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BURUNDI – POLITIQUE : L’EGLISE CATHOLIQUE SE MET A DOS LE GOUVERNEMENT. AFRIK-INFORM

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23 septembre 2019

BURUNDI – POLITIQUE : L’EGLISE CATHOLIQUE SE MET A DOS LE GOUVERNEMENT. AFRIK-INFORM

 

Ce dimanche 22 septembre 2019, une lettre de la conférence épiscopale du Burundi a été lue dans toutes les églises du pays. Elle portait sur les manquements du gouvernement à quelques mois des consultations électorales. Ce qui a provoqué une vive réaction de l'Etat.

Par Abdoulaye Raman

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En effet, en vue des élections qui approchent à pas de géant dans le pays, l’église burundaise a tenu à s’adresser au pouvoir concernant certaines choses qu’elle juge irrégulières pour une nation qui prépare les élections. Entre violences, assassinats politiques et diverses intolérances, le clergé n'y est pas allé par quatre chemins pour dénoncer ce climat politique.  Une sortie  qui a provoqué la colère du pouvoir burundais: « Bien qu’il y ait beaucoup de choses que nous apprécions, nous ne saurions passer sous silence certaines questions inquiétantes », explique le gouvernement dans une annonce relayée par Rfi. Selon lui, "les évêques du Burundi ont tendance à étouffer et violenter certains partis politiques, à persécuter leurs membres, alors que le multipartisme est reconnu au Burundi ».

Toutefois avant que le message ne soit lu dans toutes les églises du pays, il avait déjà fuité. Le conseiller du chef de l’Etat, l’ambassadeur Willy Nyamitwe a fait une sortie ce samedi sur son mur Tweeter où il déclarait : « Certains évêques devraient être défroqués, car c’est devenu une habitude à la veille des élections, ils doivent cracher leur venin de haine à travers des messages incendiaires. » Toujours dans cette publication, le conseiller s’est exclamé en disant : « Pardieu ! Quoi de plus normal puisqu’ils ne sont même pas le modèle de la piété.»

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Ainsi donc, le gouvernement burundais estime également que chez ces hommes de Dieu : « Il y a aussi le fait de confondre le parti au pouvoir avec l’administration. À certains endroits, les jeunes affiliés à ce parti semblent se substituer aux services de sécurité. Une telle pratique risque de perturber le climat favorable au processus électoral. » .

Rappelons aussi qu’il y a quelque temps, la commission d’enquête de l’ONU a tiré la sonnette d’alarme dans un rapport de 45 pages après une descente sur le terrain,  dans un rapport  qui décrit ce qu’elle qualifie de « climat de peur ». « Ce sont les autorités locales qui se servent des Imbonerakure. Elles leur demandent par exemple de vérifier qu'il n'y ait pas de réunions illégales de nuit. Ils arrivent, ils frappent à la porte et ils enlèvent souvent un fils, un mari et en même temps, ils battent la femme, souvent avec des violences sexuelles. On ne sait pas ce qui est arrivé à celui qui est disparu. On n'ose pas poser des questions dans les centres de détention parce que ça risque d'attirer l'attention et de plus, ça n'apporte absolument rien vu qu'il n'y a pas d'investigations effectives », dit Françoise Hampson.

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