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CAMEROUN -POLITIQUE : L’HONORABLE PIERRE KWEMO EN PRISON POUR SES CHOIX POLITIQUES. AFRIK-INFORM

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18 janvier 2019

CAMEROUN -POLITIQUE : L’HONORABLE PIERRE KWEMO EN PRISON POUR SES CHOIX POLITIQUES. AFRIK-INFORM

 

Les populations de la ville de Bafang dans le département du Haut-Nkam région de l’Ouest Cameroun sont descendues dans la rue dès le dimanche 13 janvier dernier, pour exiger la libération de leur maire Pierre Kwémo, interpellé et incarcéré dans la soirée du vendredi 11 janvier, pour une affaire de vente et expulsion sur une parcelle de terre du côté de Yaoundé.         

Par Rodrigue Tchokouaha

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Le président du parti politique Union des Mouvements Socialistes (UMS) et fondateur du Club de football Union des Mouvements Sportifs de Loum (UMS) dans le littoral nord, est accusé selon l’acte qui fonde sa mise en détention, de « pillage en bande ». C’est une affaire de vente de terrain qui date de 2009, qui est à l’origine de l’interpellation de Pierre Kwémo. L’affaire nait de la liquidation judiciaire de deux (2) parcelles de terrain vendues ; l’une à un certain Peughouia de la société Quiferou, et une autre parcelle au sieur Kontchou. Avant ladite vente, le site était exploité par Andzé Jean Claude, qui est présenté comme le frère aîné d’Emile Andzé Andzé, président de L’Association des Communes et Villes Unies du Cameroun, également fils de l’ancien ministre de l’administration territoriale Tsoungui.

Andzé Jean Claude sera expulsé du terrain par les soins de feu Me Ngwé huissier de justice. Andzé Jean Claude avait demandé la réparation pour destruction de ses biens issus de l’expulsion. Par la suite, il y aurait eu une tentative d’arrangement à l’amiable entre l'acheteur Peughouia et Andzé Jean Claude pour le paiement de la somme de 22 millions de Fcfa, tandis que celui-ci réclamait la somme de 30 millions ; tentative d’arrangement qui s’est avérée un échec alors que Peughouia  (Quifeurou) était prêt à verser la somme de 22 millions de Fcfa. L’affaire a trainé jusqu’au 11 janvier dernier alors que le prétendant à l’indemnisation montait les enchères. D’où la convocation du maire Kwémo et autres acheteurs à la police judiciaire de Yaoundé où il sera entendu et détenu, puis transféré à la prison centrale de Kodengui. Il lui est désormais réclamé un dédommagement qui s’élève tantôt à 50 millions, tantôt 100 millions de Fcfa.

Incarcéré depuis la soirée du vendredi 11 janvier 2019, l’ancien vice-président de l’Assemblée nationale pendant les bonnes gloires du SDF son ancien parti, a été victime le 14 janvier d’un malaise profond qui a nécessité des soins intensifs. Pendant ce temps, les populations du Haut Nkam ont bloqué plusieurs villes du département, scandant des messages vocaux et sur les pancartes du genre « Libérez ! Libérez ! », « Nous demandons au ministre de la justice de libérer notre maire, car notre maire n’est pas un bandit, il n’est pas un brigand, encore moins un assassin » déclarent les manifestants.

A l’heure où nous parlons, ce ne sont plus seulement les militants de son parti qui réclament sa libération ; on observe des milliers de personnes dans les rues, pour réclamer la mise en liberté du maire, estimant qu’il s’agit là d’une arrestation politique, visant à le priver de sa liberté d’une façon arbitraire et l’empêcher de mieux préparer les prochaines échéances électorales, notamment les municipales et les législatives qui sont normalement prévues d’ici les mois de juillet-août 2019.

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Le secrétaire à la communication de l’UMS, parti de Pierre Kwémo dans un communiqué en date du 12 janvier relève que, pendant que le juge d’instruction s’apprêtait à formaliser la libération de Pierre Kwémo, le parquet général est venu arracher le dossier au dit juge sur haute instruction du ministre d’Etat, ministre de la justice et garde des sceaux qui a instruit d’autres orientations au dossier, face à des magistrats visiblement embarrassés, pour que Pierre Kwémo soit placé seul en détention provisoire pour des motifs de « pillage en bande », tandis que ses co-accusés, le sieur Kontchou a été relaxé parce qu’il est président de la section RDPC de Baham et M. Peughouia en déplacement à l’étranger en ce moment. Selon le même communiqué que, pendant leur interrogatoire des agents Beti rodant autour du tribunal, proféraient des paroles du genre « ils doivent payer l’argent de notre frère Beti parce que les bamiléké financent l’opposition à gros sous et veulent exploiter nos terres ».

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