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CÔTE D’IVOIRE - POLITIQUE : POSSIBLE RÉCONCILIATION ENTRE GBAGBO ET OUATTARA ? AFRIK-INFORM

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27 septembre 2019

CÔTE D’IVOIRE - POLITIQUE : POSSIBLE RÉCONCILIATION ENTRE GBAGBO ET OUATTARA ? AFRIK-INFORM

 

La perspective des prochaines élections présidentielles en Côte-d’Ivoire s’affirme jour après jour comme une échéance plus qu’importante, vitale. Au point qu’il ne se passe plus un jour sans qu’une nouvelle information vienne faire monter un peu plus la température et le suspens. Et savoir si 2020 ressemblera totalement ou partiellement à 2010. Avec la réconciliation des acteurs en arbitre.

Par Gaston KOUOH

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Justin Koné Katinan occupait les fonctions de ministre du Budget dans le gouvernement du premier ministre Aké Ngbo sous la présidence de Laurent Gbagbo, dont il deviendra le porte-parole. Lors de l’affrontement post-électoral entre les camps Ouattara et Gbagbo, ces derniers ainsi que deux autres ministres, l’ancien Premier ministre Gilbert Aké N’Gbo et le ministre de l’Economie Désiré Dallo, ont tous été poursuivis pour “vol en réunion par effraction portant sur des caves à l’agence nationale de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest et des numéraires’’ en 2010.

L’Union Economique Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) qui ne reconnaissait que la victoire d’Alassane Ouattara (que contestait le sortant M. Gbagbo) à l’élection présidentielle d’octobre 2010, avait décidé d’interdire toute compensation financière avec le pays. En réaction, le gouvernement de M. Gbagbo avait réquisitionné l’agence nationale de la BCEAO et procédé à un transfert à la présidence de la République d’un montant de 1,7 milliards FCFA, sous la conduite de Justin Koné Katinan.

Au terme d’une procédure judiciaire fortement politisée, le procureur avait requis 20 ans d’emprisonnement contre les quatre accusés et un million de FCFA d’amende pour chacun. Finalement, ils  furent condamnés chacun à 20 ans de prison  sans mandat de dépôt et à payer 329 collectivement milliards de FCFA de dommages et intérêts. En plus, des mandats d’arrêt internationaux ont été délivrés à l’encontre de Koné Katinan (en exil au Ghana) et l’ex-chef d’Etat,  alors incarcéré depuis novembre 2011 à la Cour pénale internationale (CPI) où il est en jugement.

 Justin Koné Katinan fut plusieurs fois arrêté dans son exil ghanéen (Mars 2018), menacé d’extradition vers la Côte-d’Ivoire puis à chaque fois relâché. Des péripéties qui constituaient pour lui des faits de harcèlement et persécutions pour lesquels son avocate camerounaise, Maître Josette Kadji, avait déposée en Mai 2018 devant la Commission des Droits de l’Homme et des Peuples de l’Union Africaine une plainte afin de faire poursuivre l’Etat ivoirien pour ces troubles répétés ainsi que les dommages qu’ils occasionnaient dans sa vie.

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Cependant, le 6 Août 2018, le Chef de l'Etat ivoirien a pris une ordonnance portant amnistie de tous les faits et actes que le gouvernement considérait comme relevant des infractions liées directement à la crise post-électorale et celles qui, bien que découlant indirectement de ladite crise, auraient été commises après sa prise de fonction jusqu'à la date du 6 Août 2018. A la suite de cette ordonnance d'amnistie, de nombreux prisonniers politiques de l'opposition ont recouvré la liberté. De l’avis de tous ce texte est fondateur de la réconciliation nationale en Côte-d’Ivoire.

Pour Julien Koné Katinan, il marque le début d’une observation de la pression des poursuites menées contre lui et d’une médiation sur l’opportunité de maintien de son action auprès de l’Union Africaine dans un contexte tourné vers le dialogue, le pardon et la paix, y compris de la part de Laurent Gbagbo auquel il reste attaché et dévoué. C’est la fin de ce processus qu’il vient de rendre public ce 24 Septembre en informant l’opinion publique nationale et internationale du retrait de sa plainte.

Tout porte à croire que la décision pacificatrice de l’ancien baron du FPI porte les traces d’un dialogue et de contacts déjà certainement très avancés avec l’actuel gouvernement, pour que 2020 ne soit pas le remake de 2010. Et ouvrira peut-être la voie à une poignée de mains très médiatique entre Alassane Dramane Ouatarra et Laurent Gbagbo, avec en invités Henri Konan Bédié et Guillaume Soro.

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