CAMEROUN – POLITIQUE : MAFIA DANS LE SDF, PRINCIPAL PARTI D’OPPOSITION. ABEL ELIMBI LOBE MENACE DE  CLAQUER LA PORTE.

Pour le bouillonnant conseiller municipal du Social Democratic Front (SDF) de Douala 5e, les manœuvres chaotiques et illégales de certains membres de la première force d’opposition du Cameroun lors des opérations de renouvellement des organes locaux montrent l’incapacité du SDF à gouverner le pays.

HABIB  HASSANA

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La date du 12 Juin 2016 reste en travers de la gorge d’ Abel Elimbi Lobé. Il n’a pas pu être élu en tant que représentant local du SDF dans sa circonscription, la très riche Douala 5. Il s’est en effet retiré des élections locales du SDF après que la candidature du très jeune sixième adjoint au Maire de Douala 5 Carlos Ngoualem ait été validée, d’après Elimbi Lobé, « en violation des dispositions de l'article 7-4 des statuts du parti, élections où Ngoualem en sa qualité de maire adjoint, est rendu inéligible par les résolutions du NEC du 7 mai 2016, résolutions interdisant aux députés, maires et maires adjoints de briguer le poste de Président de Comité exécutif d'une circonscription électorale. » 

Mais le mal est plus profond, d’après Abel Elimbi Lobé, le nouveau président du SDF Douala 5 est responsable du détournement des cautions des candidats du parti lors des élections municipales de 2013 et se retrouve à ce poste par les bonnes grâces du président régional du SDF dans le littoral, le sénateur Jean Michel Nintcheu. A cause de ce dernier et d’après Elimbi Lobé, « les élections sont des chaos. Les dispositions statutaires sont foulées, les directives du NEC (Bureau politique du SDF) sont bafouées, les structures parallèles donc non statutaires viennent prendre part aux élections en amenant des personnes qui n'ont de militant que le nom, les cartes du parti sont fournies à l'emporte-pièce à des désœuvrés recrutés par des candidats à la moralité douteuses, juste le temps du vote,  pour venir interférer dans les affaires d'un parti auquel ils n'appartiennent pas, les conditions statutaires d'éligibilité ne sont pas vérifiées dans le but de permettre que la candidature des personnes en rupture avec le parti soit acceptée ». Un tableau sombre dont les conséquences sont « la bagarre (entre militants SDF) à Nkongsamba, les élections interrompues à Mbanga, […] à Ngwei, […] suspendues à Douala 2, des élections qui n'ont pu se tenir à Douala 1er dans la circonscription du Premier vice président national Joshua Osih… »

Ces élections donnent une pale image du SDF dans le Littoral et d’après Elimbi Lobé,  constituent un véritable « étalage honteux de notre désorganisation interne, une exhibition de notre complaisance vis à vis de nos propres règles, une exposition de l'immoralité qui a cours dans notre parti. Nous voilà, nous qui voulons nous voir confier les affaires publiques un million de fois plus complexes que notre petite cuisine interne. Je suis profondément meurtri par cette dérive qui gangrène notre parti. »

Abel Elimbi Lobé semble donc bien seul face aux caciques du parti qui ont faillit renverser Paul Biya l’actuel président du Cameroun à une élection présidentielle régulière. C’était il y a longtemps, dans les années 90. Et l’actuel président du SDF Ni John Fru Ndi était déjà aux commandes, d’où peut être la lassitude qui semble habiter certains militants de la trempe d’Abel Elimbi Lobé qui remettent de plus en plus en cause le fonctionnement parfois mafieux de cette formation politique. Après ces récriminations, Elimbi Lobé pourrait être sanctionné en vertu de l’article 8.2 des statuts du SDF. S’il ne démissionne pas du parti comme plusieurs avant lui. Une nouvelle qui sera vécue comme un coup de tonnerre sous le ciel politique camerounais, Elimbi Lobé faisant partie de ces militants ultra médiatisés.