Un peuple qui aime la jouissance et la tranquillité est un peuple « mougou »

Loi de finances et vie plus chère en 2016

Le titre de cet article transparait clairement des déclamations de Delors Magellan Kamgaing de la Ligue Camerounaise des consommateurs (LCC), c’est au lendemain de l’adoption par les députés du projet de loi de finances 2016 dont l’article 2 fait sauter l’exonération des taxes et droits de douanes sur le riz importé. Ce qui aura pour conséquence logique et immédiate l’augmentation du prix du riz sur le marché en 2016. En effet, les députés de la Nation ont voté cette loi, sans considération du peuple dont ils sont censés défendre les intérêts à l’Assemblée nationale, tandis que ce peuple est lui aussi amorphe et préoccupé par la recherche de sa pitance pour la jouissance et la subsistance.

par Rodrigue TCHOKOUAHA

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Président de la ligue camerounaise des consommateurs.

Lors de la session de novembre et décembre consacrée au vote du budget 2016 de l’Etat du Cameroun, les députés de la nation ont balayé d’un revers de la main l’ensemble des pétitions et plaidoyers déposées par diverses associations pour la défense des intérêts de la population.

La redevance forestière

C’est le plaidoyer qui a ouvert le bal des sollicitations des députés. Il était mené conjointement par l’Association Forêts et Développement (Foder) et l’Association des  chefs traditionnels du Cameroun. Le plaidoyer demandait l’annulation de la loi 2014/026 du 23 Décembre 2014 portant loi de finances 2015 de la République du Cameroun. Cette loi est venue mettre un terme aux 10% qui revenaient aux communautés villageoises dans le cadre du recouvrement de la redevance forestière. L’Etat avait 50%, les communes 40%, et les communautés villageoises 10%. Cette loi a supprimé les 10% pour attribuer 45% au Communes et 5% en termes de primes versées aux agents de recouvrement des impôts et taxes de l’Etat. Le plaidoyer revendiquait que soient rétablis les 10% destinés aux Communautés villageoises. Les députés n’en ont pas tenu cas.

Le riz taxé au prix fort

Autre plaidoyer, et non des moindres, c’est celui portant sur la levée de l’exonération des taxes et droits de douanes sur le riz importé. Celle-ci aura pour conséquence logique en 2016, l’augmentation du prix du riz sur le marché, que soit le riz localement cultivé, ou celui importé. Puisque manifestement le relèvement de l’un entraine la hausse de l’autre. Le projet de loi de finances déposé par le gouvernement via le ministère des finances, visait l’amendement, c’est-à-dire l’abrogation de l’ordonnance du 7 mars 2008 exonérant taxes et droits de douanes sur le prix du riz importé. Le kilogramme qui coûte en ce moment au bas mot 400 FCFA, devrait passer à 550 voire 600 FCFA, soit 200 FCFA d’augmentation, ce qui est gros pour les populations et pour le riz qui est la denrée la plus consommée par elles. Les députés ont voté le projet de loi telle quelle, sans tenir compte du plaidoyer et de la pétition de la Ligue Camerounaise des Consommateurs (LCC), laquelle ligue a demandé aux députés de penser à l’intérêt de la population au moment du vote de cette loi. Tel n’a pas été le cas.

Les députés se sont comportés comme à l’accoutumé. Ils n’ont pas la préoccupation des intérêts du peuple. Ils s’alignent constamment sur les décisions du gouvernement, et c’est le petit peuple qui subit les frais. Cela a été le cas pour l’augmentation du prix des carburants, l’augmentation du prix des transports, et l’année dernière à la même période, l’augmentation des droits d’accise sur le prix de la bière.

De toutes ces augmentations, le peuple n’a jamais regimbé, hormis les émeutes de février 2008 où les camerounais ont eu du mal à supporter une semaine de grève ; et les prix continuent d’augmenter sur les marchés, ajoutée à cela la malhonnêteté de certains commerçants, et la vie devient de plus en plus chère. Quand on interroge certains compatriotes sur leur passivité, ils disent militer pour la paix sociale. Mais seulement, ils ne savent que la paix sociale a un prix à payer. Ou le plus fort, ou le moins disant.

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