TCHAD: L’ETAT LAISSE MOURIR LES FONCTIONNAIRES SANS SALAIRE DANS LA RUE. AFRIK-INFORM

 

Ce lundi 5 mars, les fonctionnaires entament la sixième semaine de grève sèche et illimitée pour protester contre les mesures d'austérité décidées par le gouvernement pour faire face à la crise financière.

Par Bianca FATOU

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La cour de la Bourse du Travail de Ndjamena était pleine samedi 3 mars, à l’occasion de l’assemblée générale extraordinaire convoquée par la plateforme revendicative, qui regroupe la plupart des enseignants, le personnel de la santé et les fonctionnaires des autres secteurs de l’administration publique mobilisés dans le mouvement de protestation et de défense des services publics tchadiens. Les travailleurs, informés de la rencontre de jeudi dernier, entre le chef de l’Etat, Idriss Deby, et les représentants des syndicats, sont venus nombreux pour entendre le compte-rendu du porte-parole de la plateforme syndicale revendicative. « Il a tout fait pour que les travailleurs aient au moins deux repas par jour, pour éviter que tous les jeunes chôment et n’aillent pas intégrer massivement… Et nous sommes passés de 30 000 fonctionnaires à 92 000. Il nous demande d’accepter les mesures pour redresser la situation », explique Barka Michel, président de l'Union des syndicats tchadiens.

L'université de N'Djamena n'ouvrira pas ses portes, les bus étudiants, ne circuleront pas. Face à la réduction annoncée des salaires de tous les fonctionnaires, les syndicats grognent.

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Une grève illimitée a débuté ce lundi sur tout le territoire. Pour les travailleurs, ce n'est pas à eux de payer la facture de la mauvaise gouvernance. Albertine Mbainougam est inspectrice de l'enseignement, elle est veuve et élève donc seules ses enfants. 

Les salaires vont être réduits de 10 à 40% selon les catégories. La raison de cette baisse : une crise économique à laquelle le gouvernement n'arrive plus à faire face. Le prix du baril de pétrole a chuté de manière vertigineuse. La grille salariale des fonctionnaires va donc s'adapter aux années "avant pétrole". Soit 15 ans en arrière.
Mais le prix des denrées de première nécessité a lui augmenté, les taxes aussi, le prix du carburant à la pompe... insoutenable. 

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