner tout projet de développement digne à mettre au compte du lion de Yaoundé ? L’avenir nous le dira.

 

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