NIGERIA – LUTTE ANTI-CORRUPTION : SEPT JUGES ARRÊTÉS, PUIS LIBÉRÉS SOUS CAUTION. PRÈS D’UN MILLION DE DOLLARS SAISIS

Mis aux arrêts samedi dernier par la NSA nigériane, les 7 juges soupçonnés de corruption ont été libérés sous caution 24 heures plus tard, avec le concours du président du barreau nigérian.

Par Achille ASSAKO

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L’annonce de l’arrestation des fameux juges samedi dernier a fait du bruit dans tout le pays. Sur les 15 magistrats soupçonnés de corruption, les éléments de l’Agence de Sécurité Nationale (NSA) ont pu appréhender sept dans la journée du 8 octobre, saisissant au passage 800.000 dollars (environ 400 millions de FCFA) lors de descentes aux domiciles de magistrats à travers tout le pays. « Les fouilles ont permis de découvrir une fortune en liquide, en devises multiples, locales et internationales, ainsi que des biens immobiliers d'une valeur de plusieurs millions de nairas et des documents compromettants pour ces juges », a indiqué le Département des Services d’État (DSS) dans un communiqué. Les organismes de droits de l’Homme et le barreau du Nigeria en la personne d’Abubakar Mahmoud, ont dénoncé ces raids "dont le style rappelle la Gestapo".

Le président du barreau nigérian, Abubakar Mahmoud, a d’ailleurs fait savoir que les juges interpellés ont été libérés sous caution dimanche. Bien qu’il n’ait pas précisé leur nombre dans sa déclaration, Une source au sein de l’Agence nigériane de sécurité nationale a indiqué que les sept magistrats libérés se sont présentés au siège de l’agence lundi. Il dit ignorer la date à laquelle ils seront inculpés, ajoutant que leurs dossiers ont été confiés au procureur général. Les juges mis en cause siègent à la Cour suprême nigériane, à la Cour d’appel et la haute Cour.

Le président Muhammadu Buhari, élu en 2015, a lancé une vaste campagne anticorruption dans ce pays pétrolier visant les proches du gouvernement précédent. La décision d’arrêter les juges a provoqué un tollé dans le pays. Les critiques accusent le président Muhammadu Buhari de mener une chasse aux sorcières sous couvert de la lutte contre la corruption ; ce que réfute le porte-parole de la présidence, M. Garba Shehu, pour qui « Le président Buhari reste un démocrate, en mots et en actes ». Il assure que le président « ne prendra aucune mesure qui viole la constitution », ajoutant que « la présidence a reçu l'assurance du DSS que tout a été fait dans le cadre de la loi ».