AFRIQUE : LE BURUNDI MENACE DE QUITTER LA CPI QUI EXIGE UNE ENQUÊTE POUR CRIMES CONTRE L’HUMANITÉ

 

Ce lundi a appris www.afrik-inform.com, des enquêteurs de l'ONU ont exhorté  la Cour pénale internationale à enquêter de toute urgence sur des crimes contre l'humanité et autres atrocités commis par les autorités au Burundi.

 Bianca Fatou

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Le Burundi traverse une crise violente depuis la décision, en avril 2015, du président Pierre Nkurunziza de briguer un troisième mandat controversé, obtenu en juillet de la même année. Des manifestations avaient alors été violemment réprimées et un coup d'État manqué, en mai 2015, a fait basculer le pouvoir dans une répression systématique.

La Commission d'enquête sur le Burundi aux Nations unies exhorte la Cour pénale internationale d'ouvrir "dans les plus brefs délais" une enquête sur les atteintes aux droits de l'Homme, commises dans le pays depuis avril 2015. Ces actes ont été perpétrés dans le cadre d'une attaque généralisée ou systématique contre la population civile. Ces actes rentrent dans le cadre d'une politique de l'Etat burundais", a dénoncé le président de la Commission d'enquête de l'ONU sur le Burundi, Fatsah Ouguergouz, au cours d'une conférence de presse.

Dans son rapport, la Commission, créée en septembre 2016 par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU, cite des "violations souvent d'une cruauté extrême, en particulier des exécutions extrajudiciaires, des arrestations et détentions arbitraires, des disparitions forcées, des actes de torture". Les victimes sont en majorité des jeunes hommes qui "ont comme point commun d'être des opposants au gouvernement ou perçues comme tels".

Pour mémoire, le Burundi avait notifié formellement aux Nations unies sa décision de se retirer de la CPI le 27 octobre 2016. Ce retrait sera effectif un an après, soit le 27 octobre 2017, et la CPI a jusqu’à cette date pour ouvrir une enquête de son propre chef. Passé cette date, seul le Conseil de sécurité de l’ONU pourra faire appel à l’institution internationale. Dans son rapport, la Commission, créée en septembre 2016 par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, indique avoir «documenté des violations souvent d’une cruauté extrême, en particulier des exécutions extrajudiciaires, des arrestations et des détentions arbitraires, des disparitions forcées, des actes de torture et autres traitements cruels, inhumains ou dégradants, et des violences sexuelles».