Cameroun: Journée mondiale de la liberté de la presse: Une presse qui n’a plus bonne presse.

 48h après la célébration de la fête du travail axé sur la décence, le Cameroun de concert avec les autres nations a célébré la journée internationale de la presse.  Célébration marquée tour à tour par un fort déploiement du Syndicat National des Journalistes Employés du Cameroun (SNJC), l’eternel problème de la carte de presse remis au gout du jour par la nouvelle commission. Et enfin  la montée en puissance des réseaux sociaux, qui connait une nouvelle race de producteurs et de diffuseurs de l’information.

Par Guy hervé Fongang

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Le commencement de la faim

Le taux de chômage au Cameroun en milieu jeune dépasse 38%, avec plus de  58% dans les principales métropoles du pays, d’après les statistiques du Fond National de l’emploi et du ministère de la formation professionnelle. Parler  alors d’un travail décent sous le regard de ce qui précède est un luxe. Un travail tout court, une gageure. La paupérisation est donc légion, le journalisme de moins en  moins une passion. 1985, qui coïncide avec la venue de la télévision nationale marque aussi la période pendant  laquelle l'État exerce un monopole sur la production, la programmation et la diffusion. C’est l’ère du monopole, les journalistes tous confondus font rêver. Le métier suscite des vocations. On les voit de loin. Ils ont  bonne presse.

A travers la loi du 19 décembre 1990 relative à la communication sociale, le législateur sonne le glas du monopole. Il faudra attendre 10 ans. Le 3 avril 2000, pour qu’un décret du Premier Ministre du Cameroun fixe les conditions et les modalités de création et d’exploitation des entreprises privées de communication audiovisuelle. La Presse connait alors un développement fulgurant. Le ton monte. La Presse prend du volume, les métiers connexes aussi. La prolifération des medias est t’elle qu’on y voit une véritable niche d’emplois. Le talent,  éloigne certains de la faim. Car au-delà du diplôme et de la formation, l’exercice des métiers de la Presse, c’est aussi une affaire de talents. Dans la plus part des medias au Cameroun, il est clairement indiqué, Ici : la Star, c’est la radio, ou encore, la Star, c’est la tv. L’Etat est loin, et la précarité de plus en plus proche des employés. Ils  exercent  sans contrats, et sont chosifiés. L’exemple d’Aicha à ce titre est édifiant. Au départ, elle travaillait pour la presse écrite d’un groupe de presse. Quelques mois plus tard elle est sollicitée pour la radio ou elle s’occupe du journal. Un soir le patron qui passe par la radio parvient à coller un visage à la voix et décide manu militari qu’elle doit désormais aussi travailler pour la télévision. Malgré son opposition, elle se verra signifier que c’est à prendre ou à tout laisser tomber. Conséquence, elle n’a plus de vie. Elle cumule radio, tv et presse écrite pour un salaire de 75 000 frs CFA. Des exemples comme ceux là sont légions.

Allocution du president SNJC Denis Kwebo, le 3 Mai palce du gouvernement Bonanjo Douala , Cameroun

Le combat de David contre Goliath 

Dans la plus part des pays africains entre 1960 et 1990, on parlait alors de presse gouvernementale. Avec le retour du multipartisme, on assiste à la naissance d’une nouvelle presse, celle dite indépendante. Au séminaire de Windhoek tenu en Namibie du 29 Avril au 03 Mai 1991, la presse Africaine connait des innovations qui marqueront le début d’une nouvelle ère. Synonyme de changements  longtemps espérés par les journalistes évoluant dans une précarité quasi généralisé. Evoluant quasiment sans contrat de travail, sans assurances,  et dans une insécurité manifeste constante. Problèmes que tentera de régler la convention collective signée en Novembre 2008. Dans le but d’améliorer qualitativement les conditions de travail des journalistes. A ce stade, le premier pari est celui de la mobilisation des employés des entreprises de presse en syndicat. Chacune des entreprises doit on avoir un délégué du personnel. Et c’est là, la première victoire du SNJC, qui a réussi à faire fléchir certains patrons de presse réfractaires, et véritables négriers.

Des membres du SNJC deployés dans le Nord.

Diversité des sources et dérapages.

Au  regard de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. « Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit.» 

Le droit d’accès à l’information, Avec l’essor des nouvelles technologies de l’information et de la communication, les individus peuvent rechercher l’information sans subir la moindre ingérence de la part des autorités publiques et sans considération de frontière. Internet a bouleversé le droit à l’information car le public est devenue actif (c’est lui qui effectue les recherches en vue de prendre connaissance de l’information souhaitée) et non un simple récepteur passif.  Le respect du pluralisme des courants de pensées et d’opinion La liberté de choix du public suppose la préservation du pluralisme. L’Etat, par le biais de diverses aides versées à la presse contribue à renforcer ce pluralisme afin que les lecteurs  et téléspectateurs puissent toujours disposer d’informations de nature différente. Pour remplir son rôle dans la société, la Presse a besoin d’être libre. La liberté de la presse est le rempart sur lequel s’appuient l’ordre démocratique et la société.