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CAMEROUN-POLITIQUE : LIBERTÉS ET DÉMOCRATIE EN PÉRIL. AFRIK-I NFORM

Information
28 janvier 2019

CAMEROUN-POLITIQUE : LIBERTÉS ET DÉMOCRATIE EN PÉRIL. AFRIK-I NFORM

 

Le Cameroun est en train de prendre un mauvais virage dans la gestion que font les dirigeants de ce pays des différentes crises et revendications socio-politiques. Autrement dit, et pour emprunter le mot du premier des camerounais, ce pays est train de connaitre un « glissement » qui risque de coûter cher si on n’y prend pas garde. Où se trouve le danger ? Il se trouve au niveau de l’interdiction systématique des réunions et manifestations politiques des partis de l’opposition et certaines organisations de la société civile.

 

Par Rodrigue Tchokouaha

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De plus en plus, on a le sentiment que lorsqu’ il s’agit des manifestations du parti au pouvoir, il n’y a pas de problème qu’elles se tiennent normalement ; et quand il s’agit des partis de l’opposition, il y a une interdiction et une répression systématique par les autorités administratives et les forces de l’ordre. Pour ainsi dire, l’interdiction des réunions et manifestations politiques est devenue comme la norme générale, et leur autorisation l’exception. On l’a encore vu le 23 janvier dernier lors de la marche projetée du social democratic front (SDF) à travers son régional le député Jean Michel Nintcheu, laquelle marche visait à demander des comptes au régime sur le fiasco de la CAN 2019 au Cameroun.

Ladite marche précédemment interdite par le sous-préfet, a été brillamment empêché par les forces de l’ordre, et les députés Nintcheu et Josuah Osih arrêtés avant d’être relaxés quelques heures plus tard. Le samedi 26 janvier encore et dans le cadre de la mise en œuvre de la deuxième phase du plan de résistance du MRC le parti de Maurice Kamto, on a vu une de ces barbaries que l’on ne voit que dans les régimes dictatoriaux et autoritaires. Alors que les manifestations pouvaient être suivies et encadrées, on a vu les forces de l’ordre brutaliser et tirer à bout portant sur des manifestants non armés.  De nombreux manifestants arrêtés à Yaoundé, Douala, Bafoussam, Mbouda, et deux leaders politiques grièvement blessés puisqu’ils ont reçu des balles à la jambe.

Pendant ce temps, c’est l’ambassade du Cameroun en France qui a été saccagée par des manifestants membres d’une association dite Brigade Anti-Sadinard se réclamant être des sympathisants du MRC, des manifestants qui se rendraient solidaires des revendications du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC). Parmi les mots d’ordre lancés par le parti de Maurice Kamto, l’on évoque entre autres revendications la révision du code électoral avant les prochaines municipales et législatives, le refus du supposé hold up électoral, la mauvaise gestion de la crise dans le nord-ouest et le sud-ouest et le mutisme de l’Etat face au Fiasco de l’organisation de la CAN 2019. Et comme les évènements s’enchainent, on a vu comment une réponse inappropriée du régime a envenimé il y a plus de deux ans aujourd’hui la situation dans le NoSo.

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Alors qu’au départ il s’agissait de simples revendications corporatistes des avocats anglophones et des enseignants du système éducatif anglo-saxon, on a vu comment la réponse répressive du gouvernement a contribué à aggraver la situation au point de radicaliser certaines positions. Une fois encore aujourd’hui, nous voilà face à une situation qui risque de nous faire virer dans une guerre civile généralisée dans le pays. En toile de fond il y a la montée du tribalisme et le repli identitaire, la nomination tribale à des postes ministérielles ; dans la diaspora deux « brigades » se sont formées : la brigade anti-sardinards (BAS) et la brigade anti-tontinards (BAT). Dans les réseaux sociaux les deux mouvements s’affrontent par personnes interposées avec des pseudonymes pour la plupart.

Au plan des médias, certaines chaines de télévisions semblent avoir pris langue et cause pour le parti au pouvoir, pour vilipender certains partis et leaders de l’opposition. De l’autre côté, les activistes dénommés ‘’Lanceur d’alerte’ ’ se sont spécialisés en pourfendeurs du régime de Yaoundé. Manifestement, on voit que le Cameroun ne sortira pas grandi dans tout cela. Entre les revendications sociales et politiques qui sont étouffées parce que systématiquement réprimées par le régime en place, et les frustrations accumulées par une bonne frange de la population exclue de la gestion du pouvoir, il y a lieu de véritablement s’inquiéter de l’ampleur des choses, au vue de la graduation des évènements et de leur extension sur le territoire national.

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