BURUNDI :  L' ONU VA ENQUETER SUR LES VIOLENCES DE MAI 2015 .

 

Les partisans de Pierre Nkurunziza n’ont que très peu apprécié cette annonce qui ferait peser sur l’actuel président des soupçons de crimes contre l’humanité, d’où leur manifestation ce vendredi 30 Septembre devant le siège de l’ONU à Bujumbura. 

Par Eric Vareni

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C'est à l'esplanade du  siège de L'ONU à Bujumbura que des partisans burundais du président Nkurunziza ont manifesté leur mécontentement après la publication d'un rapport qui les met en garde contre de possibles "crimes contre l'humanité", ceci à la suite d'une résolution proposée par l'Union européenne. Le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU a en effet chargé vendredi une commission d'enquêter sur "les violations des droits de l'Homme" commises dans ce pays depuis l'annonce de la candidature du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat déjà controversé en avril 2015.

Une résolution en ce sens, étonnamment proposée par la Slovaquie au nom de l'Union européenne, a été approuvée par 19 voix pour, 7 contre (dont celle de la Russie) et 21 abstentions, et selon laquelle les enquêteurs devront "identifier les auteurs présumés" de ces violations et "formuler des recommandations sur les résolutions et les mesures à prendre pour garantir que les auteurs de ces actes aient à en répondre ". Par ailleurs, le Conseil des droits de l'Homme a demandé la mise en place "sans délai" de la commission et appelé le gouvernement burundais à coopérer.

Cette résolution qui ne fait pas l'unanimité au Burundi va en droite ligne avec  la publication d'un rapport de l'ONU, le 20 septembre dernier, accusant ainsi le gouvernement burundais d'être responsable de graves violations des droits humains, de façon systématique et constante. Rappelons que le texte onusien avait mis le Burundi en garde contre de possibles "crimes contre l'humanité" et un "grand danger de génocide". 

Le Burundi quant à lui critique avec  la dernière énergie cette résolution initiée par l’UE. C’est ainsi que l’ambassadeur du Burundi au Conseil, Renovat Tabu, a fustigé la résolution. Elle "contient beaucoup de mensonges, de contre-vérités et des affirmations fondés sur un rapport très contesté par mon gouvernement", a-t-il dit. Le diplomate assure que depuis Avril 2015,  "la situation s'est normalisée" dans son pays et que "la population vaque normalement à ses activités quotidiennes. Le Burundi aurait souhaité un projet négocié et regrette que l'UE ne le lui ait pas permis, malgré sa demande insistante", a-t-il ajouté. Il n'a toutefois pas précisé si son pays allait coopérer avec la commission d'enquête initiée par l'Union Européenne.