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CAMEROUN – PRÉSIDENCE : UN DISCOURS ATTENDU OU ENTENDU ? AFRIK-INFORM

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11 septembre 2019

CAMEROUN – PRÉSIDENCE : UN DISCOURS ATTENDU OU ENTENDU ? AFRIK-INFORM

 

Ce mardi 10 septembre sur la télévision nationale  la Crtv à 20h précises, le Chef de l’Etat, Paul Biya, Président de la République du Cameroun s’est adressé du peuple camerounais. Lequel discours  alimente plusieurs débats contradictoires sur la toile allant dans tous les sens. Les avis sont partagés sur cette sortie qui démontre un peu plus les lignes de tension dans la société camerounaise.

Par Abdoulaye Raman

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Sa parole est tellement rare qu’il n’est pas souvent  de coutume  de voir le chef de l’Etat du Cameroun  s’adresser à ses compatriotes. Si ce n’est pour des questions cruciales d’ordre socio-politique, l’accession  à la magistrature suprême après chaque élection, la traditionnelle allocution de la fête de la jeunesse chaque 11 février et enfin chaque 31 décembre pour le bilan de l’année écoulée et les perspectives à venir.

C’est par son propos liminaire que la nation toute entière a pu déceler le thème du discours du président Paul Biya.  « Depuis près de trois ans, les régions du Nord-Ouest et du Sud-ouest de notre pays sont en proie à une crise, qui met en péril la sécurité et le bien-être des populations qui y vivent, mais a également de profondes conséquences sur l’ensemble de la communauté nationale ». Le chef de l’Etat poursuit  son propos en rappelant à l’intention de tous et de chacun quels ont été les principaux points de départ de cette crise « Cette crise, faut-il le rappeler, est née des revendications corporatistes des Avocats et des Enseignants, qui réclamaient la traduction en langue anglaise des Actes Uniformes OHADA et la préservation de la spécificité du système judiciaire et du système éducatif anglo-saxon dans les deux régions ».

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Après une analyse de l’allocution,   il n’échappe point à l’entendement qu’il a ressorti aussi bien que mal  les points tels que le rapport de la crise dès son début jusqu’à nos jours, des insinuations faites autour, des injonctions que donnent les sécessionnistes et enfin des résolutions pour une éventuelle sortie de crise. Cela étant, force est de constater certains s’y retrouvent mais d’autres pas. D’aucuns pensent que le dialogue ne devrait pas être implémenté alors que les leaders le cette crise sont en détention. On peut aussi observer une interrogation qui revient avec une fréquence rapide telle que «  avec qui dialoguerait-on ? ». Mais le chef de l’Etat n’a pas manqué de préciser aussi hier qu’il a instruit la libération des premières personnes qui avaient été arrêtées dans le cadre des revendications quelques mois plus tôt et que le la constitution camerounaise lui concède le droit de grâce. Ce qui induit qu’il est encore et toujours capable de le faire selon les besoins de la cause.

 Par ailleurs il aussi saisi l’opportunité de dire qu’« aucune œuvre humaine n’est parfaite et je continuerai à travailler sans relâche ». Une partie de camerounais  estiment qu’il aura été muet  et inactif pendant longtemps en regardant la situation s’enliser dans les deux régions sœurs du pays, chose qui pour lui est bien fausse car il dit clairement que :

«  La traduction en langue anglaise des textes OHADA a été effectuée. Ces textes sont désormais disponibles dans nos deux langues officielles, une Section de la Common Law a été créée à la Cour Suprême, afin de connaitre des pourvois formés contre les décisions des juridictions inférieures. Dans les affaires relevant de la Common Law, au plan de la formation des Magistrats, une Section de la Common Law a été créée à l’École Nationale d’Administration et de Magistrature. Cette mesure a été accompagnée d’un programme de recrutement des Auditeurs de justice et des Greffiers d’expression anglaise, un recrutement spécial d’Enseignants bilingues a été mis en œuvre dans l’Enseignement secondaire; au plan judiciaire, un arrêt des poursuites a été ordonné en faveur de certaines personnes interpellées dans le cadre de ces revendications ».

Dans le même canevas de contestation ils critiquent l’idée  selon laquelle il ne devrait pas choisir par lui-même celui qui va diligenter le dialogue en parlant du premier ministre Dion Ngute. Certaines autres sensibilités proposent  des religieux dans la conduite du dialogue et se référant au cas de l’Afrique du sud, avec Monseigneur Desmond Tutu et sa bravoure reconnue. Au demeurant, il faut donc dire que si le discours du président Paul Biya n’est pas le bienvenu pour certain par rapport à ce qui a été dit, il est à mentionner que d’autres ont fortement acclamés les résolutions prises et demandent que le dialogue se fasse le plus tôt possible.

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