DEVOIR DE MEMOIRE. KADHAFI : L’ESPOIR D’UN PANAFRICANISME DETRUIT

 

Mouammar Kadhafi, né en 1942 à Syrte et mort assassiné le 20 octobre 2011 près de Syrte, en Libye. Chantre incontesté du panafricanisme. Il était la voix des sans voix. L’anarchie dans laquelle vit le pays prouve bien qu’il était un «visionnaire». Cet africain, héros des temps moderne avait pris l'initiative de refuser le Dollar et l'Euro et a appelé les nations arabes et africaines à utiliser une nouvelle monnaie à la place, le Dinar Or. Il voulait aussi établir un continent africain unifié. Après avoir émis l’idée en 2000 lors du sommet de l’Organisation de l’Unité Africaine(OUA) à Lomé de concrétiser le rêve de Kwame Nkrumah et de Cheikh Anta Diop, et obtenu la création de l’Union Africaine (UA) quelques années plus tard, le guide libyen pousse le bouchon plus loin ; en poussant ses pairs à acheter un satellite africain pour que l’Afrique ait son indépendance en matière de communication. Il préfinance cet achat avec plusieurs centaines de millions de dollars américains.

Bianca FATOU

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L’impossible survie de la Lybie après Mouammar Kadhafi

La Libye reste embourbée dans la violence et une impasse politique, cinq ans après la mort du colonel Mouammar Kadhafi. L’euphorie des Printemps arabes n’est plus qu’un lointain souvenir. Les Libyens sont nostalgiques du Guide. Les conditions de vie des populations depuis la mort se sont fortement dégradées. La France, l’Angleterre et l’Amérique qui, ont fait tomber Kadhafi et son régime, ont été incapables d'accoucher et d'accompagner les premiers pas d'une nouvelle Libye. En face, l'islam politique, soutenu par le Qatar et la Turquie, notamment au travers des Frères musulmans, a fini de déstabiliser une société libyenne qui viscéralement rejetait cette idéologie. Par deux fois, lors des deux élections générales organisées durant ces cinq dernières années, les partis islamistes ont été sanctionnés dans les urnes. Mais la désorganisation et la velléité de leurs adversaires, qualifiés de «libéraux», ont toujours permis à cet islam politique de dominer les débats. Aujourd’hui, les Libyens viennent à regretter l’époque de Kadhafi. Le pays est déchiré par des luttes d'influence que se livrent dans l'impunité la plus totale les nombreuses milices, mais aussi les dizaines de tribus, composante essentielle de la société libyenne.Ce riche pays pétrolier aux frontières poreuses est devenu, depuis, un carrefour de contrebande d'armes, de drogues et surtout de trafic lucratif de migrants de l'Afrique subsaharienne, qui tentent la périlleuse traversée de la mer Méditerranée pour rejoindre l'Europe.Profitant du chaos, les djihadistes - notamment ceux de l'Etat islamique (EI) et d'Al-Qaïda - ont fait de l'immense territoire libyen un de leurs repaires. Et sur le plan politique, deux autorités rivales se disputent le pouvoir.

Mouammar Kadhafi ad vitam aeternam

Médiapart sur les notes retrouvées dans les carnets de l’ancien ministre du pétrole libyen Choukri Ghalem fait quelques révélations. A celles-ci s’ajoutent celle de son ex conseiller Patrick Buisson. Au de mois de juillet 2007- alors que le couple formé par Nicolas Sarkozy et Cécilia Ciganer n’était pas au mieux- l’épouse du tout nouveau président de la République était propulsée comme héroïne sur le devant de la scène médiatique pour avoir sorti de leur prison libyenne les infirmières bulgares détenues depuis des années. Le secrétaire général de l’Elysée Claude Guéant agissait alors en coulisse. Et se posait déjà une question : comment la France, non concernée directement par cette affaire, avait-elle pu obtenir ce qui n’avait pas été possible ailleurs, y compris en faisant intervenir la diplomatie via l’ONU se demandait-on alors ? En décembre de la même année, le colonel Kadhafi effectuait une visite de plusieurs jours en France et se voyait autorisé à poser sa tente de bédouin dans les jardins de l’hôtel Marigny à deux pas de l’Elysée. On parlait alors de la possible signature de contrats de prés 10 milliards d’euros d’exportations pour la France.

En août 2011, avec l’aide de l’OTAN, Nicolas Sarkozy et le premier ministre britannique David Cameron bombardaient la Libye et aidaient les « insurgés » libyens à capturer Kadhafi à le pistant dans sa fuite grâce à leur surveillance aérienne. En tant qu'Africains, il est difficile d’être fier au regard de la manière dont les occidentaux ont décidé d'écourter la présidence  de Laurent Gbagbo destitué avec l'appui de l'armée française. Pour Human Right Watch   la mort de KADHAFI doit-être qualifiée de " crime de guerre ". La mort du Colonel KADHAFI devrait susciter plus d'interrogations qu'elle n'en susciterait une grande vague de liesse populaire. Comme le déclarait par ''prémonition'', ce 11 mai 2011, le président  Jacob Zuma : «  des bombardements ont eu lieu en Libye alors que nous avons les moyens pacifiques  de régler le conflit. Les puissants ont dit de manière arbitraire : nous devons imposer la paix » la déchéance de Laurent Gbagbo ou de KADAHFI sont une honte pour l’Afrique. KADHAFI, A vouloir trop se déclarer indépendant et capable d'assumer l'avenir de son pays sans une contrainte occidentale lui a été fatal. Même les milliards d'achats d'armes consentis aux firmes européennes ne lui ont pas sauvé la vie.