INSTITUT UNIVERSITAIRE DES GRANDES ECOLES DES TROPIQUES

AFRIQUE - SÉCURITÉ : CONVOCATION D’UN SOMMET DU G5 SAHEL SOUS FONDS DE MENACE DE RETRAIT DES TROUPES DE « BARKHANE ». AFRIK-INFORM

 

La présence française  dans le Sahel se trouve confrontée à diverses critiques depuis quelques temps. Au point que la France envisagerait, en tant que de menace, de retirer ses troupes dont l’efficacité, voire la légitimité, sont contestés en Afrique. Un sommet du G5 Sahel convoqué le 16 décembre à Pau va essayer d’étudier les solutions possibles pour sortir de cette crise.

Par Gaston KOUOH

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Lancée en Août 2014 sous le nom de code «  Barkhane », la présence militaire française avait pour but de venir en soutien militaire aux états africains de la zone du sahel contre les fréquentes poussées djihadistes dans la région. Si ce dispositif  a bien fonctionné au début, ramenant une certaine confiance aux populations du Nord Mali notamment, la situation s’est pourtant très vite dégradée avec la multiplication des attaques terroristes se soldant par son cortège funèbre de morts innombrables. Mais surtout une propagation de la flambée à d’autres zones et pays tel que le centre du mali, le Burkina Faso et le Niger.

C’est justement cette régularité de la pression terroriste qui va susciter et suscite encore aujourd’hui des  interrogations et critiques qui se multiplient. De l’anonyme de la rue aux plus hauts sommets des états, la question est de savoir pourquoi une si grande débauche de moyens peut donner d’aussi piètres résultats sur le terrain. Les opinions publiques, fatiguées par des années de guerre sans répit, ont vite conclu que la stratégie utilisée par l’armée française était loin d’être la bonne pour tenir à distance les assauts perpétuels.

 C’est le début de la polémique sur ce qui va devenir le sentiment anti-français  manifesté à Bamako et Ouagadougou cette année où la présence française étai contestée. Dès lors les critiques sont devenus plus fermes et plus publiquement assumées par les hauts responsables africains tels le ministre de la défense Burkinabé Cherif Sy en juin dernier "Je m’étonne que les Français n’aient pas été capables d’éradiquer ces bandes terroristes. On se pose des questions. Le veulent-ils vraiment ou ont-ils un autre agenda ?". Puis en Novembre, le très célèbre artiste-musicien Salif Keita rendant la France responsable de la poursuite de la guerre au Mali. L’accusant en plus de liens avec la mouvance terroriste de ce pays. Avec tout ce que cela suppose de duplicité et tromperie.

A lire...CAMEROUN – CRISE ANGLOPHONE : UN SOMMET D’ANCIENS CHEFS D’ETATS AU SECOURS DU CAMEROUN. AFRIK-INFORM

 Mais la goutte d’eau qui va faire déborder le vase va être l’entrée en jeu des réseaux sociaux ivoiriens, maliens et burkinabé avec son lot de fake news faisant état tour à tour de connivence des troupes françaises avec les djihadistes pour justifier de leur présence continue dans la zone, de soupçons d’exploitation de ressources naturelles en sous-main, et même d’attaques des forces françaises sur les Forces armées du Niger. Et ce n’est pas la réaction de colère indignée à l’endroit des africains du Chef d’État-major de l’armée française, le général François Lecointre, qui risque d’apaiser ces tensions.

Raison pour laquelle le Président français Emmanuel Macron a cru bon de convoquer le 16 décembre à Pau, un sommet du G5 Sahel qui comprend le Mali, le Burkina Faso, le Niger, le Tchad et Mauritanie aux fins de « réévaluer les termes de la présence légitime » de la France dans cette partie du continent. Avec en filigrane, la menace de retirer les troupes de l’opération Barkhane dont les morts semblent aussi commencer à peser lourd sur la justification face à l’opinion publique française.

0
0
0
s2sdefault