Banda Kani taxe le Pdg d’Afrique Média de commerçant

 

Le fondateur du Nouveau Mouvement Populaire (NMP) a quitté la chaine de télévision Afrique Média depuis plusieurs mois déjà. Il a d’ailleurs fait des déclarations sur plusieurs médias qu’il quittait la chaine de télévision pour des raisons de convenance personnelle. Mais invité et interrogé sur l’antenne de la CRTV littoral par Gibert Ele Ndjana dans son émission satirique du dimanche 27 décembre 2015, Banda Kani a longuement étalé les raisons pour lesquelles il a quitté la chaine de télévision Afrique Média. Des raisons qui sont aux antipodes de celui qui se passait hier pour l’avocat défenseur et acharnée d’Afrique Média sur les plateaux et les antennes. Aujourd’hui, l’homme a encore retourné sa veste, tout comme il l’a fait au temps où il avait quitté le MANIDEM pour devenir le défenseur de Biya à travers une justification spirituelle ou mystique de son règne. A la question posée de savoir pourquoi l’homme a décidé de quitter la chaine de télévision qu’il défendait par ailleurs, Banda Kani dit : « … Le promoteur de la chaine est en train d’imprimer une ligne éditoriale qui ne correspond plus à ses origines et c’est la raison qui me fait partir ». Et le journaliste de renchérir pour donner l’impression d’être naïf : « Peut-être commence-t-il à respecter les consignes du Conseil National de la Communication qui l’avait sanctionné ? » Banda Kani répond : « Ce n’est pas de cela qu’il s’agit ». Et sans donner plus d’amples explications, il ajout: « vous connaissez les rapports de nos patrons avec l’argent. Ils finissent pas sacrifier les causes essentielles sur l’autel de l’argent ».

Par Rodrigue TCHOKOUAHA.

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A écouter attentivement le leader politique, l’on comprend que l’homme a été mordu par le panafricanisme ; peut-être s’est-il trouvé fourvoyé par la chaine de télévision Afrique Média, peut-être aussi qu’il connaissait très mal le promoteur, ou alors, était-il naïf à ce point ? Et même jusque-là, l’homme continue à croire au rêve panafricaniste qu’Afrique Média lui a vendu. Quand on lui pose la question de savoir si les Chefs d’Etat comme Obiang Ngéma ne sont-ils pas plus dictateurs que panafricanistes ? Il répond : « Ils peuvent être des dirigeants néocoloniaux mais pas dictateurs. Ils sont imposés par l’occident ». Et là, on comprend que l’homme a mordu l’hameçon et qu’il a quitté prématurément le prétendu débat panafricain, malgré lui. L’homme a encore faim et soit de manger à la table de ce débat panafricain, même s’il dit par ailleurs qu’il n’est pas corrompu à ce point, pour conclure son courroux. Et là encore, on dit que l’homme est malin, mais malin malinà demi. Pour se justifier, Banda Kani dit enfin : « Il faut considérer ce débat panafricain comme un train où tous ceux qui se sentent peuvent y entrer, peu importe la locomotive ou celui qui conduit le débat. Seulement pour le cas Afrique Média, je me suis rendu compte que le panafricanisme d’Afrique Média était un fonds de commerce. Le panafricanisme d’Afrique Média est une communication marketiste de présidents. Je me suis mis en colère lorsque le Pdg d’Afrique Média a commencé à soutenir Guillaume Soro que nous avons tous combattu ; nous savons que ce monsieur est loin d’être un défenseur des intérêts de l’Afrique. Il est certes le président de l’Assemblée Nationale ivoirienne, mais nous savons le rôle malsain qu’il a joué dans la crise ivoirienne contre Gbagbo ; par conséquent, il ne peut pas être panafricaniste ».

Effectivement, les panélistes des émissions « le Mérite Panafricain » ou « le débat panafricain » sur l’impulsion du Pdg Justin Tagouh, avaient commencé par attribuer des points au leader Guillaume Soro, un leader politique qu’ils avaient lynché au paravent, au lendemain de la crise ivoirienne. Cela suffit à comprendre que les débats sur cette chaine sont orientés dans la direction que le promoteur veut bien leur donner, et cela dans le sens de ses intérêts financiers. Lorsqu’il organise les débats dans l’émission le Mérite Panafricain pour attribuer des bons points à Obiang Nguéma, Paul Biya, ou Sassou Nguésso, c’est que ceux-ci sont bien ceux qui financent même pas par personnes interposées cette chaine de télévision. Cela veut dire que cette orientation peut toujours changer suivant les intérêts du Pdg. C’est bien ce qui s’est passé avec le cas Guillaume Soro.

D’où vient le débat panafricain sur la chaine de télévision Afrique Média ? Il faut comprendre le panafricanisme dans cette chaine comme un habillage pour défendre les intérêts des Chefs d’Etat africains. Tout part de la fameuse publication de la liste des biens « mal acquis » des Présidents africains, leurs avoirs et leurs investissements en Europe.Le débat a été déclenché par les médias occidentaux, avec en prime des journalistes des écrivains à l’instar de Fanny Pigeaud. Des Chefs d’Etat comme Obiang Ngéma et son fils, Sassou Nguésso et Paul Biya sont cités parmi ceux qui ont des biens « mal acquis » en Europe. Pour combattre cette cabale des occidentaux, il fallait donner du répondant en face. Afrique Média étant une chaine de télévision à la solde de ces Chefs d’Etat, Justin Tagouhle Pdg de cette chaine a trouvé bon de créer ce courant panafricaniste pour habiller la défense des intérêts de ceux-là qui le financent. Même s’il faut reconnaitre qu’il est légitime que les médias reçoivent des financements de part et d’autre pour leur mission sociale sans pour autant que cela déteigne sur la neutralité du ton ou l’objectivité dans le traitement de l’information ; or le cas Afrique Média est grossier et saute à l’œil dans la mesure où aucun équilibre dans le traitement et la diffusion de l’information n’est effectué par les panélistes. Ceci devrait interpeller ses milliers de téléspectateurs fanatiques et incultes dans les quartiers.