CAMEROUN : LES NON-DITS SUR LE LIVRE DE SCIENCE DE 5ème QUI FÂCHE LA POPULATION. AFRIK-INFORM

 

Lundi 3 septembre 2018, c’était la reprise des cours dans les établissements sur l’étendu du territoire camerounais. Alors que les parents se plaignaient depuis un moment du retard dans la programmation des manuels scolaires afin de s’organiser à temps pour pouvoir constituer les fournitures scolaires de leurs progénitures, c’est avec une désolation totale que ces derniers dont les enfants font la classe de 5ème cette année, vont constater que le livre des sciences mis au programme par le gouvernement est en réalité contraire à la moralité propre à l’Africain.



Par Gilles Noubissie

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En effet, depuis quelques jours, la polémique autour de ce livre des sciences humaines mis au programme en 5ème dans les établissements d’enseignements publics et privés au Cameroun s’envenime. Et ce n’est pas fini car dans les ménages et même dans les médias, on s’inquiète de la diffusion de ce livre baptisé « L’EXCELLENCE EN SCIENCES » paru aux éditions « NMI EDUCATION », qui traite de la sexualité, pour une classe qui regorge des enfants en moyenne d'âge de 11 ans voire beaucoup plus jeunes que ça.

Sujet d'une extrême sensibilité, car mettant en exergue l’éducation des enfants. On comprend d’emblée le soulèvement négatif de certaines personnes, surtout que ceux qui ont véhiculés les messages de dénonciation des pages (notamment la page 59 du document) qui expliquent les types de pratiques sexuelles et les différentes orientations sexuelles, se sont abstenus de montrer également des passages d’alerte qui mettent en garde les apprenants à ces pratiques.

Pourtant, avant le tableau qui explique ces pratiques dans ce document, le module initiateur est intitulé "Éducation à la santé", et pose plusieurs problèmes à savoir :
- Comment lutter contre les comportements émergents néfastes à la santé de reproduction ?
- Quelles sont les attitudes à adopter pour réduire la prévalence ou éradiquer le VIH/sida et les IST ?
- Comment lutter contre les maladies nutritionnelles et les intoxications alimentaires ?

Il est clair que l’objectif pédagogique recherché ici est de dénoncer ces vices susceptibles de troubler plus tard la santé de ces enfants, afin de les préparer à éviter des milieux dangereux.

A lire...CAMEROUN : LES PETITS MENSONGES DU MINISTRE DE LA SANTE SUR LE BILAN DE PAUL BIYA. AFRIK-INFORM

Les termes utilisés bien qu’étant mal vus par les parents de ces enfants, visent à identifier ces comportements néfastes qui émergent de plus en plus. Et pour mieux expliquer de quoi il s’agit, certaines images illustrantes comme celles qui précèdent le tableau de la page 59, présentent un homme avec un animal, pour expliquer le terme « zoophilie ». Avant cette image qui précède le tableau d’explication qui fait l’objet de dénonciation, un problème majeur est soulevé à savoir "les pratiques sexuelles déviantes prennent des proportions inquiétantes dans nos villes et villages. Certaines de ces pratiques déviantes figurent dans le tableau ci-dessous."

Ce tableau continue en page 60 en définissant le viol, la pédophilie, la zoophilie, l'inceste et les rapports sexuels précoces. Et à la fin du tableau, on peut lire "ces pratiques ont des conséquences graves sur la santé... Sur le plan pénal, ces pratiques, surtout l'homosexualité, sont condamnées par la loi." Un peu plus loin il est mentionné que tous ces problèmes sont dus à la consommation des stupéfiants et donc les enfants devraient s’en abstenir.

Même si d'aucun pense que ce programme est un peu précoce pour ces enfants, ceci n’est pas une raison pour présenter le document comme un potentiel destructeur de la progéniture, pense d'autres. Ils y voient plutôt une mise en garde de ceux-ci dans une société ou des pratiques peu orthodoxes ne cessent de croître et le plus souvent les transforment en victimes.

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