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CAMEROUN – SOCIÉTÉ : IL FAUT REVOIR L’AGE DE VOTE ! AFRIK-INFORM

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02 septembre 2019

CAMEROUN – SOCIÉTÉ : IL FAUT REVOIR L’AGE DE VOTE ! AFRIK-INFORM

 

« Comment expliquer qu’un jeune de 18 ans peut tenir une arme à feu pour maintenir la paix au Cameroun, mais est jugé très petit pour choisir ses dirigeants par le vote ? ». C’est sur cette question de madame Prudence Noutcha que s’est ouvert le forum d’échange de l’organisation apolitique New SETA, ce samedi 31 Aout à la salle des fêtes de l’hôtel Lewat à Akwa. Une rencontre d’échange qui a connu la participation des hommes politiques tels que le premier secrétaire du PURS Serges Espoir Matomba, et les acteurs de la société civile.

Par Gilles Noubissie

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En effet, le but de ce forum était de montrer de manière brève sur la base des résultats des différents sondages effectués depuis 2015, que la masse élective au Cameroun peut atteindre un nombre conséquent, si le parlement accepte de rabaisser l’âge de vote à 18 ans. Pour se faire entendre de ceux-ci, le collectif de New SETA a adressé 180 correspondances au parlement, saisissant chaque député Camerounais sur la question.

Cette démarche est lancée dans une campagne baptisée « vote 18 ». L’idée est dans un premier temps de faire réduire l’âge de vote de 20 à 18 ans, et ensuite de créer une nouvelle catégorie d’électeur, constituée de plusieurs jeunes dont le système actuel empêche de s’impliquer dans la vie politique. Elle a été pensée après les élections municipales du 30 septembre 2013, ou le triste constat de la non implication de cette catégorie d’électeurs a été fait. Seuls moins de 7 millions personnes sur 20 millions de Camerounais étaient inscrits sur les listes électorales, avec 1,2 millions d’abstentions, et 185.000 bulletins nuls enregistrés à la fin du vote. Pourtant le Cameroun compte en majorité des jeunes, capables de créer une dynamique politique. Aussi, le Cameroun est l’un des rares pays ou à 18 ans, il est impossible d’avoir une carte d’électeur. Au Gabon voisin par exemple, à 16 ans un citoyen est autorisé à voter.

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Il était donc question pour cette organisation, de mettre ce débat sur la table, afin que l’article 2 alinéa 3 de la constitution de 1996 soit revu. Cet article stipule que « le vote est secret ; y participent tous les citoyens âgés d’au moins 20 ans ». Pour rappel, le Cameroun compte aujourd’hui environ 26 millions d’habitants, avec un une moitié de la population âgée de 18 ans. Ce qui montre que lors des échéances électorales, 50 % de la masse potentielle électorale n’est pas autorisée à y prendre part, ce qui crée un réel déséquilibre lors des résultats des votes, et on assiste généralement à l’élection des personnes pas très appréciées par ces jeunes-là.

En résumé, le parlement doit permettre à ces jeunes de participer à la vie politique du pays. Il est plus qu’urgent de leur permettre de se créer des opportunités futures, en choisissant des personnes qui portent des projets de société répondant effectivement à leurs aspirations. C’est ce qu’a d’ailleurs affirmé Serges Espoir Matomba, qui n’a pas manqué de faire un brefieng sur la création du parti politique PURS dont il est le premier sécrétaire, légalisé en 2010, et qui compte déjà quelques élus jeunes en son actif.

New SETA (Network for Solidarity, Empowerment and Transformation for All) a été créé en juillet 2013 au Cameroun. Son but principal est de renforcer les capacités des jeunes et des institutions à s’engager dans les initiatives qui favorisent le bien-être social.

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