NIGERIA- HUMAN RIGHTS ACCUSE DES SOLDATS DE VIOLS SUR DES VICTIMES DE BOKO HARAM

L'organisation Human Rights Watch (HRW) a accusé ce lundi 31 octobre des responsables nigérians, notamment des policiers et soldats. D’avoir violé et abusé de femmes réfugiées dans des camps du nord-est du Nigeria après avoir déjà été victimes des jihadistes de Boko Haram.

Bianca FATOU

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Suite à cet incident malheureux, le président nigérian Muhammadu Buhari a ordonné ce même jour l’ouverture d’une enquête après des révélations de l’ONG Human Rights Watch (HRW). Il s’est dit “choqué” de ces révélations de nature à ternir l’image de l’armée nigériane et a enjoint le chef de la police et les gouverneurs d‘État d’immédiatement ouvrir une enquête pour faire la lumières sur ces allégations. l’ONG américaine Human Rights Watch a déclaré avoir interrogé 43 femmes et filles à Maiduguri, la capitale de l‘État de Borno. Ces femmes, victimes de la secte islamiste Boko Haram, auraient été victimes de viols par des policiers ou soldats, dans des camps de déplacés. Le rapport fait également cas de victimes de ces soldats abandonnées après avoir contracté une grossesse.

Signalons que ce n’est pas la première fois que HRW met à l’indexe l’armée nigériane. En avril, l’organisation dénonçait des exécutions sommaires de l’armée nigériane contre la minorité chiite. Quelque 350 musulmans de cette communauté ont été abattus fin 2015 par l’armée, selon un rapport de l’ONG. Outre, "C'est déjà terrible que ces femmes et jeunes filles n'obtiennent pas le soutien dont elles ont tant besoin après les traumatismes effroyables dont elles ont été victimes aux mains de Boko Haram", déclare Mausi Segun, chercheur à HRW, dans un communiqué. "Mais c'est honteux et scandaleux que les personnes qui sont censées protéger ces femmes et ces filles les attaquent et abusent d'elles". Conclut –il.

Parmi, ces victimes, plusieurs ont déclaré avoir été abandonnées quand elles sont tombées enceintes. Elles et leurs enfants ont ensuite souffert de discriminations, d'abus, de stigmatisation de la part des autres habitants du camp", fustige HRW.L'organisation cite le témoignage d'une jeune fille de 17 ans, violée et mise enceinte par un policier.

« Un jour, il m'a demandé d'avoir des relations sexuelles avec lui. J'ai refusé, mais il m'a forcée. Cela n'est arrivé qu'une fois, mais je me suis tombée enceinte. Quand je lui en ai parlé, il a menacé de me tuer si j'en parlais à quelqu'un. J'étais terrorisée, et je n'ai pas porté plainte... » Raconte une victime.les hommes utilisent leur position de pouvoir et des cadeaux sous la forme de nourriture ou d'objets de première nécessité pour avoir des relations sexuelles avec ces femmes.

HRW affirme avoir en juillet recensé 43 femmes et filles dans sept camps de déplacés de Maiduguri, capitale de l'Etat du Borno (nord-est), qui ont été abusées sexuellement par des responsables de camps, des membres de milices d'autodéfense, des policiers et des soldats. 

Quatre victimes interrogées par l'organisation de défense des droits de l'homme ont affirmé avoir été droguées et violées.  Trente-sept autres ont rapporté avoir été conduites à avoir des relations sexuelles avec ces responsables en échange de fausses promesses de mariage ou d'aide médicale et financière.