TCHAD : REFORME ADMINISTRATIVE - L’ETAT TCHADIEN REDUIT DE 50% LES INDEMNITES DE SES DEPUTES !

 Le gouvernement tchadien vient de décider de réduire de façon drastique les généreuses indemnités allouées aux pensionnaires de l’Assemblée Nationale Tchadienne, considérée comme l’institution la plus budgétivore du pays. Une annonce accueillie par un silence glacial des honorables parlementaires.

Par Thierry NDASSA

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Au total, ce sont 22 indemnités, destinées aux députés, aux membres du bureau du parlement et aux présidents des principaux groupes, qui seront revus à la baisse, ceci en raison de la crise économique que traverse le Tchad. Une nouvelle très bien accueillie d’ailleurs par les cadres de l’opposition. En effet les députés représentant de façon minoritaire (30% des sièges) l’opposition politique à l’hémicycle de Ndjamena ont toujours vu d’un mauvais œil la générosité du pouvoir législatif à l’endroit des membres du parlement.

Ce qui interpelle, c’est le calme des concernés qui n’ont d’ailleurs fait aucun commentaire sur la réforme. D’après « La voix », un blogger tchadien très actif sur la toile ( www.waldar.over-blog.com ), c’est parfaitement compréhensible. D’après lui, « si les salaires ne sont pas élevés chez les officiels tchadiens, c’est leur train de vie qui paradoxalement, est comparable à celui des émirs d’Orient, toutes proportions gardées». Le blogger très opposé au régime Déby affirme d’ailleurs que « le phénomène de caisse noire ou des fonds spéciaux (retro commissions) qui a cours partout dans le monde existe certainement au Tchad ». Seulement, enquêter sur les revenus d’un officiel reste toujours selon lui une entreprise très complexe et dangereuse.

Le pays du président Déby observe d’ailleurs depuis quelques jours de sérieux mouvements de grève dans la fonction publique, en particulier dans les secteurs de l’éducation et de l’enseignement supérieur. Le Syndicat des Enseignants du Tchad (SET) a appelé ses adhérents à observer une grève sèche, ceci pour réclamer le non-paiement de deux mois de salaire, mais aussi le non versement de prime de recherche. Le mouvement de contestation est aussi repris par les différentes associations d’étudiants tchadiens qui s’insurgent contre la suppression des bourses d’études par le gouvernement. Une situation qui, pour l’universitaire Camane Oumar Bedaou, résulte de la mauvaise gouvernance du régime Déby.

Malgré son abondant pétrole, le Tchad est considéré comme l’un des pays les plus pauvres de la planète. Il est par ailleurs le pays ayant sur son sol le plus grand nombre d’ONG au monde.