CAMEROUN – CRISE ANGLOPHONE: INTERNET TOUJOURS COUPÉ DANS 2 RÉGIONS

Internet est toujours totalement coupé depuis plus d'un mois dans les deux régions anglophones du Cameroun en conflit avec le pouvoir de Yaoundé, une durée sans précédent en Afrique, d'après l'ONG Internet sans frontières. Mais, la mobilisation contre cette coupure grandit.
 
Par Habib Hassan
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Proches du Nigeria, les deux régions anglophones du Sud-Ouest et du Nord-Ouest sont secouées depuis novembre par des troubles. Les protestataires réclament le retour au fédéralisme voire l'indépendance pour une minorité d'entre eux. Alors que les leaders de la contestation dénoncent la marginalisation de la minorité anglophone (environ 20% des quelque 22 millions d'habitants du Cameroun) par rapport à la majorité francophone, le gouvernement a entrepris de couper internet dans ces deux régions, pour lutter contre la propagation des fausses nouvelles, …
 
 
Cette coupure est définitivement la plus longue d’internet sur le continent… Un record de plus d’un mois. « Internet est totalement indisponible, sauf à investir dans du matériel satellite qui coûte extrêmement cher », a indiqué l'avocate Julie Owono, responsable Afrique de l'ONG française Internet sans frontières.  Des enseignants d’université le confirment, « Internet est toujours coupé dans la ville de Bamenda », la capitale du Nord-Ouest, l'une des deux régions anglophones sur les dix du pays.
 
Certains, en cas d’urgence, cas par exemple de mails professionnels à envoyer, sont obligés de se déplacer pour la région voisine de l'Ouest. D’après des spécialistes, cette coupure internet dans les deux régions anglophones aurait déjà potentiellement fait perdre 1,35 million de dollars (environ 800 millions de Fcfa) à l'économie du Cameroun en même temps qu’elle risquerait de creuser le fossé entre anglophones et francophones. La coupure internet a été annoncée le 19 janvier par les opérateurs à leurs abonnés dans ces deux régions, alors que le gouvernement avait lancé une campagne contre la diffusion de fausses informations sur les réseaux sociaux. Dans le même intervalle, il a été établit que les protestataires se servaient des réseaux sociaux pour communiquer.
 
Pour amener internet dans cette zone, la mobilisation a commencé. Sur Twitter par exemple, une campagne #Bringbackourinternet (rendez-vous notre internet) en faveur des anglophones du Cameroun a reçu le soutien du lanceur d'alerte américain Edward Snowden.
 
Un tour dans l’histoire nous rappelle que rien qu'en 2016, internet a été coupé lors d'élections dans plusieurs pays africains (Tchad, Congo, Gabon, Gambie...). Au Gabon, internet avait été totalement coupé pendant quelques jours après le scrutin du 27 août, puis rétabli la journée de 06h00 à 18h00 jusqu'à fin ssep avant une reprise totale d'activité.