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CAMEROUN – POLITIQUE : LE SDF ENTRE LE MARTEAU ET L'ENCLUME. AFRIK-INFORM

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14 novembre 2019

CAMEROUN – POLITIQUE : LE SDF ENTRE LE MARTEAU ET L'ENCLUME. AFRIK-INFORM

 

Le revirement du Social Democratic Front (SDF) confirmant l’effectivité de sa participation aux élections locales couplées législatives et municipales lève un pan de voile sur certains aspects psychologiques de ce parti historique. Mais aussi de l’opposition à un moment tumultueux de l’histoire actuelle du Cameroun.

Par Gaston KOUOH

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En décidant de participer finalement  aux élections locales fixées le 9 février 2020, après de nombreuses tergiversations qui ont jeté le trouble et semé des interrogations dans les rangs de ses membres et dans l’opinion publique, Le SDF met fin à une valse-hésitation dont il aurait pu se passer.

En effet, il paraît basique de se demander comment un parti aussi historique, de surcroît le premier de l’opposition camerounaise avec un groupe parlementaire fort de 18 députés et 23 mairies ainsi que 77 adjoints municipaux aurait pu se permettre de boycotter (une nouvelle fois après le boycott de la présidentielle de 1997) une consultation électorale. Surtout lorsque celle-ci concerne les populations au plus proche de leur environnement de vie et de leurs attentes. Il faut faire honneur à la devise « Power to the people » en rendant au peuple ce qu’on lui doit éternellement.

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Car si l’objectif compréhensible est de vouloir peser de tout son poids politique pour espérer accélérer la mise en place des propositions de sortie de crise socio-politique, notamment l’implémentation effective des statuts spéciaux dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest, il est néanmoins maladroit de mettre en avant la situation sécuritaire dans ces régions pour expliquer le boycott. De nombreux autres pays du monde font face à des mouvements sécessionnistes, il n’a jamais été question en France avec la Corse, en Espagne avec le Pays Basque, au Sénégal avec la Casamance, d’invalider unilatéralement ou de commun accord des élections prévues au calendrier national sur ce prétexte. Car cela serait entériner de fait la partition d’un territoire souverainement reconnu.

 Enfin, pour être franc, le SDF n’avait vraiment pas d’autre choix que de participer. Pour les simples raisons que les absents ont toujours tort et la politique de la chaise vide coûte un prix qu’il ne peut plus se permettre. S’il a l’ambition de continuer à exister dans le paysage politique camerounais après une présidentielle ratée et la montée fulgurante du MRC dans l’opinion, son futur ne semble  pas du tout radieux sur le plan national et local. Or la fonction première d’un parti politique est d’exister pour véhiculer valablement l’expression d’une certaine sensibilité idéologique. C’est dans ce seul mouvement qu’il trouve, à tous points de vue, les voies et moyens pour perdurer.

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