COTE D’IVOIRE : SOUS LA PRESSION, LE GOUVERNEMENT FAIT LIBÉRER LES SIX JOURNALISTES EMPRISONNÉS .

 
Les Six journalistes ivoiriens dont trois patrons de presse qui ont été interpellés et incarcérés dimanche dans un camp de gendarmerie d'Abidjan pour "divulgations de fausses informations" sur la récente mutinerie de soldats viennent d'être libérés. Une nouvelle qui plaira aux organisations de journalistes qui se sont mobilisées pour faire pression sur le gouvernement et obtenir la libération des accusés.
Achille Assako
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Sous la pression des organisations de journalistes qui dénonçaient une « atteinte grave à la liberté de la presse », Vamara Coulibaly (directeur du quotidien Soir Info), Yacouba Gbané (directeur de Le Temps), Ziao Amadou (de l'Inter) et Franck Bamba Mamadou (Notre Voie), qui répondaient à une convocation de la gendarmerie et qui avaient été arrêtés puis incarcérés dans un camp de gendarmerie d’Agban à Abidjan viennent d’être libérés.
 
Ces patrons étaient détenus en même temps que leurs collaborateurs dont le rédacteur en chef de l'Inter, Jean Bédel Gnago (Soir info) et Ferdinand Bailly (Le temps), des arrestations  confirmées par un communiqué du procureur de la République lu sur la télévision nationale.
 
Ceci faisait suite aux récents mouvements d'humeurs des militaires et aux révélations faites par certains organes de presse portant sur des sommes qui seraient versées à certains groupes de soldats pour taire la mutinerie, des « informations de nature à inciter les soldats à la révolte », selon le communiqué du procureur de la République qui relevait aussi que « Ces agissements tombent sur le coup de la loi qui réprime l'incitation des militaires à l'insoumission et à la rébellion, les atteintes à l'autorité de l'Etat et la publication d'informations fausses se rapportant au secret de la défense et de la sûreté de l'Etat ».
 
En rappel, les soldats des Forces spéciales ivoiriennes qui s'étaient mutinés mardi 07 Février dans leur base d'Adiaké, à 90 km à l'est d'Abidjan pour réclamer des primes, avaient mis fin à leur mouvement jeudi le 09 Février dernier, en déclarant « regretter de s’être laissé emporter » avant de présenter leurs excuses aux autorités. Mais déjà, début janvier, la Côte d'Ivoire avait été secouée par une mutinerie d'anciens rebelles intégrés dans l'armée, qui avaient paralysé plusieurs villes pour réclamer le paiement de primes. En répondant à leurs revendications, par versement des primes à 8.500 de ces membres de l'ex-rébellion ivoirienne ayant contrôlé le nord du pays entre 2002 et 2011, les autorités avaient provoqué la colère de militaires et gendarmes non concernés par cet accord financier, qui s'étaient à leur tour mutinés. Des affrontements avaient fait quatre morts à Yamoussoukro (centre).
Bruno Koné, le ministre de la Communication s’est félicité de cette libération.