BURUNDI – CPI : LE BURUNDI ENCLENCHE LA PROCEDURE DE SON RETRAIT DE LA CPI.

 

Le Burundi veut être le premier état africain à quitter la Cour Pénale Internationale. La décision a été annoncée ce Vendredi par le gouvernement de Bujumbura qui n’apprécie que très peu les récentes sorties du bureau de la procureure de la CPI Fatou Bensouda qui annonçait qu’une enquête préliminaire allait s’ouvrir à propos des violences d’Avril 2015.

Dalvarice Ngoudjou

Journaliste / Geostratege

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"Nous avons pris cette option de nous retirer de la CPI. Le projet de loi va maintenant être envoyé au niveau de l'Assemblée nationale pour adoption", a déclaré  Gaston Sindimwo, premier vice-président du Burundi. Ainsi le gouvernement de Bujumbura a enclenché ce vendredi 07 Octobre la procédure de son retrait de la Cour Pénale Internationale.

La goutte d’eau qui aurait fait déborder le vase est l’annonce, par le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU, le 30 septembre dernier, de  l'ouverture d'une enquête ciblant 12 hautes personnalités du gouvernement burundais qui seraient impliquées dans des massacres durant la crise qui a secoué le Burundi en mi 2015. Parmi eux, le ministre de la Sécurité publique et deuxième personnalité burundaise, le général Alain-Guillaume Bunyoni, le chef d'état-major de l'armée, le patron des services secrets burundais, ou encore un des chefs de cabinet du président Pierre Nkurunziza.

Surtout que le gouvernement de Pierre Nkurunziza s’était déjà senti offensé par le fait que sous la pression de certaines puissances, la procureure de la Cour Pénale Internationale, Fatou Bensouda, avait  annoncé l'ouverture d'un examen préliminaire, étape préalable à une enquête, sur les violences commises au Burundi depuis avril 2015. Dans un communiqué, la procureure de la CPI avait conclu : Après avoir examiné des rapports "faisant état de meurtres, d'emprisonnements, d'actes de torture, de viols et autres formes de violence sexuelle, ces actes semblaient relever de la compétence de la Cour et J'ai par conséquent décidé d'entamer un examen préliminaire en ce qui concerne la situation qui prévaut au Burundi depuis avril 2015" (confère  http://afrik-inform.com/index.php/fr/politiques/319-burundi-l-onu-va-enqueter-sur-les-violences-de-mai-2015)

Bien qu’un examen préliminaire ne signifie pas automatiquement une inculpation, il sert cependant à déterminer s'il existe une base solide pour ouvrir une enquête proprement dite. Mais pour le gouvernement burundais tout ceci n’est que de la machination de certaines puissances qui ont d’autres intérêts que les droits de l’homme :"On se rend parfaitement compte qu'il s'agit d'un complot, de la communauté internationale, qui vise à faire du mal au Burundi", a ajouté le premier vice-président, évoquant "la pression" exercée selon lui par l'UE sur le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU. Le vice président, M. Sindimwo a estimé vendredi, que la CPI est un "moyen politique" utilisé par la communauté internationale pour "opprimer les pays africains». Et la très grande majorité des dirigeants africains partage ce point de vue

Sur l’aspect purement juridique de cette opération de retrait de la CPI , le statut de Rome, traité fondateur de la CPI, stipule que "le retrait prend effet un an après la date à laquelle la notification a été reçue, à moins que celle-ci ne prévoie une date postérieure"