ENERGIE: LES CAMEROUNAIS SONT-ILS DES GASPILLEURS PATENTES ?

 

Le Président de la République S.E Paul BIYA n’a cessé de le marteler haut et fort dans certaines de ses sorties médiatiques, « l’énergie se situe au cœur de tout processus de développement »

Patrick clementOyieh

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L’énergie est un atout incontournable pour le développement d’un pays, de part son importance cruciale dans plusieurs secteurs socio économico professionnels.

En effet, pendant la révolution industrielle du XIXème siècle, l’énergie est très vite devenuele carburant exclusif des grandes puissances économiques mondiales, cequi a boosté plusieurs secteurs comme l’industrie, les transports, l’agriculture, les communications, les loisirs, le bien être des populations, la découverte des nouvelles technologies et bien d’autres encore.

Très rapidement, les sources d’énergie (charbon, pétrole…), au départ considérées comme potions magiques capables de produire de l’électricité, faire mouvoir les trains et les bateaux sont très vite devenues rares et toxiques à telle enseigne que de nos jours l’utilisation du pétrole dans les transports par exemple est soumise à une foule de taxes extrêmement sévères dans les pays développés.

Certains pays avant-gardistes ont très vite compris que le pétrole perdait peu à peu son statut d’ « or noir ». Ils ont commencé à opérer une transition vers des systèmes d’économie d’énergie et de recherche et développement des nouvelles sources d’énergie « propre », ainsi que des modes de transport et machines de moins en moins gourmandes en énergie.

En Afrique, et plus particulièrement dans notre pays, nous subissons la pression due à la rareté des produits pétroliers sur la scène mondiale. Les récentes hausses des prix du carburant et du gaz sont là pour le confirmer. Cependant, pour réaliser ses objectifs d’émergence, le Cameroun a besoin de toute l’énergie disponible, et les populations ont besoin d’une énergie bon marché, ce qui devient chose impossible puisque l’énergie chez nous, quand elle est disponible, coûte cher. Au final, certains secteurs industriels très capitaux pour notre développement restent inenvisageables à mettre en place  vu leur très grande consommation énergétique.

DES SOLUTIONS ?

Comme solution à cette épine qui nous foire le pied, le Gouvernement est formel : aux grands maux les grands remèdes ! Puisqu’il n’y a pas assez d’électricité, produisons-en plus ! C’est ainsi que très vite, le Cameroun a élaboré un véritable plan de bataille contre la pénurie d’énergie en général et d’électricité en particulier en mettant sur pied plusieurs projets de barrages hydroélectriques et de centrales thermiques pour porter d’ici 2020 la capacité de production installée à 3 000 Mégawatts contre les 1 200 Mégawatts actuels. D’autres projets sont actuellement en étude, notamment le projet de la Centrale Hydroélectrique de Nachtigal et bien d’autres qui, à terme, permettront au Cameroun, 2ème plus grand pays Africain à potentiel hydroélectrique, d’atteindre sa stabilité énergétique.

LE HIC

Pendant que tous les regards sont tournés sur les inaugurations et pose des premières pierres, les Camerounais continuent de gaspiller de l’énergie.En effet, il est aberrant de constater que, du plus haut sommet de l’Etat aux couches sociales les plus défavorisées, le gaspillage énergétique soit un usage qui nous colle à la peau et nous ronge à petit feu sans que nous nous en rendions compte.

Dans le secteur public, une étude réalisée par une société d’efficience énergétique a révélé qu’en 2011, 40% de l’électricité consommée dans les bâtiments publics était vouée au gaspillage. Ce chiffre est très alarmant mais peu surprenant quand, dans nos visites dans les services publics nous pouvons constater par milliers des signes de débauche d’électricité (éclairage en plein jour, bureaux inoccupés climatisés ou chauffés, branchements anarchiques, éclairage public diurne etc.). Au final, nous pouvons tout simplement constater que l’Etat paie beaucoup de milliards chaque année… parce qu’on a oublié d’éteindre la lumière !

Dans le secteur privé et les ménages c’est le même constat. Bon nombre d’entre nous ont sûrement constaté que nos factures d’électricité vont crescendo ; la faute n’est pas toujours au compteur électrique. Avec la banalisation fulgurante de l’utilisation des appareils électriques et électroniques, les ménages ont très vite fait de se retrouver avec une armée d’équipements énergivores prêts à faire grimper le compteur au rideau.

En plus de tout ce qui précède, l’origine des appareils électriques utilisés dans nos administrations, sociétés et ménages est un facteur d’inquiétude à prendre très au sérieux. Par exemple, une ampoule à incandescence de 100 Watts consomme environs 600 Francs CFA d’énergie chaque mois pour la durée de vie que vous savez. Par contre, une ampoule LED de 09 Watts qui a une meilleure brillance et une longévité à toute épreuve fera du 180 Francs CFA par mois à tout casser. En multipliant ces chiffres, nous nous rendons très vite compte des économies phénoménales que nous ferions si nous utilisions des équipements moins gourmands. Cela s’applique également aux climatiseurs, réfrigérateurs, plaques de cuissons, téléviseurs etc…

POUR LE MEILLEUR DES MONDES…

En plus de construire des Centrales, le Gouvernement a compris qu’il ne servait à rien de produire plus pour tout gaspiller. C’est pour cette raison que depuis 2012 il existe au MINEE une toute nouvelle Direction chargée de l’efficience énergétique qui aura certainement pour mission de réfléchir sur les stratégies adéquates de gestion parcimonieuse de notre précieuse électricité par exemple.

Pour le meilleur des mondes, il serait judicieux que le Gouvernement continue son action pour aider le pays à épurer sa consommation énergétique, notamment :

-          En élaborant une stratégie nationale de réduction de la consommation dans les bâtiments publics

-          En éduquant les populations sur les avantages de l’économie de l’énergie (sensibilisation du personnel public sur des gestes économiques simple, sensibilisation des élèves etc.),

-          En réglementant l’importation des équipements énergivores (interdiction d’ampoule à incandescence, de gaz réfrigérants à faible rendement, de véhicules polluants etc.),

-          En facilitant l’accès ou même en subventionnant les équipements économiques (éclairage basse consommation etc.)

-          Entre autres...

Ces mesures mises en place, les Camerounais seront moins exposés à la sous-industrialisation, au sous-développement et aux délestages. Nous pouvons construire des centaines de centrales électriques mais nous serons toujours dans le noir si nous ne savons pas éteindre quand nous avons fini.