GAMBIE: LA COUR SUPRÊME DÉFIE LA CEDEAO, ET MAINTIEN YAHYA JAMMEH AU POUVOIR.

Yahya Jammeh pourrait gagner encore du temps à la tête de la République de Gambie, car, la Cour suprême aurait précisé que, selon le calendrier judiciaire républicain, cette instance suprême ne peut siéger, comme prévu, qu’aux mois de mai et de novembre, mai pas en janvier. 
  
D’après un document officiel prêté à la Cour Suprême gambienne signé par le juge nigérian Walter S.N. Onnoghen, l’instance fédérale avoue qu’elle ne pourrait siéger qu’aux mois de mai et novembre comme le stipule la législation judiciaire en vigueur en Gambie. 
 
  
Pourtant, c’est ce 10 janvier que la Cour suprême (reconstituée dernièrement) devait étudier l'appel de Yahya Jammeh concernant les résultats de la présidentielle. 
  
Cette Cour suprême en léthargie depuis 20 mois, via un communiqué, a ainsi précisé ne pouvoir siéger qu’aux mois de mai et novembre et a prié les différents acteurs politiques à respecter le calendrier judiciaire républicain. 
 
  
Dans cette logique, Adama Barrow, censé prendre ses fonctions le 19 janvier, devra encore patienter avant d’humer l’air du palais et Yaya Jammeh devra aussi continuer à assumer ses fonctions de Président de la République jusqu’au moins le mois de mai prochain. 
 
Le début de la procédure va donc débuter dans cinq mois et il y aura toujours ce vide juridique qui confortera Yahya Jammeh dans sa position d’homme fort de la Gambie d’ici mai ou novembre. 
 
  
Reste maintenant de savoir quelle sera la posture de la communauté internationale, puisque la CEDEAO a décidé de ne pas envoyer de forces militaires. Une rencontre avec Yahya Jammeh est d’ailleurs prévue ce mercredi à Banjul.
 
Dans l'opposition, on s'interroge par ailleurs sur la neutralité de cette juridiction dont les membres sont nommés par le président sortant, de fait donc juge et partie. « Mais qui donc accepterait le verdict d’une Cour créée illégalement pour simplement prolonger des lois dictatoriales ? », s’indigne une coalition de l’opposition en exil.
 
 
Carlos Thié
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