DEVOIR DE MEMOIRE : CASTRO LE « FIDEL » AMI DE L’AFRIQUE

Ernesto Rafael Guevara naquit le 14 juin 1926 à Rosario en Argentine (Dans la même ville que Lionel Messi).Il décède le samedi 27 Novembre à l’âge de 90 ans. Le leader charismatique de la lutte contre l’impérialisme aligne incontestablement l’un des meilleurs indicateurs de développement humain, par son système de santé performant et son système éducatif inclusif. Se targuait d’avoir vu défiler 11 présidents américains et d’avoir échappé à 638 tentatives d’assassinat. Dès son premier discours, le 2 septembre 1960, il déclarait que Cuba était non seulement latino-africain mais aussi latino-africain. Nelson Mandela lui a réservé sa toute première visite après sa sortie de prison. Pour son soutien militaire à la lutte contre l’apartheid : Fidel Castro brisa le mythe de l’invincibilité des oppresseurs blancs. Une inspiration pour tous ceux qui luttaient contre l’impérialisme en Afrique.

Guy Hervé Fongang

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Cuba et son combat Africain

Mort à l’âge vénérable de 90 ans, le samedi 27 Novembre, Fidel Castro aura été à la fois l’un des personnages les plus adulés et les plus controversés du 20ème siècle. Aussi bien diplomatiquement que militairement, Cuba a joué un rôle non négligeable en Afrique pendant la seconde moitié du XXe siècle et c’est en Afrique australe en particulier que Cuba a pesé le plus dans la balance géopolitique de la région. Nelson Mandela ne s’y est pas trompé. Sa toute première visite officielle, une fois libéré, s’est faite à La Havane. Non contents d’inspirer des révolutionnaires dans de nombreux pays, Cuba offrait son aide à ceux qui se battaient contre des régimes ennemis. Cette aide prenait la forme d’armes, de formation militaire, d’aide financière et organisationnelle avec par exemple la tenue du 7e congrès du parti communiste sud-africain à Cuba en avril 1989.Cuba, avec le soutien de l’URSS, était l’un des belligérants essentiels en Afrique. Ce phénomène illustre bien comment la guerre froide était menée indirectement par les États-Unis et l’URSS par pays interposés. Par exemple, dans son journal du Congo, Che Guevara raconte comment les Cubains et lui-même étaient impliqués dans la rébellion «Simba» au Congo-Kinshasa en 1964. En envoyant des instructeurs militaires, Fidel Castro espérait instaurer une guérilla du même type que celle que Cuba avait connue. Même si cette opération s’est avéré un échec, ce soutien est devenu très symbolique de la détermination de Cuba d’exporter la révolution à travers le monde. C’est aussi militairement que Cuba a fait la différence en Afrique australe. En battant les armées de l’Afrique du Sud, les 50 000 soldats cubains ont réussi pendant les années 1980 à favoriser l’émergence d’un régime communiste dans l’ancienne colonie portugaise de l’Angola. La bataille de Cuito Cuanavale symbolise cet engagement militaire cubain et encore aujourd’hui le gouvernement de l’Afrique du Sud la considère comme le début de la fin de l’Apartheid. Avec l’entremise des États-Unis de Ronald Reagan, Cuba, l’Angola et l’Afrique du Sud ont signé en décembre 1988 des accords tripartites qui mirent fin au conflit. Presqu’un an avant la chute du mur de Berlin, c’était la fin de la guerre froide en Afrique. Grâce à ces accords, les soldats cubains rentraient chez eux et la Namibie toujours sous le joug sud-africain obtenait son indépendance. L’Afrique du Sud n’était plus qu’entourée de régimes ennemis qui avaient donné le droit de vote à toute leur population. Les jours de l’Apartheid étaient comptés.

Fidel Castro l’Africain

Mort à l’âge vénérable de 90 ans, Fidel Castro aura été à la fois l’un des personnages les plus adulés et les plus controversés du 20ème siècle. Le lider maximo, qui a vu défiler 11 présidents américains et se vantait d’avoir échappé à 638 tentatives d’assassinat ourdies par la Cia. Bien que formé chez les Jésuites, Fidel n’était pas pour autant un enfant de chœur. Il a immensément contribué à la libération de quelques pays africains.  Son combat débute avec son soutien à Patrice Emery Lumumba dans son combat pour arracher le Congo des mains de l’impérialisme occidental, symbolisé par le colonialisme belge dans un pays quatre-vingts fois plus grand que la Belgique du roi Léopold, qui en fit sa «  propriété personnelle  » Après l’assassinat de Lumumba, Castro dépêchera son alter ego Ernesto Che Guevara au Congo, avec une poignée d’anciens de la Sierra Maestra,  pour y animer, une rébellion lumumbiste qui tournera toutefois court, à cause de l’impéritie d’un certain Laurent Désiré  Kabila.  Plus tard Fidel Castro apporta aussi une part décisive à la lutte de libération de Guinée Bissau conduite par Amilcar Cabral contre les colons portugais du régime fasciste de Salazar.  Outre , Commandant en chef de l’artillerie du Paigc (Parti Africain pour l’Indépendance de la Guinée et du Cap Vert) pendant la guerre de Libération, ce  métis cap-verdien recevra une formation pointue à Cuba, qui lui permettra de clouer au sol l’aviation portugaise, après avoir détruit, en une seule journée, quatre aéronefs grâce aux redoutables missiles Sam 7 fournis par Moscou. Cette déroute conduira  le Portugal à précipiter son retrait de la Guinée Bissau, le seul  pays à s’être libéré par les armes en Afrique de l’Ouest. 

Mais c’est sans doute en Angola que Fidel Castro a écrit l’une des pages les plus brillantes de sa très longue carrière de révolutionnaire et de héraut du tiers monde.  Dès 1975,  il déclenche «  l’opération  Carlotta  », du nom d’une esclave noire qui mena une insurrection à Cuba, pour venir en aide au Mpla (Mouvement pour la Libération de l’Angola), menacé par l’Unita (Union Nationale pour l’Indépendance Totale de l’Angola) de Jonas Savimbi, soutenu par les États-Unis, mais surtout par le régime raciste d’Afrique du Sud. L’engagement de près de 35.000 soldats cubains commandés par le brillant général Arnoldo Ochoa. La bataille de Cuito Cuanavale, épisode injustement méconnu et tournant majeur de la Guerre froide, signa le début de la fin pour le régime de l’apartheid. Les terribles pertes essuyées de part et d’autre, dans cette localité de l’Angola, par les troupes cubaines et sud-africaines, conduiront à un accord de paix entre La Havane et Pretoria : le retrait des troupes cubaines d’Angola contre l’indépendance de la Namibie sous occupation sud-africaine. Cettepression  de Cuba, qui accueillit aussi dans des camps d’entrainement bon nombre de cadres de l’Anc, aboutira à l’un des évènements les plus considérables du 20ème siècle : la libération de Nelson Mandela.  Ce grand homme, réservera son  premier déplacement à Cuba, rendant un vif hommage à Castro et aux soldats cubains tombés en Angola.