CAMEROUN: Un projet d’usine de transformation industrielle du poisson à Kribi

 L’usine a pour nom : La CAMEROON FISHERIES AGRICULTURAL PROCESSING FACTORY. Le projet était prévu démarrer en Janvier 2016. Pour des raisons de procédure, le dossier est encore sur la table du ministre camerounais des pêches, le Dr TAIGA. Mais il est en bonne voie et les investissements sur le terrain ont déjà commencé, soit près 68 millions de FCFA déjà investis pour l’implantation des bureaux au quartier Bastos à Yaoundé, les démarches et les procédures administratives, pour un coût total du projet évalué à plus de 90 milliards de FCFA.

Par Rodrigue TCHOKOUAHA

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Il s’agit en effet d’une usine de fabrication de la farine de poisson pour l’élevage de la volaille. Le projet doit couvrir la sous-région Afrique centrale et sera implanté à Kribi dans la partie sud du Cameroun. En amont et en aval du projet se trouve également d’autres activités : l’aquaculture, la pêche industrielle, la distribution locale et l’exportation de la farine de poisson et des produits halieutiques. Sur ce point il convient de signaler que le Cameroun pour l’instant importe encore les produits d’élevage des poulets. Et  lorsque l’on sait qu’il existe à l’Ouest du Cameroun un projet agropole pour l’élevage du poulet, ce sera une aubaine pour l’industrie, pour près de 1800 emplois directs et 1000 emplois indirects que cela va générer. De plus, il s’agit d’un transfert de technologie qui va s’opérer, réduction du chômage et contribution au développement du secteur, amélioration des recettes de l’Etat avec le paiement des impôts et taxes.

Le projet est conduit par deux parties : une partie chinoise constituée des industriels déjà aguerris dans le domaine, et des entrepreneurs camerounais. Le groupe chinois est déjà expérimenté sur le terrain en chine puisqu’il y exploite depuis plusieurs années déjà la XhejiangFishing Agricultural Development Co. Ltd, une entreprise spécialisée dans la pêche et l’agriculture. L’activité se fera en haute mer, et donc loin des côtes camerounaises pour ne pas entrer en conflit avec les intérêts locaux. Et s’il faille pêcher sur les côtes, l’entreprise fera les démarches qui s’imposent auprès des autorités camerounaises. Et c’est pour cela que pour être encouragé, le groupe a besoin du soutien de l’Etat du Cameroun et de l’exonération des taxes au début de l’implantation, conformément au code des investissements.

Pour les partenaires camerounais, les raisons et les motivations de la création d’une industrie de transformation du poisson sont multiples. Il s’agit en effet de combler un déficit de la demande dans un marché en pleine croissance, où il existe une forte demande des produits halieutiques notamment sur le marché national et international, et il n’existe justement pas de société industrielle de pêche au Cameroun et en Afrique centrale. Et la ville de Kribi a été bien choisie pour son port en eau profonde et la forte activité industrielle qui va s’y développée dans les prochaines années. La ville connaitra une croissance urbaine et économique sans précédent, avec forte activité d’exportation qui comblera le déficit de la balance commerciale du Cameroun. L’entreprise s’attèlera d’abord à mener une activité de pêche. Ensuite elle s’attèlera à faire un tri. La bonne qualité des poissons sera dédiée à la consommation humaine et vendu ou exportée, et c’est le reste constitué des déchets du poisson qui sera transformé pour l’élevage de la volaille.

Bon à savoir, le projet comprend deux phases : une première phase à la construction de l’usine de transformation du poisson sur une superficie de 10 000 m2, et une deuxième phase consacrée au développement de la logistique, soit près de 30 navires à investir en haute mer. L’usine aura une capacité de transformation de 100 000 tonnes de poissons/jour.