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CAMEROUN - LEGISLATION : LE PARLEMENT SONNE LA FIN DE LA RECREATION POUR LES GRANDES GUEULES DE LA COMMUNICATION. AFRIK-INFORM

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14 novembre 2019

CAMEROUN - LEGISLATION : LE PARLEMENT SONNE LA FIN DE LA RECREATION POUR LES GRANDES GUEULES DE LA COMMUNICATION. AFRIK-INFORM

 

Le Code pénal camerounais pourrait connaître une modification importante et significative qui fait et fera parler d’elle dans le climat et l’environnement actuel du pays. Du fait des tensions dont l’origine provient des  échanges et communications sur les médias classiques ou les réseaux sociaux.

Par Gaston KOUOH

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Trop c’est trop !! Il était temps de mettre fin à cette espèce de ring de boxe permanent qu’étaient devenus les médias et réseaux sociaux camerounais où tous et n’importe qui s’adonnaient joyeusement, et surtout impunément, à divers maux qui n’apportent rien de positif à la société et surtout, à la cohésion sociale. Sous mille et un prétextes tous aussi faux et indignes, de nombreux individus aux cerveaux aussi légers que leurs arguments se permettaient d’utiliser à des fins inavouées mais surtout manipulatrices, dominatrices ou propagandistes des insultes, des injures, des propos d’apologie du tribalisme et autres à des fins personnelles, politiques ou ethniques pour asseoir leur besoin de domination.

Toutes choses qui nourrissaient un climat délétère au sein d’une opinion publique déjà tendue par une crise socio-politique alliant sécessionnisme et contestation électorale qui s’était muée en opposition nationale entre factions dont le but est davantage de diviser, d’exclure, que d’unir. Le pire étant la banalisation qui accompagnait ce genre de propos et de comportements qui n’honorent personne, surtout pas celui qui les osent.

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En modifiant et complétant certaines dispositions de la loi 2016/007 du 12 Juillet 2016 portant code pénal, le Parlement camerounais vient de taper du poing sur la table pour faire cesser ce qui était devenu des exactions à ciel ouvert au vu et au su de tous. Mieux vaut tard que jamais, mais au moins il existe maintenant une base juridique de poursuites qui vient combler un vide juridique latent dans les communications interpersonnelles et professionnelles par voie de médias interposés.

Ainsi l’article 241 condamne désormais tout outrage à la race ou à la religion d’une peine d’emprisonnement de 06 jours à 6 mois assortie d’une amende pécuniaire  de 5.000 à 500.000 FCFA pouvant culminer à 20.000.000 de FCFA lorsque le canal de transmission de l’outrage se fait par voie de presse, radio, tv et réseaux sociaux. La cerise sur le gâteau étant le doublement de toutes les dispositions précédentes lorsqu’elles sont causées dans le but de susciter la haine et le mépris entre les citoyens. Quant aux discours de haine et appels à la violence commis sur la base de l’appartenance tribale ou ethnique, ils sont sanctionnés d’un à deux ans d’emprisonnement ferme sans sursis possible pour les personnes majeures. Leurs amendes varient entre 300.000 et 3.000.000 de FCFA. Avec là aussi un doublement pour les acteurs du champ public des domaines politiques, économiques, sociaux et culturels.

Il faudra à présent sévir de la façon la plus dure pour que chaque citoyen comprenne que même sa liberté d’expression s’arrête où commence celle des autres. Il aura alors touché du doigt la définition d’un des aspects les plus importants de la démocratie citoyenne.

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