BÉNIN - RÉPRESSION : LES MANIFESTATIONS ESTUDIANTINES DÉSORMAIS INTERDITES.

 Depuis 48h, le Bénin est par l’interdiction de manifestation des associations estudiantines. Décision liberticide de la part de bons nombres d’observateurs et allant à l’encontre des libertés publiques acquises en 1990 en Afrique. Décision faisant suite à un conseil des ministres tenue le 05 Octobre. Le gouvernement de la rupture de Patrice TALON est donc décidé à museler les organisations estudiantines. Cette décision est liée aux tensions qui ont eu lieu en juillet.

Bianca FATOU

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Ces étudiants comme c’est le cas dans la plus part de beaucoup de pays africains manifestaient pour demander aux autorités le paiement des allocations universitaires et l’organisation d’examens. Plusieurs étudiants ont été arrêtés à la suite de ces manifestations et maintenus en détention pendant deux semaines, avant d’être relâchés. Soupçonnés d’avoir participé aux manifestations ils ont été interdits de s’inscrire à l’université pendant une période de cinq ans. En août déjà, l’université a décidé d’invalider l’année universitaire pour tous les étudiants de la faculté où la plupart des manifestants étudiaient ; plusieurs milliers d’étudiants sont concernés.

 

Le gouvernement de la Rupture tant souhaité  ne fait définitivement pas de cadeaux  aux étudiants. Aucun de ces regroupements n’a plus désormais le droit de manifester ses humeurs dans les quatre universités retenues dans la nouvelle carte universitaire.  « Du fait de la recrudescence des faits de violence et de vandalisme, et pour des raisons inhérentes à l’ordre public, le Conseil a pris les deux décisions suivantes : Toutes les fédérations, unions, associations, ou organisations faîtières d’étudiant sont interdites d’activité dans toutes les quatre universités nationales…», a souligné le ministre d’Etat, Secrétaire général de la Présidence, Pascal Irénée Koupaki hier. Le même Conseil a pris connaissance des résultats des enquêtes administratives sur les cas de violences et actes de vandalisme survenus sur le campus d’Abomey-Calavi, des résultats sur le mode de recrutement des organisations estudiantines d’anciens militaires et sur la délimitation de zones dites interdites au campus. Ces zones étant devenues des zones de torture. Pour finir le Conseil des ministres rappel que l’Université est un haut lieu de savoir où doivent être garanties à tout moment, la paix, la sécurité et le libre accès au campus. Tout en précisant que les conditions d’exercice d’activités et ou de reconnaissance des associations d’étudiant sont définies par décret. Interdire. Réagissant à la décision du Conseil des ministres du Bénin d’interdire les activités des associations étudiantes sur les campus universitaires, François Patuel, chargé de recherches sur l’Afrique de l’Ouest à Amnesty International, a déclaré :« Cette interdiction s’inscrit dans le cadre d’une tentative inadmissible d’étouffer la contestation légitime au sein des associations étudiantes, qui passe par des mesures répressives et d’intimidation incluant le recours à une force excessive lors de manifestations et la détention arbitraire de jeunes militants. »