TUNISIE: MANIFESTATIONS CONTRE L'AUSTÉRITÉ - PLUS DE 200 PERSONNES EN GARDE À VUE

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Les troubles sociaux en cours en Tunisie ont pris un nouveau virage cette semaine, avec des pillages et des affrontements entre manifestants et forces de police. Les jeunes manifestants sont en colère contre les mesures d'austérité économiques du gouvernement et la flambée des prix sur les marchés locaux.

Par HABIB HASSAN

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Le ministère de l'Intérieur tunisien a annoncé ce mercredi que plus de 200 personnes ont été arrêtées et des dizaines d'autres blessées lors de heurts dans plusieurs villes de Tunisie, après une deuxième nuit de troubles sociaux alimentés par des mesures d'austérité, sept ans après la révolution qui avait lancé "le printemps arabe".

C'est ainsi qu'un supermarché Carrefour de la banlieue sud de Tunis a été pillé, selon les déclarations du porte parole du ministère de l'Intérieur Khlifa Chibani à des radios locales, ajoutant que 49 policiers avaient été blessés lors des échauffourées à travers le pays, et au moins 206 personnes impliquées dans les troubles arrêtées.  Dans la soirée et la nuit, la police et l'armée ont été déployées dans plusieurs villes de Tunisie, dont Tebourba, à 30 km à l'ouest de Tunis, où des jeunes sont descendus dans les rues par centaines après l'enterrement hier mardi après-midi d'un homme décédé lors de heurts dans la nuit de lundi. Des incidents ont également eu lieu à Gafsa (sud), à Kasserine (centre) ou encore à Sidi Bouzid, d'où était partie en décembre 2010 la contestation sociale marquant le début des Printemps arabes.

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La polémique perdure encore sur les causes de la mort de l'homme, âgé de 45 ans, présentés par des manifestants comme un martyr alors que les résultats de l'autopsie organisée mardi n'ont pas encore été rendus publics. Le ministère de l'Intérieur a démenti que cet homme ait été tué par la police, assurant qu'il ne portait aucune marque de violence.

Ces incidents font suite à des mobilisations pacifiques contre la hausse des prix et un budget d'austérité entré en vigueur au 1er janvier, prévoyant de nombreuses hausses d'impôts. Le gouvernement par la voix du ministre des finances dénonce quant à lui une manipulation, les mesures d'austérité et les hausses d'impôts comme la TVA "ne concernant pas le petit consommateur".