CAMEROUN-POLITIQUE : GREVE DES AVOCATS ANGLOPHONES LE CPP SOUTIENT LES MANIFESTANTS ET APPEL A UNE TRANSITION POLITIQUE

Dans un communiqué signé ce Vendredi 11 Novembre, Le Cameroon People Party saisi le prétexte de la grève des avocats pour appeler à une transition politique au Cameroun. Le mardi, 8 Novembre les avocats anglophones se sont rassemblés devant la cour d'appel de Bamenda pour annoncer la création d'un nouveau barreau uniquement pour les avocats anglophones.

En grève depuis le 11 octobre dernier, ces avocats anglophones protestent contre l'inexistence, dans leur pays, d'une version anglaise des «actes uniformes» de l'Organisation pour l'harmonisation en Afrique du droit des affaires (OHADA), du Code Cima (Conférence Internationale des Marchés d'Assurance), de la réglementation de la Cemac (Communauté Economique et Monétaire de l'Afrique Centrale) et d'autres textes de loi. Depuis le début des revendications le 11 octobre 2016, ces avocats sont absents de tous les tribunaux du Nord-ouest et du Sud-ouest, les deux régions anglophones du pays. Une situation qui perturbe le déroulement de certains procès. Les avocats des deux régions anglophones constituent près d'un tiers des avocats inscrits au barreau du Cameroun.

Fort de ce constat le CPP décide de prendre ses responsabilités à travers un communiqué dont voici la teneur.

Le 8 novembre, les avocats de Common Law de Bamenda, habillés de leurs robes,  organisent une marche de protestation non violente à Bamenda, pour mettre en lumière les problèmes fondamentaux qui entravent le bon exercice de leur profession :

-  La non-traduction de lois et de documents juridiques en anglais au moment de leur publication (Code pénal, OHADA, etc.) ;

- La nomination de juristes (juges, huissiers, etc.) dans les deux régions anglophones qui ne maîtrisent pas la langue anglaise ;

-  Etc.

Les avocats ont continué à exprimer la frustration générale ressentie par la population anglophone qui, depuis l'indépendance, a connu une discrimination continue et a été reléguée à une classe secondaire de la citoyenneté. Leur protestation pacifique a été accueillie avec des gaz lacrymogènes et la violence de la police. Une fois de plus au Cameroun, les manifestants non violents ont été soumis à la violence de l'État. Le Cameroon People’s Party(CPP) dénonce ce déploiement de la violence de l'État contre les manifestants non violents, d'autant plus que ceux-ci sont des membres de la profession qui est censée défendre la justice dans notre nation.

Le CPP croit que la crise de la réunification est réelle et a été gravement exacerbée dans le cadre du régime Biya. Les Camerounais originaires de ce qui était auparavant le Southern Cameroon sont tellement frustrés que beaucoup envisagent la solution de la sécession. La croissance de ce mouvement sécessionniste est le résultat direct de la mauvaise gouvernance du Régime Biya.

Le CPP reconnaît et admet la profondeur de cette frustration. Nous faisons cependant appel à tous les Camerounais/es. Nos ancêtres se sont battus pour la liberté et la réunification. Leur vision était un Cameroun uni et fort. Nous croyons en cette vision. Ne détruisons pas notre vision parce que notre nation a été détournée par un petit groupe de personnes qui ont pillé notre pays au cours des 34 dernières années.

Nous allons plutôt nous unir et créer les conditions pour la Transition Politique au Cameroun. Notre pays a besoin de ce moment où nous allons nous réunir et définir comment nous vivrons ensemble en tant que citoyens, équitablement, dans le plein respect de notre diversité. La transition politique nous permettra de dialoguer en tant que nation sur les principaux piliers de notre nation et de notre démocratie. La question de la réunification est l'une de ces questions fondamentales.

Nous soutenons et encourageons non seulement les avocats de Common Law, mais tous les Camerounais qui sont d'accord avec les questions clés qu'ils soulèvent, à continuer fermement dans la protestation non violente. Nous les exhortons à nous rejoindre à #StandUpForCameroon comme nous:

1. Porter  le Noir chaque vendredi pour exiger des droits fondamentaux pour les Camerounais et la Transition Politique pour le Cameroun

2. Regrouper les différents groupes de notre société qui ont été marginalisés et discriminés pour réclamer leurs droits.

Ce vendredi 11 novembre, nous porterons du noir à l'appui des avocats de Common Law et de toutes les manifestations non violentes au Cameroun!

#WearBlackThisFriday #StandUpForCameroon #DeboutPourLeCameroun

 (è) Kah Walla

Présidente Nationale 

Franck Essi

Tel : (+237) 675 50 04 24 / (+237) 695 41 38 70

Douala, Cameroun.