SOUDAN – DIPLOMATIE : LES ÉTATS-UNIS PROLONGENT LEURS SANCTIONS D’UNE ANNÉE

Washington dénonce notamment les tactiques du pouvoir soudanais dans le conflit qui l’oppose à des minorités rebelles dans la région du Darfour. La maison blanche a prolongé d’un an ses sanctions à l’encontre du Soudan, mais n’exclut pas de les lever à n’importe quel moment si des progrès sont accomplis par ce pays, a appris l’AFP, mardi 1er novembre, de sources officielles.

Par la rédaction

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Le Soudan est soumis depuis 1997 à un embargo commercial de la part des États-Unis qui accusaient alors Khartoum de soutenir des groupes islamistes violents. L’ex-chef du groupe djihadiste Al-Qaida, Oussama Ben Laden, était basé à Khartoum entre 1992 et 1996. Par la suite, les États-Unis ont dénoncé les tactiques du pouvoir soudanais dans le conflit qui l’oppose à des minorités rebelles dans la région occidentale du Darfour. Tard lundi soir, le président américain Barack Obama a annoncé avoir prolongé ces sanctions d’un an à compter de jeudi. « Les actions et la politique du gouvernement du Soudan continuent de poser une menace extraordinaire à la sécurité nationale et à la politique étrangère des États-Unis », a expliqué le président dans un communiqué. Cette prolongation a surpris à Khartoum, où des diplomates s’attendaient à un assouplissement de la position des États-Unis, surtout après les visites régulières de l’émissaire américain pour le Soudan, Donald Booth.

« Levée des sanctions »

L’ambassade des États-Unis à Khartoum a toutefois précisé que cette prolongation « ne préjuge pas de la possibilité pour le président de décider d’une levée des sanctions à n’importe quel moment dans le futur ». Washington veut poursuivre son dialogue avec Khartoum, a ajouté la représentation américaine. Le conflit au Darfour reste un sujet sensible dans les relations entre les États-Unis et le Soudan. En septembre 2015, les États-Unis avaient refusé d’accorder un visa au président soudanais Omar A-Bachir pour assister à l’Assemblée générale des Nations unies à New York en raison du mandat d’arrêt émis par la Cour pénale internationale (CPI) à son encontre.

Omar Al-Bachir est recherché par la CPI, premier tribunal permanent chargé de juger les plus graves violations des droits humains pour des accusations de génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité au Darfour. Cette région est le théâtre d’un conflit sanglant depuis 2003, quand des insurgés issus de minorités ethniques ont pris les armes contre le pouvoir de Khartoum, aux mains de la majorité arabe. Le président Al-Bachir avait alors lancé une contre-insurrection violente. Depuis, l’ONU estime que les combats ont fait au moins 300 000 morts et 2,5 millions de déplacés.