Cameroun : Gestion de la ville de DOUALA

 

Douala dispose d’un Plan Directeur d’Urbanisme (PDU) et un Plan d’Occupation des Sols (POS)

Par Rodrigue TCHOKOUAHA

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Le Délégué de la Communauté Urbaine de Douala Dr Fritz Ntonè Ntonè a convié les hommes et femmes de médias à un point de presse. C’était le 10 Novembre dernier dans une des salles de conférence de ladite Communauté. L’objectif était de faire passer auprès du public le message selon lequel Douala dispose désormais d’un Plan Directeur d’Urbanisme (PDU) et d’un Plan d’Occupation des Sols (POS).

Contexte

Le Dr Fritz Ntonè Ntonè a commencé par planter le décor par rapport au contexte de désordre et d’insalubrité qui prévaut au sein la ville. Depuis les années 80, 90 jusqu’à 2000, la ville de Douala à la suite d’une poussée démographique incommensurable, a connu un profond dérèglement dans son urbanisation et son fonctionnement. Les populations à la recherche d’un lopin de terre, d’un logis ou pour l’implantation de leurs activités, se sont installées n’importe comment, à l’emporte-pièces, de façon anarchique. Au cœur même de la ville, c’est le phénomène du désordre urbain qui bat son plein. La recherche de la survie et du pain quotidien a poussé les populations à la faute et à la bêtise. Et fort heureusement, les autorités ont compris cela et pratiquent par conséquent la tolérance. Elles utilisent le bâton et la carotte, ou ménagent le chou et la chèvre. Il est question maintenant de maîtriser la croissance de la ville ou du moins, réadapter les choses, rattraper le retard perdu depuis plus d’une quinzaine d’années.Alors que dans les années 50-60, la ville disposait d’un plan d’urbanisation qui répondait aux besoins de l’époque, ceci à la faveur de la décolonisation et du recasement des populations qui venaient de l’arrière-pays pour s’installer. On avait alors des quartiers tels que Bonanjo le quartier administratif, Akwa le centre commercial, Deido le quartier des autochtones sawa, New Deido un quartier recomposé, Bassa la zone industrielle, New-Bell le quartier des allogènes pour ne citer que ceux-là. Douala avait au moins une configuration bien distincte. Aujourd’hui, tous ces quartiers ont été dilués par d’autres occupations. Il fallait donc repenser la ville de Douala.

La reprise en main

En 2006, à la faveur des fonds PPTE avec les pays partenaires, il a été conçu un canevas dans lequel la ville devrait désormais se développer. Ce canevas sert désormais de gouvernail et de plan directeur pour qui quiconque voudrait s’installer ou obtenir un lopin de terre. Mais d’emblée, le Délégué a précisé qu’il ne s’agit pas de déguerpir ceux qui sont déjà installés dans la mesure où la loi n’est pas rétroactive, mais qu’il s’agit d’attirer l’attention pour ceux qui veulent s’installer, qui ont les dossiers en cours, ou qui auraient l’intention de s’installer. Ainsi donc, la ville dispose désormais d’un plan directeur d’urbanisme, de même qu’un plan d’occupation des sols. Chaque zone de la ville est destinée à un type d’occupation. Plus d’anarchie. Même si c’est le Ministère des domaines et des affaires foncières qui délivrent les titres fonciers, il revient à la Communauté Urbaine d’en préciser l’usage de l’espace ou d’en orienter. Pour être beaucoup plus précis, il existe une panoplie de documents que l’usager de la ville aura à demander lorsqu’il voudra acquérir un lopin de terre, ériger une construction ou en modifier. Ces documents sont : le certificat d’urbanisme, le permis de construire, le certificat de conformité, l’autorisation de lotir, et le permis de démolir.

Parallèlement à l’occupation des sols, il existe un plan de développement des infrastructures routières pour desservir les différents coins de la ville, à l’horizon 2025. La réhabilitation ou la modernisation des infrastructures existantes, l’adressage progressif et complet de la ville. Tout ceci vise un triple objectif : rendre attractive et compétitive la ville de Douala pour les hommes d’affaires, maîtriser la préservation de l’environnement et le développement durable, améliorer la gouvernance urbaine. Ainsi donc, d’ici à l’horizon 2025, les projets à réaliser dans la ville de Douala s’étalent sur 1400 milliards de FCFA, à raison de 100 milliards à consommer par an. Sauf qu’on ne sait à ce niveau si le Dr Fritz Ntonè Ntonè sera toujours Délégué du Gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Douala. C’est comme l’émergence tant prônée à l’horizon 2035 pour tout le Cameroun. Les successeurs peuvent toujours modifier ou même changer complètement les données.