CAMEROUN : LES PETITS MENSONGES DU MINISTRE DE LA SANTE SUR LE BILAN DE PAUL BIYA. AFRIK-INFORM

 

Comme dans plusieurs pays, le système de santé au Cameroun présente une structure hiérarchique. On note une répartition en cinq groupes : les structures de premiers niveau, les structures de référence, les structures spécialisées, les centres hospitalo-universitaires et l’administration sanitaire. Cette dernière est assurée par le ministère de la santé publique qui est l’organe central chargé de réguler, de contrôler et d’animer le secteur de la santé.

Par Albert ZE

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L’administration sanitaire a pour Rôle de veiller à l’atteinte des 3 grands objectifs du système de santé qui sont :

1/ Préserver ou améliorer la santé des populations ;

2/ Fournir des services qui répondent aux attentes des patients (le respect de la personne et l’attention accordée au patient et à son entourage) ;

3/Protéger les patients contre les risques financiers liés à leur prise en charge (cet objectif fait ressortir la problématique de l’équité dans la contribution financière).

il est donc clair que l’évaluation de toute administration sanitaire doit se baser sur l’évaluation de l’atteinte de ces 3 objectifs à travers 5 grands indicateurs individuels définis par l’OMS qui sont : i) l’espérance de vie en bonne santé ; ii) l’égalité de la survie des enfants de moins de 5 ans ; iii) la réactivités ; iv) la distribution de la réactivité dans la population ; v) l’équité dans la contribution financière.

Globalement, lorsqu’on parcoure le bilan produit par le MINSANTE, la première remarque est que celui-ci se trouve hors sujet car ne se positionne aucunement dans l’optique d’apporter des éclairages sur les résultats engagés par ce ministère en terme d’atteinte des objectifs qui lui sont assignés.

Ce bilan ne renseigne pas s’il y a eu des avancés ou pas dans l’amélioration de la santé des populations camerounaise et sur la performance du système de santé, mais présent plutôt une analyse fantaisiste des réalisations physiques n’ayant aucun impact significatif sur l’amélioration des indicateurs de santé.

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A titre d’exemple, le MINSANTE se vante de l’amélioration de la carte sanitaire à travers la construction des hôpitaux et centre de santé, pourtant avant ces constructions, plusieurs centres et hôpitaux se trouvent abandonnés faute de personnels et de matériels (Exemple le centre de santé de NGODIMBELE dans le département de la MEFOU et AFAMBA).

A QUOI SERT DONC DE CONSTRUIRE DE NOUVEAUX ÉTABLISSEMENTS SANITAIRES SI CEUX EXISTANT SONT ABANDONNES ET NE FONCTIONNENT PAS ?

De plus, la construction d’un bâtiment baptisé hôpital ou centre de santé ne garantit pas

L’amélioration de la santé des populations, car nulle part dans le monde un bâtiment a déjà soigné un individu. A titre d’exemple, le Ministre de la santé se vante de la mise en place de grands hôpitaux de référence, mais le pays fait venir le bateau hôpital (MERCY SHIP) pour soigner les populations ; les hautes personnalités à l’instar du ministre de la santé lui-même prennent leurs soins en Europe. En conclusion le bâtiment construit ne soignera jamais des individus. Ce même bilan établi par le MINSANTE met l’accent sur le volet prise en charge alors que celui-ci n’intervient qu’en cas d’échec du système de santé car le rôle du système de santé à travers ses objectifs est d’empêcher à ce que les individus perdent leur santé. Toutefois, lorsqu’on se donne la peine de lire ce qui est contenu dans ce volet, le MINSANTE évoque la catastrophe d’ESEKA qui a démontré l’incapacité accrue de gestion des crises sanitaires par notre système de santé avec l’arrivée des premiers secours après une longue attente.

Par ailleurs, le bilan évoque le document de stratégie sectorielle et la réflexion sur la CSU, mais entre les lignes aucune statistique permettant au lecteur d’apercevoir les efforts et les résultats engagés par le ministère.

LA RÉDACTION DU DOCUMENT DE STRATÉGIE SECTORIELLE ET LA RÉFLEXION SUR LA CSU ONT-ILS AMÉLIORES LA SANTE DES POPULATIONS ? SI OUI COMMENT ?

Dans le cadre de la lutte contre la maladie, le bilan du MINSANTE présente une amélioration de la situation du VIH avec une prévalence qui se situe à 4,3% contre 5,5% en 2011. Ainsi le MINSANTE se vante d’avoir réduit la prévalence de 1,2% en 7 ans, ce qui correspond à une moyenne de réduction de 0,17% par an. Lorsqu’on fait le ratio avec le financement alloué, on voit bien que cette lutte n’est pas coût-efficace. Parlant du paludisme, le bilan informe que le traitement du paludisme simple est de 200-250 FCFA, on dirait que cette information est d’un autre pays autre que le Cameroun car la dernière étude initiée par le Fond Mondial à travers le Projet PALEVALUT au Centre Pasteur du Cameroun fait état d’un traitement qui se situe à environ 3000 FCFA pour le paludisme simple et 50 000 FCFA pour le paludisme grave. Pour ce qui est de la tuberculose, le bilan ne mentionne nulle part la pénurie des vaccins BCG.

LE CAS DES PERSONNES ATTEINTES D’INSUFFISANCE RÉNALE

N’apparait non plus dans ce bilan. Dans la prévention, le bilan reste également vide. Il n’évoque que la vaccination, la prévention de la transmission du VIH mère/enfant. Mais qu’en est-il de la prévention du Choléra qui désormais a fait du pays sa propriété ? En outre, aucun mot n’est avancé sur la prévention des maladies non transmissibles.

La plus grande déception se trouve ainsi au niveau de la partie ressource humaine qui est uniquement un récit décousu ne fournissant aucune information importante. Le bilan ne parle que des écoles de formation, mais oublie expressément de présenter les effectifs réels de personnels de la santé employé et déployés sur le terrain qui reste l’un des plus grands échecs des 7 années qui s’achèvent. On note alors que le pays dispose de seulement 0,08 médecin/1000 habitants alors que la norme minimale de l’OMS prône 1 médecin/1000 habitant.

La suite de cette évaluation portera sur les indicateurs individuels de performance....

Dr. Albert ZE, Économiste de la santé, Fondateur de l'Institut de Recherche pour la Santé et le

Développement (IRESADE).

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