GABON - POLITIQUE : ALI BEN BONGO DÉJÀ EN CAMPAGNE REGLE SES COMPTES ET S’EN PREND A JEAN PING

 En tournée « républicaine » dans la province de la Nyanga depuis le 12 Juillet dernier, le président Bongo a donné le ton de la prochaine campagne électorale. Ses adversaires n’ont qu’à bien se tenir, il rendra coup pour coup. Le premier à en faire les frais est Jean Ping, ancien premier ministre sous le règne d’Omar Bongo.

Par HABIB HASSANA

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La tournée « républicaine » du président gabonais a débuté le 12 juillet 2016, par les départements de la province de la Nyanga, dans le sud du Gabon. En compagnie de son épouse, Sylvia Bongo Ondimba, à la tête d’une forte délégation composée des membres du gouvernement originaires de ces localités, de hauts responsables du Parti démocratique gabonais (PDG) et du Premier ministre, Daniel Ona Ondo, Ali Bongo a été accueilli par une grande foule à l’aéroport de Tchibanga. Sous un rythme marathon, la délégation a parcouru les localités de Moabi, Ndindi, Mabanda, Moulengui-Bindza où le chef de l’Etat s’est adressé aux populations sur le bilan de ses sept ans à la tête du Gabon et ce qu’il compte faire pour le prochain septennat.

ABO comme on l’appelle a pourtant laissé glisser sur le terrain «des phrases assassines». Comme pour donner le ton de la prochaine campagne électorale où apparemment tous les coups seront permis. Et le premier à en faire les frais n’est autre que Jean Ping, ancien Premier Ministre et ancien chef de la diplomatie gabonaise. «... nous savons tous que pour être connu dans le monde entier, nous utilisons tous le carnet d’adresses d’Omar Bongo Ondimba qui nous a tous ouvert les portes. C’est grâce à lui que nous allons tous dans le monde entier. Aujourd’hui, si vous allez n’importe où dans le monde entier et vous dites que vous êtes Gabonais, on se souviendra directement d’Omar Bongo». Et d’ajouter « il parait qu’il y a quelqu’un dans ce pays qui est grand spécialiste de la diplomatie connu dans le monde entier…Pour le soi-disant expert en diplomatie, il a bien fallu qu’Omar bongo ne soit plus là, pour qu’il n’arrive plus à gagner une élection. C’est la preuve que c’est Omar qui faisait élire. C’était grâce à Omar Bongo qu’on avait des postes. Il a suffi qu’il ne soit plus là pour qu’on perde des élections et que les autres chefs de l’Etat décident de le chasser». Allusion à peine voilée à Jean Ping, l’ancien président de la Commission de l’Union Africaine (UA) qui n’a pas pu décrocher un second mandat à la tête de la Commission de l’Union Africaine, battu par la Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma Ali Bongo passé en mode d’attaque, a poursuivi : «Je voudrais en plus faire remarquer que le soi-disant grand spécialiste de la diplomatie qui a eu beaucoup de postes et de fonctions y compris à l’Organisation des Nations Unies (Onu), n’y a rien fait». Et de poursuivre que le gouvernement gabonais s’est rendu à l’ONU en 2009 pour savoir ce qu’il a accompli durant son mandat.« On a constaté zéro», a-t-il lancé.

Le président gabonais a même rajouté une couche en comparant son épouse Sylvia Bongo Ondimba à Jean Ping qui d’après lui devrait prendre exemple sur la Première dame. Pour Ali Bongo, Sylvia Bongo mérite des félicitations pour avoir fait passer une résolution à l’ONU sur les questions de la veuve et de l’orphelin alors qu’elle n’est pas spécialiste de la diplomatie. «Elle a pu faire passer cette résolution à l’ONU. et elle a réussi ! … pour le grand spécialiste de la diplomatie, tout ce que vous voyez sur les murs de l’ONU, ce sont les photos. Il ne faut donc pas qu’on vienne amuser la galerie ici en disant qu’on est spécialiste de ceci ou de cela. Pouvez-vous me dire quelque chose qu’il a fait ici à Mouila ? On aime bien vous dire qu'Ali n’a rien fait... Alors tous ces mois, toutes ces années, ils n’ont cessé de parler de moi et je n’ai rien dit. J’ai regardé et je me suis tu. Je me suis demandé s’ils voulaient que je parle. Mais je me suis dit que si je parle, ce sera difficile pour eux. Ils ont peur en effet ».

La peur va-t-elle changer de camp ? Ce qui est sûr est que le ton de la prochaine campagne électorale promet d’être acerbe. On n’a pas oublié que les adversaires d’Ali Bongo n’entendent pas laisser le fils Bongo succéder à son père après toutes les contestations liées à sa filiation gabonaise et l’acte de naissance qu’il a produit pour faire valider sa candidature à la présidentielle.