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Présidentielle Afrikaine

CAMEROUN – PRÉSIDENTIELLE 2018 : CELESTIN BEDZIGUI : « LE DÉBAT SUR LA MODIFICATION PRÉALABLE DU CODE ÉLECTORAL EST UN FAUX DÉBAT ».

 

La présidentielle de 2018 se prépare au Cameroun sous fond de polémiques liées au code électoral qui pour certains partis d’opposition devrait d’abord subir une modification conséquente (faisant passer le scrutin présidentiel d’un tour à deux tours par exemple). Pour d’autres, c’est un débat déplacé que d’évoquer une modification du code électoral camerounais à l’heure actuelle. Célestin Bedzigui est une de ces figures politiques. L’économiste Célestin Bedzigui est à la tête de l’agence de notation “Global Ratings Service”, agence évoluant à Wall Street, au cœur de la finance mondiale. Il s’est récemment installé au Cameroun d’où il pilote ses entreprises et nous a accordé cette entrevue.

Interview réalisée par Achille Assako

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AFRIK-INFORM : QUEL REGARD PORTEZ VOUS SUR CE QUI EST DÉSORMAIS QUALIFIE DE DÉBAT OPPOSANT LES PARTISANS DE LA MODIFICATION PRÉALABLE DU CODE ÉLECTORAL A CEUX QUI PRÔNENT LES INSCRIPTIONS MASSIVES POUR UN VOTE SANCTION DU POUVOIR RDPC EN 2018 ?

CELESTIN BEDZIGUI : Le débat sur la modification préalable du code électorale avant que ne soit entrevue une défaite du "parti au pouvoir" au Cameroun pour moi est un faux débat. Le code électoral n'est pas une fonction de blocage absolu à une défaite du RDPC. Preuve : les candidats de ce parti, et même son Président subissent souvent des défaites dans certaines circonscriptions avec le code électoral et le système de vote actuel, CQFD*...

A-I : QUELLE SERAIT DONC POUR VOUS LA STRATÉGIE A ADOPTER POUR BATTRE LE PARTI AU POUVOIR OU SON CANDIDAT ?

C.B : Il faut se dire : « Organisons nous pour battre le RDPC avec ce code électoral comme on le fait déjà dans certaines circonscriptions, n'ayant pour l'heure pas les moyens légaux pour obliger le pouvoir aux mains de ce parti à le changer avant l'élection ». Ce code électoral est scélérat, vilain, fait pour favoriser la victoire du parti au pouvoir. Mais cet objectif peut être contrarié s'il lui est apportée la réponse absolue a ses visées néfastes. Cette réponse serait d’assurer une présence effective et incorruptible de l'opposition dans les bureaux de vote, TOUS les bureaux de vote. Nous avons remarqué que l’autorité administrative n'interfère pas dans le décompte des votes lorsqu'elle se rend compte de l'effectivité du dispositif de contrôle des partis autres que le RDPC. Cela s’est vu dans certaines circonscriptions gagnées par l'UDC, le SDF, l'UNDP, ou même des partis de moindre importance.

A-I : A VOUS ENTENDRE, ON CROIRAIT QU’IL SUFFIT DE S’INSCRIRE MASSIVEMENT POUR QUE TOUT SOIT JOUE ET QUE LE POUVOIR RDPC TOMBE ?

C.B : Évidemment que non, mais continuer de sautiller comme un cabri sur ses pattes en bêlant « il faut changer le code électoral, … il faut changer le code électoral, … il faut changer le code électoral !!! » pour parodier le Général de Gaulle, relève de « l'incantation païenne stérile et vaine ». Nous lui préférons une action volontariste et déterminée, celle d'organiser systématiquement et méthodiquement le contrôle effectif du vote et de la documentation post-électorale. Cela passe par la mobilisation de beaucoup d’argent, et nous, nous le ferons. Les camerounais qui en ont marre de ce régime le verront et soutiendront la défense de leur vote. Nous nous donnerons ainsi les moyens de gagner ; et nous gagnerons ! ! ! Après notre victoire, nous changerons le code électoral comme l'une des premières opérations de nettoyage de ce qu'il faut bien appeler la « gouvernance sale » actuelle du Cameroun. La défaite du « parti au pouvoir » peut par conséquent être générale grâce au renforcement du système de contrôle des votes avec bien sûr concomitamment, un véritable travail politique de terrain et stratégique des partis. Il est oiseux d'entretenir sur les Réseaux Sociaux et les plateaux Radio- Télé un débat demandant au RDPC de scier la branche sur laquelle ce parti fonde ses espoirs en se rendant aux conditions de ses adversaires sur le code électoral. Je ne ferai ici à personnes l'injure d'évoquer l'extraordinaire vacuité ou faiblesse de l'offre politique d'un grand nombre de soit disant « leaders des grands partis » sur le domaine qui est la préoccupation centrale actuelle des électeurs à savoir: l'économie, reposant sur les solutions aux questions aiguës que sont le chômage, la faiblesse des revenus et les filets sociaux. Souvent lorsque j'en parle sur les scènes et plateaux publics, l'opinion publique et donc les électeurs, ne reçoivent de la part de la majorité de mes congénères leaders politiques « opposants » (dont on peut pourtant attendre contradiction ou renchérissement sur mes propos) que l'écho de leur silence assourdissant. Et malheureusement, lorsqu'arrive la soirée, le public se retrouve gavé par les « exploits économiques mirobolants » du Gouvernement sur les différents medias. De véritables mirages trompeurs.

A-I : MAIS CERTAINS DE VOS CAMARADES DE L’OPPOSITION SOUTIENNENT QUE POUR BATTRE PAUL BIYA, IL FAUT D’ABORD MODIFIER LE CODE ELECTORAL. UN SCRUTIN EN L’ETAT NE VOUS SEMBLE-T-IL PAS PERDU D’AVANCE ?

C.B : Je ne pense pas. Voici en mon sens les points clés sur lesquels se décidera le résultat du prochain cycle électoral au Cameroun : - le contrôle des opérations de vote, - la consistance de la promesse politique des protagonistes sur le pilier des solutions économiques et sur celui de la nouvelle gouvernance, and last but not least - la figure qui incarnera le projet révolutionnaire renversera le système totalitaire actuel au Cameroun. Au risque de se répéter, on peut dire que les résultats électoraux de 2018 seront fonction de la détermination, de l'organisation, du contenu de l'offre, et de la figure des protagonistes. Personne ne peut dire qui aura la faveur du suffrage des électeurs dans un jeu qui reste ouvert, quand on observe de près les choses et ce peuple camerounais en mutation et en brulante ébullition mentale et intérieure. Plutôt que de continuer à se boucher les oreilles avec le discours simpliste prétendant que l'opposition n'a pas de programme, que tous ceux-là qui veulent que l'idée de changement au Cameroun cesse d'être un rêve pour devenir un projet sachent que le moment d’un engagement citoyen (dont la direction doit se déterminer sur une écoute attentive des offres et les non-offres qui sont faites au fil des jours par la classe politique sur les deux questions centrales du pays que sont l'économie et la gouvernance), oui, qu’il sachent que le moment de cet engagement citoyen est venu, c'est MAINTENANT, NOW.

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