CAMEROUN - CRISE ANGLOPHONE : LES LEADERS RADICAUX SÉCESSIONNISTES CUEILLIS A ABUJA AU NIGERIA PAR DES AGENTS CAMEROUNAIS.

 

L'arrestation du président de la "république virtuelle d'Ambazonie" est survenue aux premières heures de la nuit de ce Vendredi. Reunissant dans un hôtel d'Abuja, d'autres membres partisans de la sécession du Cameroun, Sisiku Ayuk Tabe a été cueilli en leur compagnie par des agents secrets camerounais comme dans film d'espionnage à la sauce Hollywood.

 Par Habib Hassan

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Les autorités camerounaises en avaient perdu le sommeil. Les sécessionnistes paradant sur internet et même sur certains médias conventionnels comme les chaînes de télévision françaises France 24 ou TV5 Monde avaient agacé au plus haut point le pouvoir de Yaoundé au point que toutes les options pour mettre un terme à cette campagne étaient envisagées, jusqu'à l'arrestation des personnes identifiées comme sécessionnistes.

COMME DANS UN FILM D'ESPIONNAGE

Les leaders "sécessionnistes" réunis au Neha Hôtel, à Abuja ce vendredi 05 janvier 2018 à 17h, tiennent leur premier meeting en cette année nouvelle.Un meeting de travail convoqué par le " président " de ce qui se fait appeler "Ambazonie", Sisiku Ayuk Tabe. Autour de lui, ceux-là même qui forment le noyaux le plus radical et important du mouvement sécessionniste, avec un invité, le chairman du SCNC (Southern Cameroon National Council), leader de ce parti politique sécessionniste né en décembre 1999.

19h30, alors que le meeting est avancé, et que les participants évoquent la question des réfugiés "ambazoniens" au Nigeria, des agents secrets Camerounais armés qui étaient en infiltration sur le territoire nigérian depuis plusieurs jours saisissent cette occasion et donnent l'assaut.Sont arrêtés avec le président Julius Ayuk Tabe, 8 autres membre clés du mouvement, Fidelis Ndeh Djeh, Pr Awasum, Henry Kime, Cornelius Kwanga, Tassang Wilfrieg, Nfor Ngalla Nfor (du SCNC), l'avocat Eyambe Elias, Ojong Okwongo, l'avocat Nalowa Bih. Une fois interpellés par les agents des services secrets Camerounais ( et sous escorte de l'armée nigériane ), tous prendront la direction du Cameroun, d'après certaines sources.

A noter que cette arrestation a été rendue possible grâce à la collaboration des services de renseignements nigérians depuis qu'un accord secret avait été passé entre le président Buhari (qui avait envoyé un émissaire rassurer qu'il ne reconnaît pas "l'Ambazonie" à Yaoundé) et Paul Biya, il y a quelques mois.

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DISCOURS PRÉMONITOIRE

Les observateurs pensent que Paul Biya avait déjà quasiment annoncé cette opération spectaculaire il y a quelques jours. On se souvient que lors de son discours de présentation des vœux aux camerounais du 31 Décembre dernier, le président camerounais avait annoncé avoir " instruit que tous ceux qui ont pris les armes, qui exercent des violences ou qui incitent à la violence, soient combattus sans relâche et répondent de leurs crimes devant la justice». Paul Biya avait aussi ajouté que "les opérations de sécurisation engagées à cet égard ont donné d’excellents résultats. Elles vont se poursuivre sans faiblesse, mais sans excès."Il ne s'agissait donc pas tuer les leaders de l'aile dure de la contestation, mais les arrêter et les traduire devant les tribunaux, dans un pays ou nous le rappelons, la sécession est un crime puni de la peine de mort.

Ces arrestations semblent donc en être la preuve: le gouvernement camerounais n'entend pas négocier avec les extrémistes qui bénéficient du soutien financier de la puissante diaspora anglophone du pays. Mais en face, Mark Bareta, le rapporteur de l'Ambazonie, estime que si "l'arrestation de Agbor Balla a durci le mouvement, (...) cette arrestation massive va l'amplifier beaucoup plus".

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